Des pistes de réflexion pour développer les compétences de demain

Publié le 29/01/2016 à 13:17

Le forum Compétences du futur, organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, sera l’occasion de discuter du développement de la main-d’œuvre pour les emplois de demain.

Ce thème est essentiel alors que l’environnement d’affaires de Montréal traverse une véritable mutation.

Le sujet incite à la réflexion sur plusieurs plans. Ainsi, la collaboration entre gouvernements, établissements d’enseignement et entreprises semble une nécessité. Mais favoriser une meilleure coordination entre les besoins des entreprises et la formation peut représenter un défi.

Marie-Josée Kasparian, directrice de projets chez TechnoMontréal, croit que « c’est le rôle des grappes industrielles de favoriser le développement économique de leur secteur en rassemblant tous les acteurs de l’écosystème » et en mettant sur pied des projets porteurs pour répondre aux principaux enjeux des entreprises.

Elle offre en exemple la Table Talent, créée par TechnoMontréal. Les discussions de la Table ont mené à la réalisation d’un problème : le manque de main-d’œuvre en TI possédant les compétences requises pour travailler dans le domaine financier. Cette initiative donnera bientôt naissance à trois formations spécifiques.

Former durant toute la vie

De son côté, Christian Roy, directeur général du Cégep Gérald-Godin, croit qu’il faut que l’écosystème d’éducation soit plus flexible. La majorité des personnes entrant sur le marché du travail changeront plusieurs fois d’emplois ou d’employeurs au cours de leur carrière. Or, spécialiser à outrance peut être contre-performant, dans une perspective à long terme.

« Je fais une grande distinction entre adéquation formation-emploi et les compétences du futur, ajoute-t-il. Je crois aux compétences de base : la maitrise du français et des mathématiques, des compétences qui ouvrent la voie à tous les apprentissages. Les établissements d’enseignement forment des humains, pas des machines. Notre responsabilité est de fournir un enseignement pertinent débouchant sur des diplômes de qualité. Or, les sondages démontrent que les employeurs reconnaissent la qualité de nos diplômes. C’est une grande force de notre système d’éducation. »

« Pour mieux répondre à l’évolution rapide des besoins de compétences, il faudrait développer de nouveaux modes de formation. On devrait davantage miser sur la formation en entreprise, le perfectionnement, la reconnaissance des acquis et l’alternance travail-étude. »

« Il y a déjà beaucoup d’agilité en formation continue, mais on pourrait-être plus efficace avec plus d’échanges et de collaboration entre les établissements scolaires, les entreprises et les organismes gouvernementaux », pense M. Roy.

« Depuis la révolution tranquille on a nettement priorisé la formation des jeunes, poursuit-il. Maintenant que la pyramide d’âge est inversée, il faudrait orienter une partie de nos efforts vers la réinsertion des chômeurs, le recyclage des personnes en emploi et l’intégration des immigrants. On aurait aussi avantage à assouplir nos modes d’évaluation et de développement de programmes en laissant un peu plus d’autonomie aux établissements et en diminuant la reddition de comptes ».

Selon Marie-Josée Kasparian, « au sein de la grappe TechnoMontréal, les entreprises collaborent étroitement avec le milieu de l’enseignement pour mettre en place des programmes de formation sur des technologies de pointes, adaptées à leurs besoins évolutifs. »

Bien identifier les besoins

La première démarche afin de permettre aux établissements d’enseignement de s’adapter rapidement à un marché de l’emploi en pleine mutation est de se donner les outils pour identifier les besoins, souligne Marie-Josée Kasparian.

Un point de vue que partage Christian Roy. « Il faut se doter d’un outil de veille partagé sur l’évolution de la demande de compétences. Montréal a besoin d’un organisme métropolitain pour organiser cette veille et favoriser la collaboration. Or, on en a un : le Conseil emploi métropole. »

Comme l’imagine Christian Roy, cet organisme qui réunit les représentants des établissements d’enseignement, des entreprises et des organismes métropolitains, serait aussi mandaté pour identifier les priorités de formation et gérer les appels de projets. Tout en soulignant les nombreux atouts de Montréal, M. Roy souligne qu’on freine le changement quand on agit en vase clos. Plus de collaboration et plus de cohésion vont améliorer l’accès à la formation et augmenter l’efficacité du système.

« Former les programmeurs, les créateurs WEB, les analystes financiers, les contrôleurs de processus, les ingénieurs en logistique, les spécialistes en assurances, les infirmières dont Montréal aura besoin à l’avenir est un enjeu de développement durable que l’éducation peut relever avec brio. Souhaitons-nous simplement de travailler à relever ce défi ensemble, avec tous nos partenaires », conclut le gestionnaire. 

Pour en savoir plus : http://www.ccmm.qc.ca/fr/fs_competences_futur_0216/

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