Égalité et diversité en emploi : six employeurs qui se démarquent au Québec!

Publié le 30/03/2021 à 11:39

Favoriser l’inclusion en emploi et mettre en place des mesures d’égalité des chances, est-ce une contrainte ou une opportunité? Est-ce un choix ou un devoir? Des entreprises et organismes québécois nous montrent qu’il s’agit avant tout d’un pari gagnant et d’une responsabilité sociale. Ils nous démontrent qu’atteindre l’égalité en emploi et représenter la diversité dans nos milieux de travail est à notre portée.

Accès. Égalité. Emploi.

La loi sur l’accès à l’égalité en emploi dans des organismes publics est entrée en vigueur il y a 20 ans ce 1er avril. C’est pour marquer cet anniversaire que la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a choisi « Accès. Égalité. Emploi. » comme thème de l’édition 2020 du Prix Droits et Libertés.

Le prix de cette édition met en vedette des employeurs qui ont mis en œuvre des initiatives innovantes en emploi pour réduire la discrimination systémique et favoriser des milieux de travail inclusifs et représentatifs de la réalité socio-démographique québécoise.

Six employeurs se sont démarqués par leurs actions et stratégies et sont en nomination pour le Prix Droits et Libertés :

Catégorie 1 : organismes publics qui appliquent un programme d’accès à l’égalité en emploi

Revenu Québec est en nomination pour avoir développé un plan d’action sur la valorisation de la diversité et de l’inclusion qui témoigne d’une vision et d’un engagement à long terme de la haute direction, pour la formation des gestionnaires sur la diversité culturelle et pour la mise en place d’activités qui visent à promouvoir l’ouverture et contrer les biais discriminatoires.

La Société de transport de Montréal (STM), est en nomination pour l’implication et la participation de tous les échelons hiérarchiques de son personnel à la promotion d’un milieu de travail inclusif exempt de discriminations, pour l’ensemble de ses actions de visibilité et de partenariat pour attirer des candidatures des groupes sous-représentés, et pour l’atteinte de la parité femmes-hommes au sein du comité de direction.

La Ville de Montréal est quant à elle nominée pour ses trois programmes d’intégration en emploi qui mettent l’accent sur le parrainage et des stages rémunérés. Ces programmes sont destinés aux personnes handicapées, aux personnes autochtones et aux personnes immigrantes qui possèdent de l’expérience et qui éprouvent de la difficulté à obtenir un emploi correspondant à leurs qualifications et diplômes.

Catégorie 2 : tout autre organisme public ou entreprise privée ayant mis en place des mesures qui favorisent l’égalité en emploi

La Caisse Desjardins du Centre-nord de Montréal, est notamment nominée pour son exercice de reconnaissance des équivalences de formation et des expériences de travail acquises à l’extérieur du Québec ou du Canada, et la révision conséquente des positionnements salariaux.

La compagnie de théâtre Jean Duceppe est en nomination pour ses auditions annuelles qui ouvrent la voie à des nouveaux talents issus de la diversité et pour son projet de laboratoires Duceppe qui contribue à démocratiser l’accès au théâtre et à la culture par le dialogue et l’ouverture.

L’entreprise Énergir est nominée pour la révision de son processus de recrutement qui vise à améliorer la représentativité des femmes dans un métier non traditionnel et l’utilisation des capsules vidéo promues sur les médias sociaux pour attirer des candidates potentielles.

Pour découvrir les deux lauréats du Prix Droits et Libertés, suivez en direct sur Facebook notre cérémonie virtuelle de remise de prix le mercredi 31 mars prochain à 16h.

 

Les employeurs jouent un rôle de premier plan pour favoriser l’égalité

« Les mesures mises en place par ces six employeurs sont certainement des modèles à célébrer et à répliquer. Elles permettent de favoriser l’embauche, l’intégration et la progression des groupes historiquement discriminés en emploi. Ces employeurs ont autant démontré leur leadership que des actions concrètes pour faire avancer l’égalité en emploi, » a déclaré Myrlande Pierre, vice-présidente de la Commission et présidente du jury.

« Il reste sans aucun doute encore un travail considérable à faire pour briser les plafonds de verre dans les sphères de décision et pour atteindre de meilleurs résultats en ce qui concerne la représentation, notamment pour les personnes autochtones, les personnes racisées et les personnes en situation de handicap. Mais une chose est certaine, ces employeurs nous montrent la voie à suivre pour que chaque personne prenne sa place et exprime son talent sur le marché du travail, et ce indépendamment de son sexe, d’un handicap, de son appartenance à un groupe racisé ou son origine ethnique », ajoute Mme Pierre.

L’emploi est un lieu de socialisation, de représentation, et l’un des principaux leviers d'intégration au sein de la société. Les employeurs exercent donc un rôle essentiel et privilégié pour promouvoir l’inclusion et favoriser l’égalité.

Qu’est-ce que la Loi sur l'accès à l'égalité en emploi dans des organismes publics ?

Cette loi a pour objectif d’assurer que les femmes, les minorités ethniques, les minorités visibles, les personnes Autochtones et les personnes handicapées soient mieux représentés au sein du personnel des 330 organismes publics qui y sont assujettis. La Loi articule les programmes d’accès à l’égalité en emploi qui permettent entre autres de repérer et corriger les règles et les pratiques de gestion des ressources humaines qui pourraient potentiellement exclure ou désavantager les personnes issues de groupes victimes de discrimination.

20 ans après son entrée en vigueur, la loi a certainement permis de fournir aux organismes concernés un modèle d’intervention en matière d’accès à l’égalité. Elle est cependant confrontée à plusieurs limites : la loi ne s’applique pas à la fonction publique ni au secteur privé. Les objectifs quantitatifs de représentation restent mitigés. Le dernier bilan de la mise en œuvre de la loi souligne une sous-représentation persistante qui est encore plus criante lorsqu’il s’agit de la représentation dans les sphères décisionnelles. Certains experts recommandent un encadrement plus contraignant qui permettrait une responsabilisation conséquente de la direction. Une chose est certaine, il s’agit d’une loi qui a une importance capitale pour favoriser l’accès à l’égalité sur le marché de l’emploi au Québec. Elle remplira encore mieux ses objectifs lorsque certaines conditions gagnantes seront réunies : un leadership assumé des directions d’entreprises et un engagement à travers des actions concrètes.

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