Commerce international : le renminbi à la conquête du monde

Publié le 11/06/2015 à 09:00

Le renminbi, c’est le nom officiel de la devise chinoise (le yuan fait plutôt référence au nom de la monnaie). Retenez-le, car en décembre dernier, le renminbi est devenu la cinquième devise la plus échangée dans le monde. Les entreprises d’ici qui brassent des affaires en Chine devraient en prendre acte…


SWIFT, l’organisation qui gère la télétransmission des messages bancaires internationaux, révélait ainsi qu’en décembre 2014, 2,17 % des paiements internationaux avaient été réglés en renminbis. C’est suffisant pour que la devise chinoise rejoigne le top 5 des devises les plus utilisées, tout juste derrière le yen japonais.


Ce n’est ni plus ni moins qu’un exploit, considérant qu’il y a cinq ans (en octobre 2010), le renminbi (RMB) se retrouvait dans ce palmarès… à la 35e place!


Parions qu’avec le poids de la Chine dans les échanges commerciaux mondiaux – la Chine étant le deuxième partenaire commercial du Canada – le RMB ne se contentera pas longtemps d’une cinquième place, d’où l’importance pour les entreprises qui font des affaires avec la Chine d’envisager aujourd’hui l’ouverture d’un compte en renminbi.


 


Petite histoire d’une libéralisation


C’est la crise économique de 2008 qui aura convaincu la Chine de libéraliser sa devise. « Avant cela, toutes les transactions internationales avec la Chine étaient faites en dollars américains, explique Caroline Dion, directrice Produit FX à la Banque Nationale du Canada. La Chine s’est retrouvée à détenir une grande quantité de devises américaines, et ça leur a fait mal quand la crise a frappé. »


La Chine a donc lancé un vaste chantier visant à « ouvrir » sa devise, histoire d’être moins dépendante des prochains soubresauts du dollar américain. « La Banque populaire de Chine a commencé à approcher les grandes banques étrangères et à signer des ententes avec elles pour que les entreprises puissent détenir des renminbis et payer leurs fournisseurs chinois avec cette devise », poursuit Caroline Dion.


Par exemple, en novembre dernier, la Chine et le Canada s’entendaient pour mettre sur pied un centre de négociation et d’investissements en renminbis, le premier en Amérique.


Tous ces efforts ont porté fruit. Toujours selon SWIFT, le nombre de paiements internationaux réalisés en RMB a crû de 102 % au cours de la dernière année, alors que la croissance moyenne des autres devises n’a été que de 4,4 % au cours de la même période.


 


Une devise à apprivoiser


Parce que le renminbi occupe de plus en plus de place dans les transactions internationales, il devient intéressant pour les entreprises qui font affaire avec la Chine de se prémunir d’un compte bancaire en renminbi.


D’autant plus que les solutions se multiplient et sont accessibles aux entreprises de toutes tailles. « Par exemple, dit Caroline Dion, ce pourrait être un optométriste qui ouvre un compte en renminbi parce qu’il doit commander tous les mois des montures à un fournisseur chinois. »


Une entreprise pourrait aussi avoir un contrat de change à terme fixant le prix d’une transaction à une date ultérieure à un taux prédéterminé : une mesure de protection permettant d’éviter que les taux de change fluctuent à son désavantage.


Cette mesure pourrait d’ailleurs être pratique courante – du moins pour l’instant – en ce qui concerne le renminbi. Car malgré ses ambitions, la Chine aura beaucoup à faire pour accroître la confiance internationale envers le billet de banque à l’effigie de Mao. « Il est vrai que la confiance n’est pas encore là, mais la Chine travaille fort en ce sens ! », affirme Caroline Dion.


 


Comment profiter de la montée du renminbi?


Pour une entreprise qui fait déjà affaire en Chine, ou qui prévoit le faire, avoir accès à un compte bancaire en renminbi permet de gérer les risques reliés à la variation du taux de change. Vous pourrez donc convertir vos avoirs dans une autre devise au moment le plus avantageux pour votre entreprise.


 

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