La qualité des projets en architecture : un enjeu de taille

Publié le 01/06/2023 à 00:01

Centre intégré de cancérologie du CHU de Québec-Université Laval / Groupe A + DMG + Lemay + Jodoin Lamarre Pratte + NFOE + GLCRM architectes en consortium / Photo : Stéphane Groleau

En juin 2022, le gouvernement a dévoilé sa Politique nationale de l’architecture et de l’aménagement du territoire (PNAAT), un chantier auquel l’Ordre des architectes du Québec (OAQ) a collaboré. Celle-ci reconnaît qu’« […] en élevant la qualité des projets architecturaux, notamment ceux de l’État, nous améliorons leurs effets sociaux, économiques, environnementaux et culturels sur les milieux de vie et pour les générations d’aujourd’hui et de demain ». Or, la Politique a révélé que la population peut difficilement reconnaître le caractère essentiel de la qualité architecturale. Dans cet article, deux architectes présentent leur avis sur la question.

Sur le terrain, on espère que la PNAAT donnera l’impulsion nécessaire pour que l’architecture soit gérée dans le respect des particularités territoriales, tout en tenant compte des changements climatiques. Surtout, on souhaite que la notion même de qualité architecturale et ses bienfaits soient mieux compris et considérés par les donneurs d’ouvrage.

Mais de quoi parle-t-on exactement quand on parle de qualité architecturale? « Le projet doit prendre en compte toutes les réalités et le contexte, et répondre précisément aux besoins du client. Il est aussi conçu pour durer et possède un coût de cycle de vie raisonnable », résume Riccardo Di Marco, architecte et directeur principal, gestion de projet et des actifs immobiliers chez CIM Conseil.

Par ailleurs, les milieux de vie doivent contribuer au bien-être de ceux et celles qui les habitent ou les fréquentent. C’est pourquoi un projet d’architecture réussi engendre des effets bénéfiques sur la vie quotidienne de ses utilisateurs. « Par exemple, des patients d’un centre de cancérologie à Québec ont témoigné que son architecture réduisait leur niveau de stress lors de leurs traitements parce que le parcours d’arrivée et l’orientation spatiale étaient bien conçus, que la lumière naturelle était abondante et que la vue sur le jardin était agréable », raconte Anne-Marie Blais, architecte associée et chargée de projet chez Groupe A / Annexe U.

Conséquences d’une mauvaise qualité

Selon M. Di Marco et Mme Blais, les projets de qualité discutable sont généralement réalisés dans un contexte où une réflexion en profondeur est impossible par manque de temps et où les budgets sont insuffisants. Rappelons que seuls 2 % du coût d’un bâtiment sont consacrés à sa conception.

Or, un projet de mauvaise qualité engendre des impacts sociaux, économiques et environnementaux considérables. « Les mauvais projets doivent souvent être reconstruits ou rénovés prématurément. Quand on tente d’économiser aujourd’hui, mais qu’on doit dépenser davantage plus tard, on est perdants. Sur le plan des impacts sociaux, on a vu dans l’actualité plusieurs histoires catastrophiques, comme celle des 162 propriétaires de Boisbriand qui ont dû abandonner leur condo à cause d’un vice de construction ou de conception », déplore M. Di Marco.

Solutions créatives et innovatrices

Au-delà d’assurer l’aspect esthétique des bâtiments, les architectes sont habiles pour trouver des solutions innovantes et donner naissance à des projets de qualité. Ainsi, divers processus de collaboration sur des sujets tels que la gestion de chantier et l’efficacité énergétique permettent à tous de réfléchir ensemble et de travailler main dans la main pour éviter les erreurs et atteindre les objectifs.

En outre, la technologie s’avère un formidable outil en architecture. « Le volet numérique prend de plus en plus d’ampleur, ce qui permet de faciliter la communication entre les intervenants impliqués dans un projet. Par exemple, nos clients peuvent enfiler un casque de réalité virtuelle et parcourir un plan en trois dimensions. Les séances d’immersion les aident vraiment à mieux comprendre les projets », se réjouit Anne-Marie Blais.

En terminant, qu’est-ce qui distingue un « beau » projet d’un « bon » projet? « Un beau projet est essentiellement photogénique, soutient Riccardo Di Marco. Un bon projet répond aux besoins, est pérenne et s’intègre bien à son environnement. » Pour Anne-Marie Blais, « Un bon projet est plus qu’esthétique. Il s’inscrit dans les principes directeurs d’une architecture humaine, durable et créative. Bref, c’est un legs de qualité pour les générations futures! »

Les architectes jouent un rôle clé dans la conception de milieux de vie agréables et sécuritaires. Visitez le site Web de l’Ordre des architectes du Québec à oaq.com pour en savoir plus!

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