Comment ces montres en bois de Saint-Jérôme sont en train de réussir leur pari

Publié le 06/05/2016 à 16:49

Comment ces montres en bois de Saint-Jérôme sont en train de réussir leur pari

Publié le 06/05/2016 à 16:49

Trois ans après la création de Konifer, l’entrepreneur Max Clément a décidé de faire appel au sociofinancement pour donner un coup d’accélérateur à son entreprise de montres en bois.

Dès le 11 avril, jour de démarrage de la campagne sur le site Kickstarter, le compteur a atteint l’objectif initial de 15 000$ en seulement 9 heures. Présentement, il grimpe à plus de 75 000$. « On espère atteindre 150 000$ d’ici la fin de la campagne, prévue le 16 mai », indique ce natif de Saint-Alexis-des-Monts, en Mauricie. Il a créé Konifer pour allier sa passion des montres à son amour du bois hérité de son père et de ses grands-pères qui travaillaient dans le secteur forestier.

La campagne vise à financer un projet de montre de qualité combinant le charme du bois et l’élégance de l’acier inoxydable ou du métal noir mat. « Ces montres visent une clientèle aimant le charme du bois mais voulant une montre plus classique, spécifie-t-il. Les montres tout en bois sont très légères et certains souhaitent une montre plus lourde donnant l’impression d’être plus haut de gamme.»

Des montres écologiques et tendances

Jusqu’à présent, Konifer proposait des montres uniquement en bois et fabriquées à partir d’essences dures comme l’érable, l’ébène ou encore le santal et le bambou. Vendus à 60% sur Internet, ces produits séduisent des consommateurs âgés de 25 à 40 ans, qui peuvent être aussi bien des amateurs de nature que des jeunes urbains branchés.

Max Clément refuse de dévoiler son chiffre d’affaires mais il affirme que sa compagnie enregistre entre 50% et 75% de croissance par an. « Nous offrons aussi des accessoires en bois, comme des lunettes de soleil et des ceintures, qui représentent 15% de nos ventes. »

Si cet ancien agent immobilier -qui s’est aventuré par la suite dans l’importation et la vente d’instruments de musique sur Ebay pendant 8 ans- s’exprime en disant « nous », il n’a pourtant aucun employé pour l’épauler. C’est seul que, depuis St-Jérôme, Max Clément s’occupe aussi bien des ventes que du design de ses montres. « Je n’ai pas de grandes habiletés en dessin mais je suis très imaginatif », avance-t-il.

Il est tout de même conseillé par un horloger de Ste Adèle. Formé en Suisse, celui-ci assure aussi les ajustements techniques et les réparations. Si les montres sont faites à la main, elles sont produites en Chine pour rester abordables. « Le fabricant est capable de produire beaucoup en peu de temps », se félicite-t-il.

Élargir sa clientèle

Malgré ce succès dont il n’avait pas anticipé l’ampleur, Max Clément est confiant en sa capacité à honorer l’ensemble des commandes. Contrairement aux entrepreneurs qui misent sur les plate-formes de type Kickstarter pour financer leurs premiers pas, il a mûri son projet de sociofinancement pendant deux ans et a attendu d’être bien en selle pour faire le saut.

Si l’argent récolté va lui permettre de lancer sa collection Karbon sans risquer le flop, il voit surtout sa campagne de sociofinancement comme un outil de marketing afin de gagner en visibilité. Pari réussi puisque l’engouement suscité par ses montres sur Kickstarter a attiré l’attention des médias.

Mais, le but était aussi de se faire connaître à l’international, et surtout aux États-Unis. « C’est le marché où l’on veut se développer au cours des prochains mois, même s’il est difficile à percer », explique-t-il. Là aussi, la stratégie a plutôt bien fonctionné puisque 30% des ventes proviennent d'acheteurs anglo-saxons qui ont découvert le projet directement sur Kickstarter.

Le fait d’avoir au moins multiplié par cinq ses prévisions de ventes devrait aussi permettre à Konifer de se constituer un inventaire en vue des fêtes de fin d’année.

Un investissement en temps et en argent

Pour parvenir à ce résultat, Max Clément souligne que la clé du succès réside dans une bonne préparation. « En matière de sociofinancement, on parle plus des campagnes ayant marché que des échecs. Ça donne l'impression que c’est facile, dit-il. Mais en réalité, ça représente 4 mois de travail intensif! » Côté financier, il évalue à 35 000 dollars le coût de sa campagne, incluant la production de la vidéo de présentation, les dépenses en marketing et les frais prélevés par Kickstarter.

Le jeune entrepreneur s’est adjoint les services de Natifs, une agence trifluvienne spécialisée en marketing web. Cette expérience de sociofinancement était également une grande première pour eux. Ensemble, ils ont lu plusieurs études afin de s’inspirer des bonnes pratiques. Ils ont notamment compris que la réussite d’un projet de sociofinancement se joue dans les premières heures.

« Les chances de succès augmentent quand 30% des fonds sont levés dès le premier jour, met en avant Diana Yazidjian, une consultante spécialisée en sociofinancement qui a fondé DFY Conseil. Franchir le cap des 30% met en confiance les nouveaux venus, qui ne connaissent pas du tout l’entrepreneur et sa marque. »

Les courriels : le nerf de la guerre

Obtenir 30% de la somme visée dés la première journée de campagne nécessite d’avoir développé une base importante de contacts. C’est ce que Konifer et Natifs se sont employés à faire sur Facebook – la page de Konifer est suivie par 30 000 personnes – mais pas seulement.

« Au total, 6 000 adresses courriels ont été rassemblées au cours des trois dernières années, dont 600 obtenues grâce à une page internet consacrée au projet sur laquelle les gens pouvaient s’inscrire, raconte Jonathan Poliquin, associé chez Natifs. Nous avons envoyé un courriel au sujet de la campagne sur Kickstarter deux jours avant son début puis le matin même. » Konifer a ainsi engrangé un taux de conversion global de 2,3% alors que la moyenne tourne autour de 1 à 1,5%.

« Konifer a réussi à faire tout ce qu l’on prêche, estime Diana Yazidjian. L’entreprise a fait son travail en amont en informant à l’avance ses contacts, qui ont été au rendez-vous. »

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