L’ESG, un présent responsable pour un futur durable

Publié le 26/09/2022 à 00:01

Par Normandin Beaudry

Les enjeux de société et les marchés financiers sont de plus en plus interconnectés. Les risques et occasions de nature environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) sont d’autant plus grands.

Traditionnellement, la majorité des stratégies de placement visait principalement à augmenter le rendement attendu du portefeuille, tout en considérant la capacité de l’investisseur à prendre des risques. C’est toujours vrai aujourd’hui, mais de plus en plus d’investisseurs exigent que leur portefeuille de placement soit investi de manière durable.

Une question de valeurs

L’investissement durable, au-delà de la gestion de risque, offre aux investisseurs institutionnels et individuels une structure qui leur permet de maintenir la cohésion entre leurs investissements et leurs valeurs.

Dans une stratégie d’investissement durable, il est important pour les investisseurs institutionnels de prendre en considération autant la mission de l’organisation que les préoccupations et les valeurs des employés représentés, puisqu’une grande partie des actifs investis provient de leurs programmes de retraite.

La carboneutralité au cœur des préoccupations et des décisions

Des trois piliers des facteurs ESG, l’environnement est certainement le plus connu. Partout dans le monde, les gouvernements adoptent des plans « climatiques » de plus en plus musclés pour faire face aux conséquences des changements climatiques.

Le Canada1 fait d’ailleurs partie des 120 pays qui s’engagent à être carboneutres d’ici 2050 et des 14 nations dont l’atteinte de cet objectif est maintenant ancrée dans leur législation. La Loi canadienne sur la responsabilité en matière de carboneutralité protège cette promesse faite aux générations futures. Par conséquent, l’ambition du gouvernement de respecter ses engagements climatiques doit se refléter dans ses décisions d’investissement à long terme.

Parallèlement, les huit plus grandes caisses de retraite canadiennes, communément appelées Canada’s Maple 82, se présentent comme des partenaires dans ce virage vert que le pays s’est engagé à entreprendre. Pour la première fois, en novembre 2020, les dirigeants de ces caisses de retraite ont invité les entreprises à fournir des informations complètes afin de leur permettre de mieux évaluer et gérer leur exposition aux risques liés aux facteurs ESG.

D’ailleurs, de plus en plus d’organisations divulguent maintenant aux investisseurs leur empreinte carbone, le poids de leur investissement dans les énergies fossiles et l’impact environnemental de leurs activités.

Les données ESG en demande

La divulgation de données sur les facteurs ESG est faite sur une base volontaire par les organisations. Elles peuvent donc choisir la façon de communiquer l’intégration des considérations ESG à leurs parties prenantes et ce partage d’information ne fait pas encore l’objet d’un audit formel et standardisé.

Il y a quelques années, l’International Financial Reporting Standards (IFRS) Foundation a sondé les besoins du marché pour évaluer la nécessité d’un cadre formel. La réponse fut positive et de cet effort est né l’International Sustainability Standard Board (ISSB). Ce cadre permettra aux entreprises de divulguer la durabilité de leurs processus d’affaires afin que l’information soit transparente et comparable entre les différents acteurs de l’industrie, au même titre que les états financiers audités publiés annuellement.

Les critères ESG prennent leur place

Les gestionnaires de portefeuille sont de plus en plus à l’écoute des exigences des investisseurs à l’égard de l’investissement durable.

D’ailleurs, 39 des 40 plus importants gestionnaires d’actifs au Canada sont signataires des Principes pour l’Investissement Responsable (PRI) de l’ONU.

Certains pays ont déjà rendu obligatoire la considération de facteurs ESG dans les politiques de placement des régimes de retraite. Au Canada, l’Ontario demande depuis 2016 aux comités de retraite de divulguer s’ils adhèrent ou non à des principes d’investissement durable dans leurs décisions de placement. Tous s’entendent pour dire que les organisations qui élaboreront leurs propres stratégies d’investissement durable auront un avantage concurrentiel dans les années à venir, notamment en matière d’attraction et de fidélisation des talents.

De toute évidence, l’investissement durable est là pour rester. L’avenir des générations futures en dépend.

1 Dans le cadre du Pacte de Glasgow pour le climat (COP26, novembre 2021), 120 pays ont pris l’engagement d’être carboneutres d’ici 2050.

2 Les caisses de retraite du Canada’s Maple 8 : AIMCo, BCI, la Caisse de dépôt et placement du Québec, l’OIRPC, HOOPP, OMERS, le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario et Investissements PSP. 

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