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Quelles sont les nouvelles tendances en philanthropie?

Amélie Légaré|06 octobre 2023

Quelles sont les nouvelles tendances en philanthropie?

Marie-Lyne Brunet, vice-présidente développement social à Centraide du Grand Montréal (Photo: courtoisie)

PHILANTHROPIE. Au-delà des contributions financières, Centraide lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale à l’aide de différentes stratégies qui se sont dessinées au fil du temps. Nous avons discuté avec Marie-Lyne Brunet, vice-présidente développement social à Centraide du Grand Montréal, au sujet des nouvelles tendances sociales en philanthropie qui influencent l’organisme dans la réalisation de sa mission.

 

Les Affaires : En dehors du volet financier, comment Centraide favorise-t-il le développement social et communautaire du Grand Montréal ?

Marie-Lyne Brunet : On a une équipe sur le terrain au quotidien, des conseillers avec des expertises variées qui s’occupent de développer des relations continues avec les organismes qu’on soutient, d’analyser leurs besoins, d’être à l’écoute de ce qui bouge. Il y a aussi tout le volet renforcement des compétences et de leadership. C’est quand même assez propre à Centraide du Grand Montréal, on soutient des organismes qui offrent des services de formation, de consultation et de coaching pour appuyer le milieu communautaire.

 

L.A. : En quoi consiste le Projet impact collectif (PIC) ?

 M.-L. B. : C’est un consortium de fondations privées qui avaient envie de faire une différence. Si on continue de travailler en silo et de soutenir chacun notre base d’organismes et nos projets, c’est moins porteur donc on s’est dit : « [Mettons] notre argent et nos ressources ensemble, et accompagnons véritablement les milieux pour une vision plus globale. » Centraide va toujours continuer de soutenir des organismes dans leur mission, dans leur fonctionnement, mais grâce à ce projet, on leur donne les moyens d’agir de façon collective sur des enjeux de leur quartier.

 

L.A. : Vous réalisez de nombreux projets avec la collectivité, pourquoi est-ce essentiel pour Centraide de collaborer avec d’autres partenaires sur le territoire ?

M.-L. B. : Il y a des enjeux hypercomplexes avec plusieurs acteurs concernés. Quand on pense à la sécurité alimentaire ou au logement, oui il faut travailler avec les organismes qui interviennent en défense des droits, mais il faut aussi entendre les autres acteurs de la société pour dire quels sont les freins, qu’est-ce qui bloque… C’est de favoriser des réflexions collectives, de penser autrement et d’essayer d’aller chercher des solutions qui visent une compréhension beaucoup plus large du problème, où chacun a sa responsabilité et peut contribuer à la hauteur de son expertise et de ses moyens.

 

L. A. : Vous avez aussi organisé un événement rassembleur sur le logement ? 

M.-L. B. : Ça fait un an qu’il y a des conversations avec tous les acteurs qui sont préoccupés par la question du logement. Toutes ces personnes vont se retrouver le 15 mai à un événement qui s’appelle Agir ensemble sur le logement. C’est porté par Centraide, mais travaillé de concert avec les experts sur le terrain. C’est pour se donner une idée des données sur lesquelles on peut s’appuyer.

 

L. A. : Dans vos priorités, on parle aussi d’équité, de diversité et d’inclusion. Comment travaillez-vous ce volet ? 

M.-L. B. : On a eu une réflexion à l’interne par rapport à nos propres façons de faire qui ont pu exclure certaines populations dans nos collaborations. Ça passe par toutes sortes de méthodes : l’allègement de nos processus administratifs, aller rejoindre un organisme spécifique qui travaille auprès d’une population qu’on ne rejoint pas nécessairement. On est dans ces réflexions-là et on essaie de s’ajuster donc on a encore du travail à faire, mais on voit les bienfaits et ce sont des réflexions très riches au sein de notre organisation qui vont affecter tout : nos relations, les communications, et les partenaires avec qui on va travailler dans le futur.

 

L. A. : Est-ce qu’il y a d’autres initiatives sur lesquelles vous travaillez ?

M.-L. B. : La mutualisation est un sujet qu’on avait abordé il y a quelques années avec le milieu communautaire et c’est délicat. Ce n’est pas nécessairement des fusions d’organismes, il peut s’agir de partager des locaux, des camions de livraison, des formations et de l’expertise. Je pense que ces formes de mutualisation vont devenir une tendance importante. On le fait déjà avec des partenaires.

 

L. A. : Est-ce une nouvelle façon de faire pour Centraide d’initier des projets collectifs ou cela a toujours fait partie de votre vision ? 

M.-L. B. : C’est une tendance depuis plusieurs années, mais le temps d’apprendre à se connaître, de développer la relation de confiance, d’aller chercher d’autres joueurs, cela s’est fait graduellement avec les années. Cela faisait partie de nos valeurs et de notre façon de travailler, mais on a réussi à rallier de plus en plus de joueurs et de fondations qui ont aussi vu la plus-value et se sont joints au mouvement.

 

Cet article a initialement été publié dans l’édition du 10 mai.