Maladies cardiovasculaires : les femmes plus à risque

Publié le 14/11/2018 à 00:25

En Amérique du Nord, les maladies cardiovasculaires sont la principale cause de mortalité, tous genres confondus. Cependant, il existe une disparité significative entre les deux sexes : les femmes sont 5 fois plus à risque de mourir d’une maladie du cœur que leurs homologues masculins.

Afin de réduire cet écart type et de trouver des traitements tant préventifs que curatifs, la Fondation de l’Institut de Cardiologie de Montréal consacre une partie de ses recherches à la santé cardiovasculaire des femmes.

Analyser les facteurs de risque propres à la femme
En plus des facteurs de risque communs aux deux sexes – diabète, obésité, tabac, sédentarité, mauvaises habitudes alimentaires, etc. – les femmes sont exposées à des facteurs de risque qui leur sont propres. On pense à la grossesse et à la ménopause qui sont l’apanage féminin.

Pour prévenir et mieux traiter les maladies cardiovasculaires chez la femme, les facteurs mentionnés ci-dessus gagnent à être analysés séparément. « C’est pertinent d’étudier ces facteurs, car en 2018, on sait qu’on ne sait pas tout », explique la Dre Marie-Pierre Dubé, directrice du Centre de pharmacogénomique Beaulieu-Saucier de l’Institut de Cardiologie de Montréal et de l’Université de Montréal. « On doit se poser les questions différemment : que se passe-t-il pendant grossesse et à la ménopause, dans le corps de la femme? Quels sont les facteurs qui peuvent influencer les maladies cardiovasculaires? »

Études randomisées : les femmes manquent à l’appel
« Par le passé, la santé cardiovasculaire de la femme a été sous-évaluée », explique la Dre Dubé. Lors des études randomisées où l’on compare l’efficacité d’un médicament destiné à la prévention ou au traitement des maladies cardiovasculaires, les femmes sont moins au rendez-vous que les hommes.

Moins de 30 % d’entre elles prennent part aux études cliniques en santé cardiovasculaire. Conséquemment, les spécialistes de la santé anticipent moins bien comment les médicaments approuvés vont interagir chez les femmes, tant du côté de leurs actions positives que sur le plan des effets secondaires. « Il est donc très important de revisiter certaines de ces études cliniques », conclut la Dre Dubé.

Un don qui pourrait changer la donne
Grâce à un don de 2,5 millions de dollars de la Fondation Molson, la Fondation de l’Institut de Cardiologie de Montréal et la Fondation de l’Hôpital St-Boniface de Winnipeg ont annoncé plusieurs projets de recherche – certains déjà en cours – sur la santé cardiovasculaire des femmes.

« Ce don permettra de propulser nos recherches afin de prévenir, comprendre et mieux traiter les maladies cardiovasculaires chez la femme », précise le Dr Jean-Claude Tardif, directeur du Centre de recherche de l’Institut de Cardiologie de Montréal. Les différents spécialistes et leurs équipes pourront notamment approfondir des champs de recherche spécifiques sur les hormones sexuelles, les arythmies cardiaques, les interactions génomiques avec le sexe dans les maladies cardiovasculaires et leurs traitements, la fertilité et les maladies cardiovasculaires chez la femme, les connaissances génétiques nouvelles provenant de diverses cohortes génétiques, les différences sexuelles dans le traitement de l’insuffisance cardiaque, ainsi que les différences entre les sexes dans les essais cliniques cardiovasculaires.

Des différences notoires
« La présentation et la progression des maladies cardiovasculaires chez les femmes diffèrent de celles des hommes », explique le Dr Tardif. « Il est donc capital de mieux comprendre la maladie des artères du cœur de la femme ». Des chercheurs de l’Institut de Cardiologie de Montréal et du Centre de recherche Albrechtsen de l’Hôpital St-Boniface concerteront leur savoir et leurs efforts afin, justement, de mieux cerner les premiers signes de maladies cardiovasculaires chez les femmes âgées et les différences sexuelles dans les taux de lipides sanguins.

Une autre partie des recherches consistera, entre autres, à établir des corrélations entre les maladies cardiovasculaires et les cancers, les maladies cardiovasculaires et les lésions rénales chez la femme, et le traitement de l’hypertension artérielle chez les femmes.

Plus que des chiffres
Les maladies cardiovasculaires touchent plus de 1,3 million de Canadiens et sont responsables, annuellement, de 275 000 hospitalisations. Malheureusement, ces chiffres sont beaucoup plus que des statistiques : ce sont des vies qui, pour la plupart, auraient pu être sauvées. Pour cette raison, la Fondation de l’Institut de Cardiologie de Montréal travaille sans relâche, grâce à l’aide financière de précieux philanthropes, à freiner l’épidémie de maladies cardiaques qui marque notre époque.

Sources : Institut de Cardiologie de Montréal – Entrevue de la Dre Dubé et du Dr Tardif.

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