Cybersécurité : Québec veut créer une zone d’innovation de calibre mondial

Publié le 26/01/2022 à 00:01

Par NOVIPRO

L’étude Portrait des TI 2022 de NOVIPRO/Léger souligne que 46 % des entreprises québécoises perçoivent leurs TI comme un investissement. Il est donc nécessaire de protéger cette création de valeur. Le gouvernement a d’ailleurs donné l’exemple en créant un ministère spécialisé en la matière.

Le nouveau ministère québécois de la Cybersécurité et du Numérique a démarré ses activités il y a quelques jours, le 1er janvier, sous la gouverne du député de La Peltrie, Éric Caire. La création de ce ministère suit de près l’Offensive de transformation numérique, visant à accélérer le virage numérique de 42 000 entreprises québécoises qui tardent à suivre cette voie et ainsi à améliorer leur productivité.

« Ce nouveau ministère est au cœur de nos efforts pour améliorer la compétitivité des entreprises et assurer leur bonne hygiène numérique », a lancé le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, lors de l’événement Cybersécurité 20/20, organisé par Novipro en octobre 2021.

Il a ajouté que le rôle de ce ministère sera notamment d’assurer la sécurité numérique de tous les ministères et organismes gouvernementaux, en plus d’accompagner les entreprises souhaitant protéger les données qu’elles recueillent et, par ricochet, leurs clientèles.

Des programmes de financement et d’accompagnement seront élaborés dans une approche multisectorielle qui convoquera tous les ministères engagés selon le projet en cours. « Une des conditions de base pour prospérer dans l’économie numérique est la protection des données et de l’économie numérique », a insisté le ministre.

Protéger l’économie numérique

« La transformation est importante, et les données sont devenues une véritable nouvelle ressource », a dit Pierre Fitzgibbon en ajoutant qu’il revient au gouvernement d’assurer que toutes les entreprises puissent avoir accès aux divers outils pour se protéger adéquatement.

« Les petites entreprises qui n’ont pas de service TI à l’interne doivent pouvoir répondre à de hauts standards de sécurité pour que la population sache comment ces données seront utilisées », a-t-il précisé.

Il a rappelé que la confiance de la population – dont fait partie le groupe entrepreneur – s’est effritée avec les scandales récents de vols de données dans les institutions financières. Plus encore, il est difficile pour une petite entreprise de croire qu’elle saura comment protéger ses données alors qu’un géant du monde financier n’a pas réussi à le faire. « En aidant nos PME à se numériser, en les aidant à utiliser les applications de l’intelligence artificielle (IA), nous allons les aider à se cyberprotéger », a expliqué Pierre Fitzgibbon.

Zone d’innovation et écosystème numérique


La littératie numérique des entreprises est centrale pour la réussite de cette numérisation économique, et à cet égard, le Québec compte déjà sur de grands joueurs qui peuvent transmettre leurs savoirs et résultats de recherche.

« On veut s’assurer que l’IA soit au service des PME québécoises. Nous sommes un centre important reconnu mondialement en IA grâce à Mila et Ivado, entre autres : il faut que nos entreprises soient les utilisatrices de ces découvertes faites ici », a renchéri le ministre.

Selon lui, la cybersécurité doit être le point central de la création d’une zone d’innovation de calibre international, c’est-à-dire un secteur d’activité dans lequel le Québec a le potentiel de devenir un acteur mondial important.

Cette zone est comparable à un écosystème regroupant des experts divers qui réalisent des activités de recherche fondamentale et appliquée, des activités de formation tout en mobilisant les grandes entreprises et les jeunes pousses, bref, tout ceux qui gravitent autour de la cybersécurité et de son développement.

L’accompagnement humain

« Le facteur humain est le nœud gordien de ce déploiement », a lancé le ministre, fort conscient de la rareté de la main-d’œuvre. Il estime qu’une meilleure adéquation entre l’enseignement supérieur – collégial et universitaire – et les besoins des entreprises ferait en sorte que les quelques milliers de personnes sans emploi pourraient trouver leur place dans le secteur de la cybersécurité.

Le ministre Fitzgibbon a reconnu que le Québec doit en faire davantage pour attirer et retenir la main-d’œuvre. « Nous pouvons assouplir les règles pour les immigrants économiques temporaires en espérant qu’ils décideront de rester au Québec une fois leur programme terminé. »

Pierre Fitzgibbon est convaincu que les spécialistes d’ici sauront élever le niveau de jeu des entreprises québécoises grâce à la transformation numérique. « Laissons les experts de l’écosystème déterminer les meilleures pratiques et les meilleures façons de les communiquer », a-t-il conclu.

 

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