Il rachète une entreprise moribonde et lui donne une 3e vie

Publié le 26/05/2016 à 16:35

Il rachète une entreprise moribonde et lui donne une 3e vie

Publié le 26/05/2016 à 16:35

Par Pierre Théroux

L’entreprise menaçait de fermer ses portes. Pour une deuxième fois depuis sa création il y a à peine une douzaine d’années. Gilles Nantel a eu vent des difficultés financières de Visulam, alors propriété du groupe ontarien Produits forestiers AFA, et décidait à l’automne 2013 d’acquérir ce fabricant de panneaux et composantes de mélamine.

« À 50 ans, j’avais besoin d’un nouveau défi », souligne l’entrepreneur qui avait oeuvré pendant 22 ans dans des postes de direction au sein du groupe canadien de produits de bois décoratif Commonwealth Plywood. Pari tenu : depuis son rachat, la PME de Lachute renommée Vizüsolution a su maintenir la vingtaine d’emplois existants et même en créer une douzaine d’autres. Elle a réussi à doubler ses revenus, en développant de nouveaux produits et marchés, et prévoit même continuer sur sa lancée et augmenter son chiffre d’affaires de 50 % d’ici trois ans.

Le potentiel de croissance est énorme, particulièrement aux États-Unis », affirme M. Nantel, qui a su redresser la barre de cette entreprise mori-bonde. Le hic, pour AFA, c’était d’être principalement une entreprise de distribution de matériaux de construction. Il y a sept ans, elle avait acquis cette usine de fabrication de Lachute, déjà en eaux troubles. Mais, « ce n’était pas leur tasse de thé. Et l’entreprise n’arrivait pas à vendre à d’autres distributeurs, donc des concurrents », explique M. Nantel.

En pays de connaissance

Sans compter que Visulam fabriquait des produits identiques à ceux conçus par des géants qui profitaient d’un plus grand volume de production. « On a décidé de se lancer dans la fabrication de produits de niche », souligne-t-il. L’entreprise, qui fait ses propres panneaux laminés, se spécialise maintenant dans la découpe de tablettes en mélanine de différents formats, variant de 2 à 12 pieds, qui étaient difficilement disponibles auparavant.

Son expertise et son réseau de contacts développés pendant toutes ces années chez Commonwealth Plywood, tant dans le domaine de la fabrication que de la distribution, a aussi été grandement bénéfique. « J’étais connu, ça m’a ouvert des portes. Et les distributeurs ne voient plus l’entreprise comme un concurrent », dit M. Nantel qui prend encore son bâton de pèlerin pour rencontrer des clients.

La relance de l’entreprise est aussi attribuable au soutien financier d’Investissement Québec, de la Banque de Développement du Canada et de Développement économique Canada qui lui ont consenti des prêts.

Aujourd’hui, entre 100 000 et 125 000 tablettes de mélamine sortent chaque mois de cette vaste usine de 70 000 pieds carrés, située dans des bâtiments patrimoniaux d’un ancien complexe industriel datant de la fin du 19e siècle qui est alimenté en énergie par son propre barrage hydroélectrique.

Les tablettes de mélamine génèrent 60 % de ses revenus, comparative-ment à 20 % pour la fabrication de panneaux rainurés et un autre 20 % pour différents produits comme des panneaux foil utilisés pour faire des fonds de tiroirs ou des dos de meubles. « Il y avait des équipements qui étaient sous exploités, comme ceux pour fabriquer les panneaux foil et qui sont très en demande aux États-Unis ». L’entreprise mise aussi sur le développement de composantes d’armoires de cuisine, un nouveau créneau de marché lancé il y a trois mois pour diversifier davantage sa production.

Les produits de Vizüsolution, distribués entre autres par Quincaillerie Ri-chelieu, Goodfellow et même l’ancien propriétaire AFA, se retrouvent dans plus de 200 magasins des détaillants Rona, BMR, Canac ou encore Patrick Morin au Québec et en Ontario. « Nous détenons environ 85 % du marché au détail », affirme M. Nantel qui ne s’inquiète pas de la vente de Rona au géant américain Lowe’s, au contraire. « Il y a peu de distributeurs canadiens qui réussissaient à vendre chez Lowe’s. Ça pourrait changer », espère-t-il. Vizüsolution compte par ailleurs une centaine d’ébénisteries et de fabricants d’armoires parmi sa clientèle commerciale.

L’entreprise fournit aussi près de 200 magasins Home Depot du nord-est américain, de Boston à New York en passant par Philadelphie. Ses ventes au sud de la frontière, qui représentaient 10 % de son chiffre d’affaires, ont bondi à 25 % en moins de trois ans et devraient encore grimper. « On vient de livrer des produits pour la première fois dans le mid-west américain, dans la région de Chicago », souligne M. Nantel, en précisant avoir recruté un agent américain, il y a trois mois, pour faire du démarchage auprès de nouveaux distributeurs.

La faiblesse du dollar canadien n’offre pas de plus grands avantages, sinon d’accroître ses marges. « Comme nos concurrents américains sont surtout présents dans le sud des États-Unis, leurs coûts de transport sont plus élevés. Nous pouvons donc être compétitifs même avec un dollar à parité », précise-t-il.

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