Grandes cultures et industrie laitière : travailleurs recherchés

Publié le 01/05/2019 à 14:00

Le Centre-du-Québec est une importante région agricole. Cependant, alors que les productions animales et végétales occupent une bonne place dans l’économie locale, la question du recrutement de la main-d’œuvre demeure un défi constant.

Avec un taux de chômage de 5,7 % , le Centre-du-Québec fait bonne figure dans le palmarès économique de la province. Il y a toutefois un revers à la médaille, dans la mesure où cette vigueur crée une pression sur les ressources humaines. Depuis deux ans, le recrutement de travailleurs est devenu de plus en plus ardu, remarque Marie-Pierre Lemire, CRHA et coordonnatrice au Centre d’emploi agricole de la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec, et ce, d’autant que la région est relativement éloignée des grands centres urbains, et donc des bassins de main-d’œuvre potentiels. La pénurie se fait cruellement sentir dans le secteur agricole, qui connaît déjà d’importantes difficultés en la matière. « Les horaires de travail exigeants, le caractère souvent saisonnier des emplois et les conditions moins compétitives que dans d’autres champs d’activités font en sorte que nous manquons de bras dans le secteur agricole », souligne Marie-Pierre Lemire.

Main-d’œuvre étrangère

Les grandes cultures – céréales, oléagineux – occupent une bonne part de la production agricole dans le Centre-du-Québec. Les travaux des champs se concentrent essentiellement d’avril à septembre, depuis les semis jusqu’à la récolte. Les fermes laitières sont également très présentes dans la région, et même si le travail n’y est pas saisonnier, les horaires atypiques peuvent en rebuter plusieurs. « On commence généralement la journée vers 5 h du matin pour la première traite, jusqu’à midi. Il faut ensuite revenir en fin de journée pour la traite du soir, approximativement de 16 h à 19 h. Cet horaire de travail coupé complique le recrutement d’ouvriers, et à cela s’ajoute le problème du déplacement si les employés résident loin de la ferme », précise Marie-Pierre Lemire.

Le recours à de la main-d’œuvre étrangère temporaire a toutefois permis à plusieurs exploitants agricoles de tirer leur épingle du jeu. Cette pratique va d’ailleurs en augmentant. Ainsi, en 2015, on comptait 340 travailleurs étrangers au sein de 60 entreprises et 930 dans 140 entreprises en 2018. Pour l’industrie laitière uniquement, le taux est passé de 56 ouvriers dans 11 fermes laitières en 2015, à 219 dans 58 fermes en 2018.

Ce sont les centres d’emploi agricoles qui se chargent des démarches administratives pour aider les agriculteurs à embaucher des travailleurs venus d’ailleurs. Un bon coup de pouce quand vient le temps de gérer la paperasse ! Les centres voient aussi au recrutement des travailleurs locaux, notamment en publicisant les besoins des employeurs, en recevant les CV, en réalisant les entrevues d’embauche et en proposant des candidats. Les centres proposent aussi divers outils pour favoriser le maintien en emploi, comme des grilles salariales, des politiques de gestion de ressources humaines, etc.

La technologie à la rescousse

La robotisation facilite aussi la vie des producteurs laitiers. Ainsi, l’introduction de robots de traite dans les fermes commence à changer la donne et à alléger le poids du manque de main-d’œuvre. Cette technologie élimine en effet la contrainte de la traite, puisque les vaches se rendent d’elles-mêmes dans une structure installée au milieu de l’étable lorsqu’elles ressentent le besoin d’être traites. Une trayeuse automatique s’installe automatiquement sur l’animal, lequel sera également nourri au même moment. Grâce à une puce insérée dans le collier que portent les vaches, il est possible d’effectuer le suivi des opérations. « Un seul employé suffira à effectuer la gestion de la traite, et sa tâche consistera essentiellement à faire du travail d’analyse du troupeau », explique Marie-Pierre Lemire. Un bel exemple où la machine et la technologie viennent au secours des producteurs agricoles.

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