Préserver la valeur de son entreprise : un réflexe essentiel

Publié le 23/03/2020 à 00:01

Équipements désuets, bâtiments mal entretenus, logiciels ou matériel informatique dépassés… Lorsque vient le moment de transférer leur entreprise, bien des dirigeants réalisent trop tard qu’ils ont négligé d’investir pour en maintenir la valeur. Il devrait pourtant s’agir d’un réflexe, car ces gestes assurent non seulement la survie de l’entreprise, mais aussi sa pérennité.

« Valoriser son entreprise, c’est la montrer sous son meilleur jour, à sa pleine valeur. C’est un peu comme mettre sa maison sur son 36 pour la vendre », lance Chantal Thibault, conseillère au Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ) pour la région de Lanaudière. Cette étape est souvent négligée en raison de l’âge du chef d’entreprise ou de son manque d’énergie dans ses dernières années d’activité professionnelle, alors qu’elle devrait faire partie des priorités.

Analyse et diagnostic de l’entreprise
Pour estimer la valeur d’une entreprise, la première étape est de procéder à l’évaluation minutieuse de ses sept fonctions (produits et services, marché, commercialisation, productivité, main-d’œuvre et ressources humaines, finances et technologies). Si le résultat de cette évaluation se situe en deçà des attentes du cédant, il peut mettre en place un plan de valorisation.

« Ce plan doit prendre en compte tous les aspects du quotidien de l’entreprise, réévaluer les rôles et responsabilités de chacun et mettre en place des indicateurs de performance », explique Chantal Thibault. Ces résultats dicteront la voie à suivre pour corriger les faiblesses et maintenir la valeur de l’entreprise.

Si le dirigeant n’a plus l’énergie pour procéder à cette valorisation, il peut déléguer ces tâches à une autre personne ou à une équipe. Le CTEQ peut aussi intervenir, à la demande du propriétaire, pour réaliser une préanalyse et le diriger vers les bons experts pour l’aider dans ce processus.

Conseils et bonnes pratiques
La valorisation de l’entreprise est, bien sûr, névralgique en contexte de vente ou de transfert, mais elle devrait être une affaire continue. « Si on prévoit la céder, il faut être encore plus vigilant, y mettre l’énergie nécessaire, investir selon les besoins et apporter les correctifs au fur et à mesure que les problèmes et les déficiences surviennent », dit Chantal Thibault.

Le pire piège est d’attendre à la dernière minute pour tout faire. « Il faut étaler les actions dans le temps, car à l’approche du transfert ou de la vente, le propriétaire risque de devenir débordé et de perdre le contrôle », dit la conseillère. Il faut aussi éviter de remettre ce fardeau sur les épaules du repreneur, en arguant qu’il pourra faire lui-même les changements nécessaires. En effet, cette attitude dissuade souvent les acheteurs. « Au contraire, un repreneur sera stimulé et enthousiaste par une belle entreprise saine, un petit bijou moderne et bien équipé, qu’il peut amener à un autre niveau de croissance », ajoute-t-elle.

Une négligence qui coûte cher
Une mauvaise gestion de la valorisation de l’entreprise peut entraîner une perte importante de sa valeur et une insécurité grandissante chez les employés, les clients et les fournisseurs. « Ça devient néfaste pour le cédant et le repreneur et ça peut mener jusqu’à l’annulation complète d’une transaction en marche depuis des années », affirme la conseillère Chantal Thibault.

Elle se rappelle d’un cédant en processus de transfert, à deux années de souffler ses 60 bougies, qui a négligé son entreprise. « Ses ventes ont fondu de 25 %, la valeur de son entreprise a chuté de 20 %, et la vente a été annulée », se souvient-elle. Le propriétaire a donc été forcé de continuer à s’occuper de son entreprise, avec de moins en moins d’entrain, et de reporter le début de sa retraite.

Les propriétaires qui désirent vendre gagnent à recourir à un accompagnement et à des experts pour savoir comment prévoir, analyser et faciliter le processus de transfert ou de vente. « Les cédants doivent apprendre à agir en amont et à prendre soin de leur entreprise comme s’ils prenaient soin d’eux-mêmes », conclut Chantal Thibault.

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