Laura Secord : consommer mieux… grâce aux écailles de cacao!

Publié le 07/06/2018 à 10:00

Par Énergir_

Le plus important chocolatier à propriété Canadienne, Laura Secord, a récemment augmenté sa capacité de production tout en réduisant l’impact de sa consommation énergétique sur l’environnement. Son secret? Utiliser ses déchets – les écailles de cacao – pour créer l’énergie nécessaire à la torréfaction de ses fèves.

Dans son usine de 250 000 pieds carrés située à Québec, Laura Secord fabrique du chocolat 24 heures par jour, 7 jours par semaine. La plupart de ses fèves de cacao sont transformées en chocolat industriel : du chocolat liquide destiné à de grands utilisateurs. L’entreprise produit aussi de la confiture, du fondant, du caramel, etc.

«On a besoin de beaucoup de vapeur dans notre processus de production», explique Jean Leclerc, président de Laura Secord. Les cuiseurs utilisés par le fabricant, notamment, fonctionnent grâce à la vapeur.

Auparavant, le géant de l’industrie chocolatière utilisait exclusivement le gaz naturel pour générer cette vapeur. Depuis trois ans, cependant, il utilise ses déchets, les écailles de cacao. Leur combustion produit autant de vapeur qu’il en faut à Laura Secord pour torréfier ses fèves. Ainsi, une partie du gaz naturel requis lors de la torréfaction a été remplacée par l’énergie résultant de la combustion des écailles.

Ces dernières sont une source d’énergie complémentaire pour l’entreprise, qui utilise encore le gaz naturel pour toutes sortes d’activités industrielles. «Malgré nos apports extérieurs en énergie, comme la vapeur produite à partir de nos écailles, on doit pouvoir compter sur un approvisionnement régulier, puisque notre processus de production est continu. Le gaz demeure donc important pour nous», précise Jean Leclerc.

Des investissements rentables

Ce changement représentait un défi technologique pour Laura Secord. Son directeur de l’innovation, Jean-Philippe Leclerc, affirme que l’entreprise canadienne est la première dans l’industrie du cacao à avoir mis en place un tel système de valorisation des déchets. Pour y arriver, elle s’est inspirée d’autres producteurs, dont ceux du secteur des pâtes et papiers.

Le chocolatier a dû se procurer un brûleur à biomasse pour valoriser ses écailles de cacao. Il doit le faire fonctionner en harmonie avec deux bouilloires à gaz naturel. Jean-Philippe Leclerc admet que l’achat de ce nouvel équipement représente un investissement considérable, mais il affirme que l’opération est rentable financièrement et logistiquement.

«Le brûleur à biomasse simplifie plusieurs étapes de notre production, dont la gestion des écailles. Avant, c’était très compliqué, surtout quand nos écailles étaient entreposées à l’extérieur et qu’il fallait en disposer», illustre-t-il.

L’environnement : une priorité
En valorisant ses déchets, Laura Secord améliore son bilan environnemental, car elle réduit ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Avant la transformation de son usine, l’entreprise envoyait ses écailles de cacao à un centre de compostage. Un camion faisait la route de l’usine à ce centre tous les deux jours. Maintenant, ce même camion ne visite l’entreprise que deux fois par année pour la départir de ses cendres.

Le président de Laura Secord estime qu’il est impossible pour une entreprise de production comme la sienne d’être totalement indépendante en termes de consommation énergétique. Malgré tout, il s’intéresse aux énergies vertes. L’homme d’affaires dit même réfléchir à l’utilisation de l’énergie solaire.

De plus, le chocolatier utilisera bientôt un système de «refroidissement gratuit» (free cooling) qui lui permettra de récupérer l’eau chaude utilisée pour faire fondre le chocolat. Celle-ci transigera par des tuyaux pour se rendre à l’extérieur. «L’hiver on va se servir du froid québécois pour refroidir notre eau au lieu d’utiliser un compresseur», explique Jean-Philippe Leclerc. L’eau ainsi refroidie servira à faire figer le chocolat.

Grâce à l’implantation de cette mesure d’efficacité énergétique, à la réduction de ses GES ainsi qu’à la valorisation de ses matières résiduelles, Laura Secord peut se targuer de consommer mieux, tout en produisant plus!

Deux fois plus de chocolat

Laura Secord a présentement le vent dans les voiles. Le chocolatier a augmenté sa capacité de production et compte maintenant développer le marché américain. «Avec nos équipements, on est en train de doubler notre production de chocolat. On s’est équipé en fonction de ce qu’on pensait pouvoir vendre et on vend plus», indique Jean Leclerc.

Ce dernier se dit content d’avoir implanté des mesures d’efficacité énergétique dans son usine de production. «Ça a été long, mais ça en valait la peine», conclut-il.

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