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«C’est le début d’une nouvelle époque chez Englobe»

Dominique Talbot|Mis à jour le 13 juin 2024

«C’est le début d’une nouvelle époque chez Englobe»

Jay Hennick, président du conseil mondial et chef de la direction de Colliers (Photo: courtoisie)

Le fleuron québécois Englobe Corporation est vendu. La société de services multidisciplinaires d’ingénierie, d’environnement et d’inspection vient d’annoncer son acquisition par la multinationale canadienne Colliers pour la somme de 475 millions de dollars américains.

«C’est le début d’une nouvelle époque chez Englobe», lance Mike Cormier, président d’Englobe, en entrevue avec Les Affaires.

Avec cette transaction, Colliers, établie à Toronto et présente dans près de 70 pays, acquiert une «participation de contrôle significative», payable à la clôture de la transaction. L’équipe de direction et les employés actionnaires de l’entreprise resteront actionnaires de celle-ci selon le modèle actuel.

Les activités reliées à la gestion et à la valorisation des matières au Canada, au Royaume-Uni et en France ne sont pas incluses dans la transaction, qui doit être soumise aux conditions de clôture habituelles et devrait être finalisée au troisième trimestre de 2024.

Sans les nommer, Mike Cormier avance que des fonds américains d’investissement ainsi que des joueurs locaux de l’industrie ont aussi manifesté leur intérêt pour faire l’acquisition d’Englobe. Mais finalement, «c’était évident que la formule de Colliers était différente. Nous aimions beaucoup la formule de partenariat qu’ils nous proposaient», dit le PDG.

«On savait que nos actionnaires principaux avaient pris la décision de quitter, ajoute Mike Cormier. Nous avons donc démarré un processus formel du côté du CA. Le modèle de Colliers était un parmi d’autres que nous avons considérés.»

Ces «actionnaires principaux», dont parle le PDG, sont la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) ainsi que le fonds ontarien d’investissement ONCAP.

Dans une réponse envoyée à Les Affaires, la directrice des relations médias à la CDPQ, Kate Monfette, souligne que le bas de laine des Québécois détenait 10% de la société. «La CDPQ a accompagné Englobe en tant qu’actionnaire minoritaire au cours des dix dernières années, la soutenant dans son plan d’acquisitions pour la voir passer du stade de moyenne à grande entreprise», souligne-t-elle.

«Cette transaction nous permettra de réinvestir dans d’autres entreprises québécoises en croissance, au bénéfice de nos déposants», ajoute Kate Monfette.

Rappelons que le siège social d’Englobe est situé à Laval. La société compte 2800 professionnels, dont près de 1200 au Québec. Son chiffre d’affaires en 2023 a atteint 340 millions de dollars américains.

«Nous allons demeurer une entité indépendante et séparée dans le parapluie Colliers. Le siège social va demeurer à Laval», affirme Mike Cormier. Par contre, en 2025, la marque Englobe disparaîtra pour faire la place à celle de Colliers.

Comptant un large réseau à l’international notamment de conseils experts en matière d’immobilier, Colliers affiche de son côté un chiffre d’affaires annuel de 4,3 milliards de dollars américains (G$US) et 96G$US d’actifs sous gestion.

«Une fois la transaction réalisée, les revenus récurrents de l’ingénierie, de la gestion des investissements et de la sous-traitance représenteront collectivement environ 75% de nos revenus totaux. Avec la gestion des investissements, les services d’ingénierie et les services immobiliers commerciaux, Colliers dispose de trois moteurs de croissance significatifs, complémentaires et globaux pour continuer à générer de la valeur pour les actionnaires pendant de nombreuses années à venir», a quant à lui commenté Jay Hennick, président du conseil mondial et chef de la direction de Colliers.

 

Vers l’ingénierie du bâtiment

Mike Cormier espère que l’arrivée de Colliers stimule la croissance d’Englobe dans un avenir rapproché, l’entreprise ayant elle-même fait quelques acquisitions au cours des dernières années, notamment l’Albertaine MPE et l’Ontarienne Terraprobe.

«On se voit vraiment comme un grand leader au Canada. On n’est pas encore au top, mais on aimerait beaucoup le devenir», dit le PDG. «Nous avons encore beaucoup de chemin à faire pour remplir notre présence dans les régions et les grandes villes. Les communautés ont besoin de gens comme chez Englobe. Elles ont besoin de nos connaissances dans les systèmes d’eau, dans l’infrastructure, les changements climatiques, la transformation énergétique. Ce sont des choses que nous pouvons faire pour nos communautés et on se voit en faire plus.»

«Au Québec, on a une habilité d’offrir plus de services. Nous sommes très forts dans la géoscience, le contrôle de qualité, l’environnement. Mais on ne fait pas d’ingénierie des bâtiments. Ou très peu. On pourrait s’imaginer aller dans ce domaine aussi. Avec notre partenaire, nous verrons plus d’occasions que nous avons aujourd’hui», termine Mike Cormier.

 

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