Travailler moins sans réduction de salaire: une innovation pour Madessa

Publié le 21/03/2022 à 00:01

Par Madessa

Les membres de l’équipe de Madessa, une agence de placement et de recrutement, travaillent quatre jours par semaine en mode hybride. Depuis la fin du mois de février, ils sont payés 40 heures par semaine, même s’ils n’en font que 32.

Pour Lina Ritvisay, fondatrice et présidente de Madessa, c’était la chose à faire pour déjouer la pénurie de main-d’œuvre. « Il fallait se démarquer dans notre domaine très compétitif, dit-elle. Toutes les entreprises spécialisées dans le recrutement de masse offrent des salaires alléchants et le télétravail. Ces avantages ne représentent plus une plus-value pour un candidat d’exception qui a de l’expérience ». 

Ces mesures se veulent également une réponse aux bouleversements des milieux de travail engendrés par la pandémie de COVID-19. Une part importante de la main-d’œuvre a goûté au télétravail, ce qui a poussé plusieurs personnes à remettre en question leur vie professionnelle et le rythme effréné du métro-boulot-dodo.

Des atouts particulièrement pour les femmes

Dans ce contexte, offrir une flexibilité pour mieux concilier le travail et la vie personnelle constitue un avantage non négligeable pour les employés et employées. Particulièrement dans le domaine du recrutement et des ressources humaines, où les femmes sont majoritaires. 

« Sans rien vouloir enlever aux hommes , il demeure que ce sont encore les femmes qui portent le plus gros de la charge mentale liée à l’organisation familiale », souligne Lina Ritvisay.

Les membres de l’équipe de Madessa disposent ainsi d’une journée payée pour faire des courses ou passer du temps en famille. « Plus besoin de gruger sur l’heure du lunch pour faire rapidement notre épicerie, par exemple », lance la présidente de l’agence de placement.

Un an de préparation

La mise en place de ce nouvel horaire de travail a demandé plus d’un an de préparation. Madessa a analysé l’état du marché de l’emploi dans différents domaines et secteurs d’activité pour voir ce qui était envisageable. Le but : en offrir plus au personnel sans pénaliser les clients. 

« Nous devons être joignables du lundi au vendredi de 8 h à 17 h. Pas question de changer nos heures d’ouverture ou d’abaisser notre niveau de service », souligne Lina Ritvisay.

Un projet pilote

A priori, l’instauration de ce nouvel horaire de travail, offert sans réduction de salaire, constitue un projet pilote, qui s’étendra sur un an. « C’est vraiment en l’implantant que nous pourrons en mesurer la faisabilité à moyen et long terme », dit la présidente de Madessa, bien qu’elle soit consciente qu’un retour en arrière sera difficilement envisageable. 

« Je suis persuadée que ça va fonctionner, insiste-t-elle. La vie personnelle est une sphère aussi importante que la sphère professionnelle chez la nouvelle génération de travailleurs. Et pour ceux qui, comme moi, ont de jeunes familles, le temps n’a pas de prix. »

Madessa estime que ce modèle lui permettra d’attirer et de retenir des talents en leur offrant la possibilité de se développer professionnellement sans s’épuiser. 

« Notre but, c’est d’avoir des employés épanouis », lance Lina Ritvisay.

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