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Osler, Hoskin & Harcourt parie sur le présentiel

Philippe Jean Poirier|08 mai 2024

Osler, Hoskin & Harcourt parie sur le présentiel

Selon Sandra Abitan, il est important que les équipes développement leurs compétences en se côtoyant au bureau. (Photo: 123RF)

GRANDS DU DROIT. Avec un bail qui prendra fin en novembre 2024 et des effectifs en pleine croissance (augmentation du nombre d’employés québécois de 20% en deux ans), la firme internationale ­Osler, ­Hoskin & ­Harcourt a été amenée à réfléchir à son avenir au ­centre-ville de ­Montréal. En entrevue, ­Sandra ­Abitan, associée directrice du bureau montréalais, nous a annoncé «en primeur» sa décision de rester au 1000 ­De ­La ­Gauchetière, tout en agrandissant ses espaces de travail.

La décision a été prise et annoncée en interne à la fin de l’année 2023. «­Je suis un peu à ­contre-courant, lance l’associée directrice. J’ai signé un bail de longue durée et j’ai pris plus d’espace. Contrairement à la majorité des autres cabinets, qui ont réduit leur espace de travail, nous avons décidé d’augmenter nos pieds carrés d’à peu près 23%.»

Avant d’aller de l’avant, le cabinet de services juridiques a d’abord mené un sondage auprès de ses avocats et de ses employés, pour connaître leurs préférences sur les plans de l’environnement de travail et du travail hybride. «À la suite de ce sondage, nous avons remarqué que la grande majorité souhaitait avoir un espace de travail assigné, et c’est d’ailleurs l’une des raisons qui nous a menés à prendre plus d’espace dans les nouveaux locaux», ­explique-t-elle.

Plutôt que de rénover leurs bureaux actuels, ­Osler, ­Hoskin & ­Harcourt a préféré repartir à neuf en aménageant de nouveaux bureaux sur trois étages complets, contigus aux locaux actuels. «­Quand les bureaux seront prêts, nous allons descendre avec notre ordinateur et nous brancher sans interruption, sans avoir à forcer les gens à rester chez eux pendant qu’on rénove un étage à la fois», ­fait-elle valoir.

 

Pour apprendre et gérer le stress

À partir de septembre 2022, le cabinet de ­Montréal a demandé le retour de ses employés en présentiel pour un minimum de trois jours par semaine, incluant une «journée obligatoire» — le mercredi — pour mener des activités communes, comme des rencontres de travail ou un 5 à 7.

«­La présence au bureau, ça fait partie de notre philosophie, explique ­Sandra ­Abitan. Il faut avoir un minimum de travail en présentiel pour réussir comme avocat. C’est surtout pour encadrer les jeunes avocats, faire le mentorat, les aider à gérer les défis et le stress de la pratique. En droit, ça va vite et c’est intense. Quand on peut vivre les moments difficiles en compagnie de collègues, ça nous aide.» ­Et il est vrai que différentes études ont montré que les avocats avaient été particulièrement éprouvés par la pandémie, avec des taux d’épuisement professionnel très élevés.

L’associée directrice revient sur la notion de mentorat et de développement de compétences — qu’il s’agisse de compétences en lien avec le ­savoir-faire ou de ­savoir-être. «­Le droit, ça s’apprend à l’école et à la cour, bien sûr. Mais ça s’apprend aussi autour d’une salle de conférence, en voyant ceux qui ont un peu plus d’expérience que nous réagir à des situations particulières. Apprivoiser le silence, ne pas toujours chercher à avoir le dernier mot, c’est important pour un avocat. Et ça s’apprend en personne, par le langage non verbal.»

 

Encourager le retour

Cela dit, ­Sandra ­Abitan reconnaît la valeur du travail hybride. «C’est un atout incroyable qu’il faut conserver. Ça amène une flexibilité d’horaire qui permet de répondre aux exigences de la vie personnelle de chacun.» ­Elle reconnaît aussi qu’il n’a pas été facile de réintégrer les avocats au 1000 ­De ­La ­Gauchetière en sortie de pandémie. «­Nous les encourageons à venir au bureau le plus souvent possible.»

C’est ­peut-être aussi ce qui explique le choix d’offrir des bureaux fermés, assignés à chacun d’entre eux. «­Le style de bureau à aire ouverte n’est pas compatible avec la profession d’avocat, insiste l’associée directrice. Il y a beaucoup de rencontres ­Teams, et ça pose un enjeu de confidentialité. Ensuite, c’est aussi très important d’avoir un espace pour réfléchir tranquillement, sans entendre parler autour de soi. Avoir un bureau où on peut déposer ses effets personnels et être bien dans son espace personnel, pour nous, c’est très valorisé.»

Le déménagement est prévu pour novembre prochain, lorsque la construction des bureaux sera terminée. «­Nous sommes très excités!» s’exclame l’associée directrice.