A Montréal, de l’immobilité forcée à la mobilité choisie

Publié le 26/05/2021 à 13:38

Par MOVIN'ON

Interview de Nicolas Merveille, professeur à l’École des Sciences de la Gestion de l’UQAM.

Depuis le début de la pandémie il y a plus d’un an, nous avons tous subi une immobilité forcée. Qu’est-ce que cela a révélé sur nos besoins de mobilité ?


Nicolas Merveille : La vie cloîtrée nous a révélé la valeur du mouvement pour notre bien-être, notre qualité de vie et la durabilité de la collectivité. Nous n’avons pas été égaux sur le plan socioéconomique pour nous adapter aux conséquences négatives de l’immobilité forcée. Alors que les travailleurs qualifiés d’essentiels se sont vus obligés de se déplacer, une proportion non négligeable de la population active du Québec s’est vue assignée à résidence. Nous avons compris que la mobilité n’est pas uniquement plantée dans le champ de la liberté sinon ancrée dans le périmètre du droit.

Nous avons été nombreux à expérimenter l’immobilité subie et le fait qu’il est impossible de se réaliser et d’avancer dans ses projets lorsque l’on est immobilisé. Nous avons ressenti combien il est déprimant de ne pouvoir s’évader de ses quatre murs lorsque l’offre de mobilité est inexistante ou inefficiente. À l’inverse, des catégories socioprofessionnelles privilégiées se plaisent dans cette phase d’immobilité choisie et ne s’imagine guère fonctionner autrement. La pandémie a donc révélé un univers de besoins de mobilités et levée le voile sur l’ampleur des iniquités à l’égard de la mobilité.

La mobilité est un facteur de développement, elle donne accès au travail, à l’éducation, à la santé. Quelles sont les clés pour la rendre plus durable dans un monde post-COVID ?


NM :Toute notre époque est organisée et aménagée sur la logique du mouvement mais la biosphère en pâtie. L’industrie de la mobilité réfléchit aux modalités de la mise en œuvre d’une mobilité durable. Or, elle mesurait déjà avant la pandémie combien la transformation des incidences négatives de la mobilité passe forcément par la métamorphose du territoire. Il faut réinventer l’appropriation de l’espace pour fabriquer des territoires plus inclusifs. De plus, la pandémie a compromis certains efforts consentis pour mettre un terme à l’autosolo. La clientèle des transports en commun est en berne et l’on cherche les arguments pour remotiver les usagers des transports publiques. C’est tout un défi !

La COVID a été un accélérateur de tendances dans nos façons de vivre et de nous déplacer. Comment les villes (comme Montréal) peuvent-elles intégrer ces changements dans leur plan d’urbanisme ?

NM : On est passé d’une logique où « nous devions aller vers le monde » à une tendance où « nous devons faire venir le monde à nous ». Certain(e)s y ont gagné et ne veulent plus entendre parler du monde d’avant. D’autres y ont perdu ! On peut déjà avancer que c’est toute la logistique du centre-ville qui a été bouleversée (livraison de colis, parking, immobilier). Nous ne disposons pas encore du recul nécessaire pour apprécier ce qui se stabilisera pour se transformer en norme (habitus) et ce qui n’aura été que de l’ordre du tactique (attitude) pour mitiger des effets négatifs. L’évidence, c’est qu’une ville comme Montréal doit développer des métriques sociales sur toutes ses infrastructures. De transport, certes… Mais aussi du numérique car l’administration publique tout comme les organisations à finalité lucratives ignorent superbement la réalité de leurs clientèles.

Nicolas Merveille est professeur à l’École des Sciences de la Gestion de l’UQAM. Il est co-titulaire de la Chaire Internationale sur le Cycle de Vie (UQAM-École Polytechnique de Montréal). Il travaille depuis vingt ans sur les dynamiques d’interaction entre les termes Nature-Temps-Mesure.

 

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