Comment Desjardins offre des solutions en transport alternatif

Publié le 18/01/2016 à 09:51

Avec 45 000 personnes à son emploi, le Mouvement Desjardins est responsable de beaucoup de déplacements. En 2010, dans un souci de responsabilité sociale, il a entrepris d’analyser les déplacements de ses employés des secteurs d’affaires et des fonctions de soutien (environ 25 000 employés) afin de voir comment il pourrait réduire son impact sur l’environnement et les communautés.

« Nous avons fait un bilan avec l’aide des Centres de gestion des déplacements (CGD), explique Pascal Laliberté, conseiller en coopération et en développement durable. Nous avons analysé comment nos employés se déplacent, dans nos 10 sites d’emplois qui comptent 100 employés et plus, dont Montréal et Lévis. »

Cette analyse a mené à l’élaboration d’un plan d’action en quatre volets : le transport collectif, le transport actif (vélo et marche), le covoiturage et les déplacements d’affaires.

Dès le départ, l’objectif est fixé : favoriser l’adoption par les employés de solutions de rechange au voiturage en solo. Pour y arriver, Desjardins mise sur l’instauration d’une série de mesures incitatives.

OPUS+ entreprise et OPUS & Cie

À Montréal, il est naturel pour de nombreux employés de voyager en métro, autobus ou train de banlieue. Deux programmes ont cependant donné un essor à l’adoption du transport collectif depuis le printemps 2014.

OPUS+ entreprise, offert par l’Agence métropolitaine de transport (AMT), et OPUS & Cie, de la Société de transport de Montréal (STM), proposent toutes deux des rabais mensuels sur les titres de transport totalisant l’équivalent d’un mois de transport gratuit (8,33 %). Ce rabais peut être plus élevé selon la contribution de l’employeur. De plus, si une personne s’inscrit avant le 8 février 2016 (pour l’AMT) ou le 10 février 2016 (pour la STM), un rabais supplémentaire représentant l’équivalent d’un deuxième mois de transport gratuit (8,33 % additionnel) sera offert par le ministère des Transports du Québec (MTQ).

Desjardins participe aux deux programmes depuis avril 2014. Ses employés participants profitent tous d’un rabais de 20 % sur leur abonnement annuel. La contribution de Desjardins est de 10 % pour le programme OPUS & Cie de la STM, et cette dernière assume l’autre 10 %. Dans le cadre d’OPUS+ entreprise, l’AMT accorde 8,33 %, et la contribution de Desjardins s’élève à 11,67 %.

« Avec la promotion actuelle d’un mois supplémentaire gratuit, souligne Pascal Laliberté, ça donne un rabais mensuel de 28 % ! »

Un bon départ : Bixi, transport collectif et covoiturage

Autre initiative : offrir un rabais aux employés qui utilisent Bixi, le service de vélo-partage présent partout sur l’île de Montréal.

Desjardins se tourne ensuite vers le transport collectif. De 2011 à 2013, l’entreprise offre à ses employés des titres de transport à l’essai. Cette initiative remporte un grand succès : plus de la moitié des automobilistes qui essaient le transport collectif l’adoptent, soit 300 employés.

En 2011, Desjardins met en service un logiciel de jumelage pour le covoiturage. Il suffit d’y entrer l’adresse de son domicile, son lieu de travail et ses préférences pour y trouver un conducteur ou un passager prêt à covoiturer. Aujourd’hui, plus de 1050 employés sont inscrits à ce service.

Le covoiturage a été particulièrement populaire pendant la construction d’un nouvel édifice à Lévis. Devant un nombre restreint d’espaces de stationnement, plus de 400 employés ont choisi d’y avoir recours. Résultat ? Une diminution de plus de 100 véhicules dans le stationnement.

L’adoption de modes de transport autres que le voiturage en solo crée cependant un problème : par exemple, que font les employés s’ils doivent se déplacer pour rencontrer des clients ? La solution : l’autopartage. « Nous avons conclu une entente avec l’entreprise d’autopartage Communauto, explique Pascal Laliberté, afin de mettre des autos à la disposition des employés qui en ont besoin.  Les employés de Desjardins peuvent devenir membres de ce service à des conditions avantageuses et avoir accès à l’ensemble des véhicules de Communauto, dont plusieurs sont situés près de leur lieu d’emploi.

De plus, dans le cadre de cette entente, quatre véhicules électriques ont été ajoutés au Complexe Desjardins, à Montréal, et une auto “thermique” à Lévis. Ces véhicules sont disponibles à tous les membres de Communauto.

Et le vélo ? Pour encourager les transports actifs, Desjardins a installé des espaces sécurisés où laisser son vélo. Puis, elle a aménagé des vestiaires et des douches pour ceux qui pédalent jusqu’au travail ou font de l’exercice.

Des programmes qui ont la cote

Comment ces programmes sont-ils reçus par les employés de Desjardins ? “Les employés sont très contents, rapporte M. Laliberté. En temps normal, nous avons 30 à 50 nouvelles inscriptions par mois. Avec l’offre d’un deuxième mois gratuit, il y en a le double !”

En fait, la réponse des employés a été étonnante, nous indique-t-il : “Nous avions grandement sous-estimé le nombre d’abonnés que nous irions chercher. En décembre 2015, nous avions 3653 participants, soit entre 20 et 25 % des employés qui pourraient s’intéresser aux transports collectifs.”

“C’est sûr que nos initiatives de transports alternatifs ont un impact sur la rétention des employés et sur leur qualité de vie, indique Pascal Laliberté. Et nous réduisons nos besoins en espace de stationnement, ce qui représente une belle économie.”

Si la mise en place d’un plan pour favoriser les modes de transports collectifs et actifs peut sembler compliquée, elle l’est beaucoup moins qu’on le pense. Pour réussir, conseille Pascal Laliberté, il faut bien informer les employés et bien se préparer. “Il faut faire appel aux Centres de gestion des déplacements ; avec leur aide, on ne part pas à zéro. Ça donne vraiment un bon coup de main !”

Pour en savoir plus : www.amt.qc.ca/opusemployeurs 

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