Comment évaluer vos besoins de formation ?

Publié le 02/03/2016 à 17:00

«À la base, c’est sûr que l’entreprise doit connaître et évaluer son équipe », dit Céline Obidol, coordonnatrice à la formation pour la CMEQ.

Idéalement, chaque employé et chaque entreprise devraient avoir un plan de formation.

« Un employeur qui investit 30 000 $ dans de l’équipement veut rentabiliser son investissement. Et pour cela, il doit faire appel à des gens capables de le faire fonctionner selon les règles de l’art », dit Jean-Marc Jacob, conseiller en formation à l’ACRGTQ.

« Par exemple, l’utilisation d’un GPS à trois dimensions exige plus de compétences. Il faut calibrer l’équipement en fonction de plusieurs paramètres », explique le conseiller, qui souligne à quel point il est important de poursuivre son apprentissage, peu importe son niveau d’expérience.

« Il faut suivre l’industrie », dit simplement M. Jacob.

En fait, tout le monde est aujourd’hui d’accord pour dire que la formation est essentielle au sein de l’industrie de la construction. La difficulté est de bien définir les besoins de chacun...

Qui fait quoi ?

En fin de compte, qui décide de la formation à suivre ? C’est autant le travailleur qui veut apprendre et améliorer son employabilité, que l’entrepreneur qui souhaite percer de nouveaux marchés et prendre de l’expansion.

Tout a été mis en place pour aider les salariés et les entrepreneurs à profiter des différents programmes de formation, notamment par l’entremise du site Fiers et compétents.

La CCQ et ses partenaires s’assurent bien sûr de la pertinence des formations. « Chaque année, nous regardons si l’offre répond qualitativement aux besoins de l’industrie », explique Jonathan Bélair, chef de section à la direction de la formation professionnelle de la CCQ. Vient ensuite l’évaluation quantitative, qui permet de définir les besoins par région.

Et sur le terrain ? « À la base, c’est sûr que l’entreprise doit connaître et évaluer son équipe, dit Céline Obidol, coordonnatrice à la formation pour la CMEQ. Par exemple, si un travail n’est pas bien fait, le chef d’équipe doit voir si le problème est lié à un salarié ou à une équipe. Et il doit faire un suivi des actions à prendre et envisager les formations adéquates. »

Quatre questions de base

Dans un monde idéal, chaque entrepreneur aurait un plan de formation dans son coffre à outils. Il connaîtrait son marché et serait en mesure de planifier la formation de son équipe en conséquence.

En réalité, le temps manque et il est parfois difficile d’organiser le travail et d’accorder du temps pour le perfectionnement.

  • Il reste que l’entrepreneur modèle doit se poser quatre questions s’il veut bâtir un plan de formation solide :
  • Quels sont les besoins de l’industrie ?
  • Quelle est ma vision stratégique ?
  • Quelles sont les compétences nécessaires ?
  • Où en est mon équipe ?

Une fois ce bilan effectué, l’entrepreneur planifie et prépare le terrain auprès de son équipe. « Obliger un employé à suivre une formation sans lui faire comprendre en quoi cette formation est importante est l’une des pires choses à faire », dit Samuel Harvey, coordonnateur au développement des compétences à l’ACQ.

S’améliorer grâce à la formation

L’entrepreneur doit faire participer ses employés aux démarches de formation et leur faire comprendre qu’ils sortiront gagnants d’un perfectionnement. En réalité, ce travail est de moins en moins nécessaire puisque les salariés s’inscrivent d’eux-mêmes à divers cours, parfois sans en parler à leur employeur du moment.

« Aujourd’hui, les jeunes veulent apprendre et ils sont prêts à faire les efforts. La réticence aux changements n’est pas la même qu’avant », avance Robert Gagnon, directeur du service de la formation à l’APCHQ.

Le défi pour l’employeur est donc de bien canaliser ce désir d’apprendre. Pour y arriver, les entreprises ne sont toutefois pas laissées à elles-mêmes puisque la CCQ, en collaboration avec les associations patronales, peut aider à préparer un plan de formation qui tient la route.

« Notre rôle, souligne Jean-Marc Jacob, conseiller en formation à l’ACRGTQ, est de poser les bonnes questions pour aider les entreprises à mieux définir les besoins et à trouver la bonne formation. »

Pour ce faire, il faut suivre certains critères. Il faut bien entendu voir si la formation est nécessaire pour des raisons de santé et sécurité. Si tel est le cas, elle sera prioritaire. Si la formation répond à un besoin d’affaires, elle sera également prioritaire. Si par contre la formation n’est pas applicable rapidement ou si les retombées ne sont pas visibles immédiatement, il faut inscrire cette formation dans un plan plus global.

L’employeur a aussi un travail à faire auprès de ses employés. Il doit être à l’affût des besoins de perfectionnement et faire comprendre aux personnes concernées qu’elles doivent suivre une formation. « Avant de demander à quelqu’un de suivre un perfectionnement, il faut lui montrer qu’il lui manque quelque chose. J’appelle cela la phase d’incompétence : la personne ne sait pas qu’elle ne sait pas. », dit Robert Gagnon, directeur du service de la formation à l’APCHQ.

Ce dernier souligne aussi que la formation ne vise pas uniquement les aspects techniques du travail. « Si j’ai un mur d’insonorisation à monter à Radio-Canada, je dois envoyer quelqu’un qui sait comment travailler dans ce genre de milieu, avec des comédiens, des équipes de tournages, etc. Je dois tenir compte des compétences et du savoir-être », dit le directeur. Et il y a aussi des formations pour cela.

Pour réussir, les employeurs doivent instaurer une culture de la formation qui donne à tous le désir de progresser. « Au final, je pense que l’industrie s’en va dans la bonne direction. Il y a de plus en plus de formation volontaire et le taux de satisfaction globale est très bon. Mais il faut quand même continuer à promouvoir les bienfaits de la formation ! », conclut Jonathan Bélair.

Les associations partenaires

-      ACQ : Association de la Construction du Québec

-      ACRGTQ : L’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec

-      APCHQ : L’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec

-      CMEQ : Corporation des maîtres électriciens du Québec

-      CMMTQ : Corporation des maîtres mécaniciens en tuyauterie du Québec

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