Alizée et Le Rallye : deux programmes de santé pour deux réalités bien distinctes

Publié le 18/04/2018 à 15:44

Par ÉquiLibre

Pourquoi présenter des programmes de santé en milieu de travail différents pour les hommes et les femmes ? Loin d’entretenir des stéréotypes de genre, l’approche différenciée selon les sexes permet de planifier des interventions plus efficaces afin que tous y gagnent !

Selon l’Enquête québécoise sur la santé de la population 2014-2015, 43,9 % de la population de 15 ans et plus a un poids normal, tandis que 53,7 % est en surplus de poids.

« Lorsqu’on adopte une approche traditionnelle, bien des moyennes — comme celles-ci — n’indiquent rien de particulier, dit Mawuto Toulan, coordonnateur des activités de santé et de bien-être des femmes au ministère de la Santé et des Services sociaux. Cependant, si on analyse ces résultats en fonction des sexes, cela devient intéressant… »

L’enquête précise notamment que 51,1 % des femmes ont un poids normal, contrairement à 36,9 % des hommes. Par ailleurs, 61,8 % des hommes sont en situation d’excès de poids, alors que seulement 36,0 % d’entre eux se voient ainsi. À l’inverse, 13,5 % des femmes de poids normal considèrent qu’elles ont un excès de poids. C’est le cas de seulement 4,8 % des hommes de poids normal.

En adoptant une approche différenciée selon les sexes (ADS), on peut donc conclure que certaines femmes surestiment leur poids, à tort, alors que plusieurs hommes ne sont pas toujours conscients de leur surplus de poids.

Des différences profondes

Ainsi, les hommes comme les femmes vivent une situation potentiellement dangereuse pour leur santé. En sous-estimant le problème, les hommes peuvent mettre à risque leur santé physique. En le surestimant, les femmes peuvent mettre leur santé mentale en jeu : les cycles de diète répétitifs, par exemple, ont tendance à miner le moral, sans compter qu’ils sont souvent inefficaces et qu’ils favorisent le regain de poids, ce qui peut entre autres mener à un sentiment d’échec.

À différents maux, différents remèdes ! D’autant plus que les façons qu’ont les hommes et les femmes d’affronter une situation sont, elles aussi, bien distinctes...

« La documentation scientifique présente les choses clairement : les hommes sont plus difficiles à rejoindre par les services psychosociaux », dit Michel Lavallée, coordonnateur du dossier de la santé et du bien-être des hommes au ministère de la Santé et des Services sociaux. Et lorsqu’on y parvient, il faut adopter la bonne approche pour que le message fasse son chemin !

« Pour des raisons complexes, notamment liées à la culture, à la socialisation et aux habitudes de vie, les hommes seront moins enclins à aborder leurs émotions directement, préférant l’action et les faits, ajoute Michel Lavallée. Pour qu’elle leur soit utile, l’aide doit être adaptée à cette réalité. »

Des programmes adoptant l’ADS pour des interventions plus efficaces

C’est avec cette intention que l’organisme ÉquiLibre a d’abord conçu le programme d’intervention Le Rallye, qui vise à sensibiliser les travailleurs masculins aux risques de développer des problèmes de santé en raison de leurs habitudes de vie ou de leur poids. Tout naturellement est né ensuite son pendant féminin : le programme Alizée.

« Dans les deux programmes, les thématiques sont les mêmes, mais les outils, les conseils et l’approche pédagogique sont adaptés au sexe selon l’ADS », dit Stéphanie Taillon, directrice par intérim d’ÉquiLibre, dont le mandat consiste à prévenir et à diminuer les problèmes liés au poids et à l’image corporelle au sein de la population.

Les signaux de satiété seront par exemple présentés de façon très factuelle aux hommes, puis explorés de façon concrète dans le cadre d’un défi. Pour les femmes, le même thème sera plutôt abordé sous l’angle du plaisir et de la satisfaction, afin de chasser la culpabilité. Et ça fonctionne ! Les effets de ces programmes sont manifestes : à la suite des interventions, les hommes et les femmes deviennent davantage capables d’écouter leurs signaux de faim et de satiété, un élément clé dans l’acquisition de saines habitudes alimentaires.

« Les femmes s’intéressent beaucoup au pourquoi : elles font preuve d’introspection et s’interrogent sur leur ressenti. Les hommes privilégient le comment. Ils préfèrent l’action et des activités plus pratiques », explique Nathalie Pouliot, nutritionniste et chef de projets chez ÉquiLibre.

Ainsi, toutes les interventions dirigées par les programmes Le Rallye et Alizée respectent la façon dont les hommes et les femmes se représentent leur image corporelle et leur santé : elles visent à mieux cibler pour mieux aider ! « Ce n’est pas une règle absolue, précise toutefois la nutritionniste. Des femmes pourraient très bien suivre le programme adapté Le Rallye si elles préfèrent un mode d’intervention centré davantage sur les défis, ou inversement. »

« Il n’est pas question de stéréotypes : l’ADS s’appuie sur des études étoffées », rappelle Stéphanie Taillon.

Le Secrétariat à la condition féminine a d’ailleurs récompensé le programme Le Rallye et le programme Alizée en 2015 par le Prix Égalité, visant à souligner l’apport de projets qui favorisent l’égalité hommes-femmes au Québec.

Vous désirez offrir à vos employés ces programmes de saine gestion du poids novateurs ?

Contactez dès maintenant :

Stéphanie Taillon

Directrice générale par intérim d’ÉquiLibre

Tél. : 514 270-3779, poste 225 ou sans frais : 1 877 270-3779

stephanie.taillon@equilibre.ca

 

 

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