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Les clés du succès des clubs de golf québécois

Claudine Hébert|20 mars 2024

Les clés du succès des clubs de golf québécois

Malgré la météo capricieuse qui a sévi au cours de l’été 2023, les clubs de golf du Québec ont tout de même enregistré plus de 9,5 millions de parties. (Photo: 123RF)

INDUSTRIE DU GOLF. Après avoir été propulsé parmi les activités de loisirs favorites au Québec pendant la pandémie, le golf continue de surfer sur sa cote de popularité. Mais les clubs de la province sont-ils toujours profitables ? Coup d’œil sur leurs plus récentes stratégies et investissements.

Malgré la météo capricieuse qui a sévi au cours de l’été 2023, les clubs de golf du Québec ont tout de même enregistré plus de 9,5 millions de parties, soit une hausse de 1 % sur le nombre de parties jouées l’année précédente. « Nous estimons que cette hausse aurait été d’au moins 5 % s’il n’avait pas plu autant », fait remarquer le président de l’Association des clubs de golf du Québec (ACGQ), Martin Ducharme.

« Plusieurs dizaines de parcours de golf ont dû fermer leurs portes d’au moins 5 à 20 journées au cours de la saison en raison du mauvais temps. La moyenne de jours fermés est généralement de quatre pour les terrains de la province », explique le président de l’ACGC qui regroupe 129 clubs de golf.

Selon le dirigeant, ces fermetures ont représenté près de 500 000 parties qui n’ont pu être jouées. À un coût moyen de 50 $ la partie de golf, c’est l’équivalent de 25 millions de dollars (M$) qui ont échappé aux clubs de la province, avance-t-il.

Même les clubs qui restaient ouverts malgré le temps humide devaient composer avec des revenus moindres, soutient Stéphane Guay, copropriétaire du Golf International 2000. « Parce que le terrain était trempé, les voiturettes devaient demeurer sur les sentiers. Chez nous, cette condition de jeu se traduisait généralement par l’annulation de réservation d’au moins une dizaine de quatuors par jour », signale le gestionnaire du club de Saint-Bernard-de-Lacolle.

 

Belle fin d’été

Heureusement que la température a été extraordinaire lors des mois de septembre et octobre. La fin de saison de 2023 aura permis à un peu plus de 90 % des clubs de la province d’être rentables. « Plus de la moitié des clubs ont même affiché une meilleure santé financière qu’en 2022 », note Martin Ducharme.

 

Restauration et forfaitisation

Cette profitabilité repose en grande partie sur les revenus de la restauration. Bien qu’un gestionnaire sur dix soutienne avoir connu une année catastrophique au sein de ce département, près des trois quarts des clubs de golf ont connu de bons revenus grâce aux ventes de boisson et nourriture. « En fait, la vingtaine de clubs qui ont eu plus de difficultés sont ceux qui ont été les plus touchés par le mauvais temps », insiste le dirigeant de l’ACGQ.

L’augmentation des ventes de forfaits a également contribué à la vitalité des clubs de golf de la province. Selon le bilan 2023 de l’ACGQ, la forfaitisation (golf, nuitée et repas) a enregistré des hausses de plus de 10 % dans l’ensemble des régions de la province en comparaison avec l’été 2022. « Juste à Bromont, cette augmentation a dépassé les 30 % », avise Martin Ducharme, qui est aussi directeur général de Golf Château-Bromont.

 

Plus de tournois

Les tournois font aussi partie de la recette. Près de deux clubs sur cinq (39 %) disent avoir accueilli davantage d’événements en 2023 qu’ils en recevaient avant la COVID-19. C’est le cas notamment au Golf Saint-François, à Laval. L’été dernier, l’entreprise, qui propose deux parcours de 18 trous, a été l’hôte de 80 tournois de golf de plus de 60 joueurs. « Il s’agit du double du nombre d’événements qui figuraient au calendrier de la saison 2019 », soulève le directeur général de l’endroit, Normand Bleau. Et près de la moitié de ces tournois, ajoute-t-il, ont été organisés par des entreprises à l’attention de leurs employés.

 

De la main-d’œuvre aux tempes grises

Enfin, la pénurie de main-d’œuvre semble aussi s’estomper dans la plupart des clubs de la province, et ce, grâce à l’apport de plusieurs retraités, reconnaît le président de l’ACGQ. Plus d’un club sur trois embauche désormais davantage de recrues aux tempes grises, poursuit-il. Au club de golf La Madeleine, en Montérégie, près des trois quarts des 35 employés sont désormais des retraités, partage sa directrice générale, Catherine Coderre.

La flexibilité des horaires ainsi que l’augmentation des salaires et des primes ont également été des conditions bénéfiques pour faciliter le recrutement du personnel nécessaire, avance le président de l’ACGQ. Notons qu’à peine un terrain sur dix doit recourir à des travailleurs étrangers pour leur bon fonctionnement.