Optimiser le rendement des cultures en serre grâce à l’éclairage à diodes

Publié le 15/04/2021 à 00:01

Comment passe-t-on de la production d’équipements de signalisation routière à celle de systèmes d’éclairage pour la culture en serre ? Chez GE Current, a Daintree company, c’est l’un des premiers employés qui a été l’instigateur de cette expansion et de la percée dans un marché aujourd’hui en plein essor.

Fondée dans les années 1990, GE Current s’est avant tout fait connaître en concevant des feux de circulation à diodes électroluminescentes (DEL). Mais un des employés de la première heure a vite flairé une occasion dans un domaine qu’il connaissait bien : l’alimentation.

Éden Dubuc travaille toujours pour l’entreprise à titre d’architecte technologique sénior (« J’occupe toujours mon premier emploi », dit-il en riant). L’entreprise de sa famille produit quelque 15 000 tonnes d’oignons et de carottes par année. Pour tester le prototype de système d’éclairage à DEL de GE Current, Éden Dubuc a d’ailleurs emprunté une des serres de son père. L’entreprise a aussi mené des recherches sur les besoins des plantes en collaboration avec Savoura, un important producteur de tomates québécois.

Aujourd’hui, les éclairages à DEL de GE Current se trouvent dans les plus grandes fermes verticales du Japon et du Royaume-Uni ainsi que dans les serres des Fermes Lufa, au Québec.

Les avantages de la technologie des DEL en horticulture

L’efficacité énergétique des DEL constitue l’un de leurs principaux avantages, même dans des endroits comme le Québec, où les serres ont fréquemment besoin d’être chauffées. Jordan Goulet, partenaire distributeur des produits d’horticulture de GE Current chez Hort Americas Canada, explique pourquoi : « Entre la mi-mars et la fin octobre, les systèmes d’éclairage traditionnels dégagent trop de chaleur. Il faut soit ouvrir les vannes des serres, ce qui cause des pertes de gaz carbonique qui nuisent à la croissance des plantes, soit se contenter du soleil, qui est irrégulier. Avec les DEL, qui dégagent peu de chaleur, on peut bénéficier d’un éclairage optimal pour les besoins d’une culture spécifique pendant toute l’année. »

Les avantages s’étendent même à la qualité des aliments, selon Michel Doss, vice-président responsable des produits de spécialité chez GE Current. « En fournissant à une laitue plus de lumière bleue, par exemple, on peut influencer son goût, sa forme et sa couleur. » Une plante dont la croissance a été optimisée peut aussi se conserver deux fois plus longtemps en épicerie, ce qui réduit le gaspillage alimentaire. Enfin, en combinant un éclairage à DEL avec un système de chauffage et de ventilation mécanique, un producteur peut contrôler précisément la température de sa serre tout en économisant entre 50 % et 60 % de sa facture d’électricité.

Un pas vers l’autonomie alimentaire ?


Le développement de l’horticulture en serre pourrait aussi contribuer à l’autonomie alimentaire du Québec, un enjeu propulsé au premier plan par la pandémie actuelle.

« Nous dépendons énormément de la Californie et du Mexique pour nos fruits et légumes, dit Michel Doss. Ces territoires bénéficient d’un ensoleillement abondant et gratuit, ce qui leur confère un avantage concurrentiel indéniable, mais la pandémie a mis beaucoup de pression sur la chaîne de distribution. De plus, les changements climatiques rendent la culture en champ très risquée. Pour un agriculteur, travailler dans un environnement contrôlé peut constituer une excellente police d’assurance. »

Un centre d’innovation au Québec

GE Current a investi des sommes considérables pour faire de Montréal son centre international de design et de développement de systèmes d’éclairage pour l’horticulture. L’entreprise compte aussi étendre ses activités à l’ensemble du secteur des serres numériques. « Dans le cas de la laitue, il y a 800 facteurs qui influencent la croissance, explique Éden Dubuc. L’éclairage en représente à peine une trentaine ! »

En attendant, l’entreprise mise sur ses 25 ans d’expérience pour s’attirer les faveurs des producteurs. « Nous avons appris de nos expériences dans divers segments du marché des systèmes d’éclairage, affirme Éden Dubuc. Lorsque l’on produit des feux de circulation, on ne peut pas se permettre de changer d’ampoule tous les six mois. La signalisation ferroviaire, elle, doit être fiable pour éviter des accidents. C’est ce que nous offrons à nos clients : un outil de production durable. »

Et surtout, un outil fourni par un partenaire qui sera là pour les épauler à long terme.

 

 

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