Motrec se développe sur les chapeaux de roues


Édition du 18 Juin 2016

Motrec se développe sur les chapeaux de roues


Édition du 18 Juin 2016

Par Pierre Théroux

Le constructeur de véhicules électriques Motrec prévoit une hausse de 30 à 50 % des ventes au cours des deux prochaines années.

Ça ne pourrait mieux aller pour Motrec. Le constructeur de véhicules électriques à usage industriel et commercial de Sherbrooke a plus que triplé ses revenus depuis cinq ans, et son carnet de commandes laisse entrevoir une augmentation de 30 à 50 % des ventes au cours des deux prochaines années. Afin de soutenir cette expansion, Motrec prévoit tripler la superficie de son usine, qui ne suffit plus à la demande.

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 En février, Motrec décrochait un autre important contrat : la livraison de 321 véhicules électriques destinés à une trentaine de centres de tri exploités par FedEx, aux États-Unis. Cette commande, évaluée à quelque 4 millions de dollars américains, s'ajoute aux 232 véhicules livrés l'année dernière chez ce géant des services d'expédition. FedEx utilise des véhicules construits par Motrec depuis une dizaine d'années.

«FedEx faisait affaire avec nous et un autre constructeur concurrent américain. Mais l'entreprise a décidé de nous confier en exclusivité le renouvellement de son parc de véhicules», indique le président de Motrec, Blair McIntosh. Cette marque de confiance, ajoute-t-il, témoigne de la robustesse et de la durabilité des voitures construites par la PME pour transporter du matériel et des employés dans de vastes usines et entrepôts.

Motrec est aussi en lice pour l'obtention d'une commande auprès d'un autre géant de la livraison postale, UPS, qui souhaite acquérir 1 600 véhicules au cours des deux prochaines années. «Nous avons fait une soumission et livré un prototype de véhicule selon ses besoins», souligne M. McIntosh, qui précise qu'UPS pourrait choisir plus d'un fournisseur. Mais «si nous devions partager le contrat avec un autre constructeur, ce serait quand même une commande importante».

Plattsburgh fait de l'oeil à Motrec

Motrec, qui construit 2 000 véhicules annuellement, n'appuie d'ailleurs pas trop sur l'accélérateur ces temps-ci pour obtenir d'importants contrats. La capacité de production de son usine de 30 000 pieds carrés, établie dans le parc industriel Gene-H.-Kruger de l'arrondissement de Brompton, est aujourd'hui limitée, ce qui freine son expansion. «On manque d'espace pour ajouter des équipements et accroître notre effectif. Il nous faudrait une usine trois fois plus grande pour soutenir la croissance.»

L'entreprise souhaite rester à Sherbrooke, mais envisage la possibilité de déménager dans une autre ville comme Magog, Windsor, Drummondville ou même Plattsburgh. D'autant que certaines d'entre elles laissent miroiter d'importants avantages fiscaux et financiers pour l'attirer sur son territoire. La ville américaine de Plattsburgh offre ainsi à Motrec un bâtiment gratuit, en plus de congés de taxes d'affaires et de main-d'oeuvre pendant plusieurs années.

«C'est très attirant, et ce serait logique de nous implanter aux États-Unis, où nous réalisons 90 % de nos revenus. Nous regardons toutes les solutions», dit l'entrepreneur qui a grandi à Windsor et décroché un baccalauréat en administration et géographie de l'Université Bishop's.

Une percée chez Tesla

Motrec a été créée en 1988 par Louis Payeur, un ingénieur qui a construit ses premiers véhicules électriques dans un petit garage familial d'Ascot Corner. Rapidement, l'entreprise a fait sa marque auprès des grands constructeurs automobiles américains, GM, Ford, Chrysler, puis chez Volvo, Honda et Volkswagen, qui génèrent aujourd'hui plus de 50 % de ses revenus.

La PME vient aussi de faire une percée chez le constructeur des voitures électriques haut de gamme Tesla. «On a obtenu une commande de 16 véhicules, mais il y a un fort potentiel de croissance», indique Blair McIntosh, en soulignant l'ouverture prochaine de la méga-usine de batteries au lithium de Tesla. Les entreprises Alcan, Rio Tinto, Hydro-Québec et Via Rail complètent la liste des principaux clients de Motrec, qui fait affaire avec un réseau de 500 concessionnaires pour la vente et l'entretien de ses véhicules.

Blair McIntosh a acquis Motrec en 2011, lorsque son fondateur voulait vendre l'entreprise qui produisait alors 500 véhicules par année. Depuis, les revenus sont passés de 7 à 25 M$, tandis que le nombre d'employés a doublé, à près de 60. L'entreprise prévoit embaucher une trentaine d'autres employés lorsque le projet d'agrandissement de l'usine se concrétisera.

L'entrepreneur avait auparavant acquis l'entreprise textile Beckwith-Bemis, un constructeur sherbrookois fondé en 1917 qui appartenait à des actionnaires américains. De 1998 à 2007, il a fait passer le chiffre d'affaires de 5 à 20 M$, avant de vendre l'entreprise à la beauceronne Texel.

 

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