Mitacs : stimuler l’innovation par la collaboration

Publié le 29/01/2016 à 13:12

Comment peut-on mettre en place la collaboration nécessaire au développement des compétences du futur ? L’expérience de Mitacs, qui conçoit et met en œuvre des programmes de recherche et de formation depuis plus de 15 ans, pourrait inspirer les intervenants économiques de la grande région de Montréal.

« Le but premier de Mitacs est de favoriser le développement économique et l’innovation, explique Jean-Philippe Valois, Directeur, Développement des affaires. On le fait via des projets innovateurs qui doivent tous se réaliser avec la collaboration d’universités. Nous voulons contribuer à l’épanouissement de l’économie du savoir grâce à des projets de recherche appliquée. »

Du « jumelage actif »

Mitacs est un organisme national sans but lucratif subventionné par le gouvernement fédéral et tous les gouvernements provinciaux du pays.

Depuis une quinzaine d’années, l’organisme a soutenu plus de 10 000 stages de recherche, formé près de 20 000 étudiants et appuyé plus de 1 300 collaborations de recherche internationales.

À l’Université du Québec à Montréal (UQAM), les exemples de réussites se multiplient :

- Le candidat à la maîtrise en géographie, Alexandre Fréchette, travaille à la création d’un parc d’eau vive au parc Jean-Drapeau, avec la Fédération québécoise de canoë-kayak d’eau vive ;

- La doctorante en études et pratiques des arts, Prune Lieutier, a créé pour la jeunesse des livres enrichis pour tablettes électroniques. Ce projet novateur a été réalisé avec les Éditions André Fontaine ;

- Les étudiants et chercheurs du Groupe 3D, un laboratoire en design et ergonomie de l’École de design, ont conçu une version plus ergonomique de l’appareil d’entraînement HiTrainer, pour l’entreprise de Brossard du même nom.

« Les universités doivent devenir des acteurs dans l’esprit des partenaires industriels, et c’est là que Mitacs entre en jeu, poursuit M. Valois. C’est une des meilleures façons qu’une entreprise peut avoir pour innover : en ayant une connexion avec une université, pour aller y chercher des conseils, mais aussi des idées originales. »

Jean-Philippe Valois note que Mitacs fait du « jumelage actif », en mettant les entreprises en contact avec les universités, puis en leur suggérant des collaborations.

Une allumette pour l’innovation

Le rôle joué par Mitacs met en lumière le défi de l’arrimage entre les besoins des entreprises et les compétences de la main-d’œuvre.

« Les entreprises sont aux prises avec beaucoup de défis au jour le jour, souligne M. Valois. Elles n’ont pas toujours le temps de regarder de façon plus globale où elles vont. En engageant le dialogue avec des chercheurs, c’est déjà un bon départ. Et c’est souvent l’allumette qui stimule quelque chose de spécial pour les entreprises. »

Cependant, il n’est pas toujours facile d’intéresser les entreprises. « Le défi est vraiment de cibler le message que l’on envoie et de suggérer de beaux projets », dit-il.

Quand ça fonctionne, l’entreprise peut en être transformée. M. Valois donne l’exemple d’une PME qui fabrique un nouveau système de chauffage. Pour l’aider, l’équipe de Mitacs approchera des experts en génie mécanique pour susciter une collaboration. « Pour ces petites entreprises-là, ça peut demander beaucoup de temps, mais les bénéfices peuvent être énormes quand c’est réussi. »

Des preuves ?

Selon un sondage réalisé par Mitacs, 92 % des entreprises participantes recommanderaient le programme Accélération de l’organisme. Les deux tiers ont indiqué que les résultats du projet ont été commercialisés ou le seront.

De plus, grâce à Accélération :

- 34 % des entreprises ont ciblé de nouveaux marchés ;

- 31 % ont constaté un élargissement de leurs segments de marché ;

- 30 % ont engagé au moins un de leurs stagiaires ;

- 47 % ont entamé de nouvelles collaborations avec le secteur universitaire ;

- 82 % ont poursuivi leur collaboration avec le superviseur universitaire.

Quant aux résultats financiers, ils sont probants : 11 % des entreprises participantes ont augmenté leurs ventes et 18 % ont réalisé des économies.

Les résultats sont aussi concrets pour les anciens stagiaires, selon l’étude, réalisée au début de 2014 :

- la majorité des stagiaires indiquent que le programme Accélération a fait d’eux de meilleurs candidats et leur a permis d’accéder à un meilleur emploi à leur arrivée sur le marché du travail ;

- 46 % des stagiaires Accélération qui travaillent dans le secteur privé ont été embauchés par leur entreprise partenaire.

Le programme a aussi un impact sur la rétention des talents au Canada : 91 % des anciens stagiaires y demeurent toujours.

Ces statistiques démontrent que l’expérience de Mitacs est un modèle à suivre pour favoriser la collaboration entre les établissements d’enseignement et les entreprises. Avec les incontournables défis au sujet de la main-d’œuvre du futur, ce genre d’expertise éprouvée ne peut qu’être bénéfique pour bien y faire face.

Pour en savoir plus : http://www.ccmm.qc.ca/fr/fs_competences_futur_0216/

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