Mettre fin au harcèlement en milieu de travail

Publié le 13/04/2022 à 00:01

En ce qui concerne la diversité, et plus particulièrement les communautés LGBTQ+ (personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, trans, queers, et autres personnes de la diversité sexuelle et de genre), on a d’abord beaucoup parlé de tolérance, puis d’acceptation, et l’on parle désormais d’inclusion.

L’inclusion des personnes LGBTQ+ en milieu de travail, c’est faire en sorte que ces personnes soient libres d’être elles-mêmes sans avoir à craindre d’être mises de côté, moquées ou harcelées. C’est la liberté de participer à la conversation du dîner en racontant la fin de semaine qu’on a passée avec son chum ou sa blonde au chalet, sans que cela engendre des questions ou des commentaires sur notre vie sexuelle. C’est le fait de pouvoir aller aux toilettes sans attirer les regards. C’est se faire appeler par le bon prénom, même s’il est différent de celui qui est inscrit sur notre certificat de naissance. C’est aussi pouvoir bénéficier de l’écoute, de la bienveillance et de la protection de notre employeur lorsqu’on est victime de comportements ou de propos inappropriés.

Certaines personnes diront : « Pourquoi veulent-ils parler de leur homosexualité? Je ne parle pas de mon orientation sexuelle, moi! » Pourtant, nous parlons souvent de nos partenaires de vie à nos collègues (au Québec, nous sommes 45 % à les mentionner plus d’une fois par semaine). C’est normal! Après tout, ce sont souvent les personnes avec qui nous passons le plus de temps au quotidien. Un grand nombre de personnes LGBTQ+ se sentent obligées de mentir (s’inventer une blonde ou un chum) ou finissent par s’isoler (manger seul dans son bureau) par peur de subir du harcèlement. On ne s’en rend pas toujours compte, mais rester dans le placard se fait au prix d’un effort constant.

Tout le monde peut être victime de harcèlement1, mais les statistiques montrent que cette réalité touche plus particulièrement les personnes marginalisées, celles « qui ne rentrent pas dans le moule ». Parmi elles, on retrouve les personnes LGBTQ+. Pourquoi? Parce qu’encore aujourd’hui, ces identités sont l’objet de blagues, de tabous, de dégoût, de haine, de peurs, de préjugés, d’incompréhension et de comportements sexuels inappropriés. L’homophobie et la transphobie persistent alors que les représentations LGBTQ+ sont encore souvent stéréotypées. Selon les résultats d’un sondage récemment commandé par la Fondation Émergence et effectué au Québec, 65 % des personnes LGBTQ+ ont vécu au moins une situation de harcèlement dans leur milieu de travail dans les 5 dernières années.

Le manque d’inclusion des personnes LGBTQ+ a bien sûr des conséquences néfastes directes pour ces personnes (isolement, problèmes de santé mentale, frein à l’évolution professionnelle, etc.), mais aussi pour les entreprises (perte de productivité, manque d’engagement du personnel, fort taux de roulement, etc.). Plus d’une personne LGBTQ+ sur 3 a déjà quitté ou pensé à quitter son emploi à cause du manque d’inclusion au sein de son lieu de travail. Les personnes LGBTQ+ ne représentent pas une faible minorité que l’on peut se permettre d’ignorer. Plus d’une personne sur dix s’identifie comme LGBTQ+. Enfin, si l’on ajoute les proches de personnes LGBTQ+ et les personnes alliées de l’inclusion, le pourcentage des membres du personnel ayant à cœur la cause LGBTQ+ est loin d’être négligeable.

Le harcèlement n’est pas quelque chose à normaliser, tolérer ou accepter. Nous avons le pouvoir et le devoir de le combattre. Le sondage mené par la Fondation Émergence le confirme : les personnes qui ont reçu de l’information sur l’inclusion des personnes LGBTQ+ contribuent à instaurer un environnement moins propice au harcèlement. Il semble donc crucial de s’attaquer au problème à la source en formant le personnel à ces enjeux.

C’est pourquoi il est important d’offrir des formations sur l’inclusion des personnes LGBTQ+ en milieu de travail. Une telle formation, qui aborde la problématique du harcèlement et donne des bonnes pratiques d’inclusions en milieu de travail, a d’ailleurs été mise sur pied par la Fondation Émergence en partenariat avec Conseil du patronat du Québec et grâce au soutien financier de la CNESST. Le meilleur outil pour l’inclusion, c’est l’éducation. Alors, apprenons à mieux vivre ensemble!

1 Rendez-vous sur fondationemergence.org/harcelement pour consulter la définition du harcèlement psychologique et sexuel, ainsi que des exemples de situations de harcèlement envers des personnes LGBTQ+.


Signataires

• Patrick Desmarais, président de la Fondation Émergence
• Karl Blackburn, président et chef de la direction du Conseil du patronat du Québec (CPQ)
• Caroline Codsi, fondatrice de La Gouvernance au Féminin et co-fondatrice de Synclusiv, membre du CA du CPQ
• Danièle Henkel, présidente des entreprises Daniele Henkel inc.
• Isabelle Hudon, présidente et cheffe de la direction de la Banque de développement du Canada (BDC)
• Isabelle Marcoux, présidente du conseil Transcontinental inc.
• Jasmin Roy, président de la Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais
• Marc-André Laurier Thibault, directeur général du mouvement Ensemble Inc.
• Martine Roy, présidente du Fond Purge LGBT
• Michel Belval, président du American Chamber of Commerce in Canada (AMCHAM)
• Michel Rochette, président du Conseil canadien du commerce de détail
• Pierre Graff, président-directeur général du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ)
• Ruth Vachon, présidente-directrice générale du Réseau des Femmes d'affaires du Québec (RFAQ)
• Salwa Salek, cheffe Équité, Diversité et Inclusion, Mouvement Desjardins (présentateur officiel du programme ProAllié de la Fondation Émergence)
• Sévrine Labelle, présidente-directrice générale de Evol
• Thierry Arnaud, président de la Chambre de commerce LGBT du Québec

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