Le franchisage, une solution pour croître rapidement

Publié le 22/06/2016 à 14:31

Le franchisage, une solution pour croître rapidement

Publié le 22/06/2016 à 14:31

Maxime Daneau de la Crêperie Chez Suzette

La franchise est une façon efficace pour une PME de prendre de l’expansion sans avoir à tout porter sur ses épaules. Le Québec compte près de 400 franchiseurs. Pour s’assurer du succès, une bonne préparation s’impose.


La relève à la Crêperie Chez Suzette, un restaurant qui a pignon sur rue depuis 20 ans dans le Vieux-Montréal, est bien décidée à faire croître l’entreprise familiale. Maxime Daneau, 28 ans, fils des fondateurs et directeur général de l’entreprise, voudrait voir d’autres restaurants du même nom ouvrir ailleurs au Canada. Mais pas question de créer un nouveau concept. « On veut plutôt répliquer notre recette dans d’autres lieux touristiques comme les Chutes du Niagara ou Ottawa par exemple », explique Maxime Daneau.


Le franchisage peut s’avérer un modèle efficace de croissance d’entreprise, selon Monique Lo, conseillère principale franchise à la Banque Nationale. « Il permet à une PME d’avoir des revenus constants, de réaliser une croissance rapide et de faire connaître la marque sans exploiter elle-même les nouvelles succursales», souligne-t-elle.


Autre avantage : « Le taux de réussite est meilleur pour une entreprise lancée en franchise que par un entrepreneur seul à son compte. Seules trois entreprises sur dix lancées selon le modèle traditionnel survivent au bout de cinq ans contre six en franchisage, car il existe un modèle préétabli, une recette éprouvée et du soutien », souligne Pierre Garceau, pdg du Conseil québécois de la franchise (CQF).


Partage du risque


Principal avantage : le franchiseur partage le risque de son expansion. Il accompagne le franchisé notamment en lui remettant des manuels d’opération dans lesquels sont indiqués tous les processus de fabrication, le matériel à utiliser, les équipements à acheter. Bref, il lui donne la recette du succès.


Dans les franchises de plus grande taille, la maison mère propose aussi des services partagés en administration, en comptabilité, en communication, etc. Il reste souvent à la charge du franchisé l’achat de l’équipement, le paiement de la location du local, le recrutement, la formation et le paiement des employés.


Il doit aussi s’acquitter de frais de franchisage. Dans le cas de la Crêperie Chez Suzette, le droit d’entrée s’élève à 25 000 $ et les redevances à 5 % du chiffre d’affaires. Le franchisé doit également contribuer à hauteur de 2 % au fonds de publicité pour les campagnes de promotion à visée nationale réalisées par la maison mère. L’investissement initial du franchisé est estimé à 150 à 200 000 $ avec une mise de fonds minimale de 75 000$ libres d’emprunts. « En moyenne, le droit d’entrée est de 5000 à 50 000 $ et les royautés s’élèvent généralement à 6 % au maximum et 2% supplémentaires pour la publicité», indique Pierre Garceau.


La franchise peut apparaître comme une manne pour le potentiel franchiseur, qui touche un droit d’entrée et des redevances, mais les défis sont nombreux. D’abord, tous les commerces ne se prêtent pas au franchisage. « Le produit fini doit être simple pour être répliqué », note Monique Lo.


Une transition qui se prépare


La préparation est incontournable. « Souvent, un des problèmes est que le franchiseur est mal préparé, il fait ça pour réaliser un coup d’argent, il est parfois sous capitalisé », remarque Pierre Garceau, dont l’organisme offre une formation aux futurs franchiseurs.


« Gérer son entreprise et gérer une franchise, ce n’est pas le même travail», prévient Monique Lo.


Maxime Daneau a préparé la transition pendant deux ans. Depuis un an, il a rencontré une centaine de candidats au franchisage sans avoir encore trouvé les partenaires idéaux. « C’est un défi de trouver la personne qui a non seulement les capacités financières de s’investir mais qui a aussi la même philosophie que nous», constate le directeur. Si bien qu’aucune succursale n’a encore été ouverte mais «les pourparlers pour le faire aux Chutes du Niagara et à Ottawa sont bien avancés», se réjouit le jeune homme.


Pour se donner toutes les chances de succès, « il faut répliquer au moins une fois l’entreprise existante pour vérifier que la recette a du succès dans un autre contexte », recommande Pierre Garceau.


Puis, « il est important de faire une réflexion stratégique pour comprendre les clés de son succès et normaliser ses pratiques afin de les consigner dans des manuels d’opération», conseille Monique Lo. Malgré tout, « il y a toujours un risque de perdre son âme dans une franchise, reconnaît-elle. Mais si la vision et les valeurs du franchiseur et du franchisé sont les mêmes, le risque est moindre. Le choix du franchisé est donc capital dans la réussite du projet ». De nombreuses franchises chargent également un employé de veiller à l’uniformité du modèle dans les succursales franchisées.


Maxime Daneau s’occupera lui-même de cette étape essentielle dès que la franchise de la Crêperie Chez Suzette aura pris son envol. Il aimerait ouvrir un restaurant par an de cette façon soit «quatre ou cinq d’ici cinq ans».

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