Mieux connaître son environnement d’affaires… et prospérer!

Publié le 11/02/2020 à 08:45

L’Iran, le Brexit, Donald Trump, le coronavirus chinois, l’arrivée de la 5G… L’actualité regorge d’événements qui peuvent affecter, de manière directe ou indirecte, l’activité des entreprises et des organisations. D’où l’importance d’être au fait de ce qui se trame dans l’environnement d’affaires, car l’ignorance a toujours un coût! Nicolas Vincent, professeur agrégé au Département d’économie appliquée de HEC Montréal, abonde dans le même sens, lui qui rencontre régulièrement des dirigeants d’entreprises et d’organisations dans le cadre des formations L’essentiel du MBA – Programme avancé et Ascension – Programme pour dirigeants et relève dirigeante, prodiguées à l’École des dirigeants. Nous l’avons rencontré afin qu’il nous explique toute l’importance d’être bien au fait des différents éléments mouvants et dynamiques qui caractérisent le contexte d’affaires actuel.

École des dirigeants : On accole souvent l’épithète de « VICA » (volatile, incertain, complexe et ambigu) au monde dans lequel nous évoluons aujourd’hui. En arrivez-vous au même constat?

Nicolas Vincent : En tant qu’économiste, je ne peux qu’être d’accord avec cela. Nous vivons à l’heure actuelle dans un contexte assez particulier. Le tout a commencé il y a environ dix ans, après la crise financière mondiale de 2007-2008. On a alors pu constater qu’il y avait des fractures, des failles dans le système. Il y avait des choses que l’on considérait comme évidentes alors. Mais depuis, que ce soit dans le domaine politique avec Donald Trump et le Brexit, par exemple, dans le domaine social, avec la montée des inégalités, et l’incertitude créée par la révolution technologique, nous sommes en déséquilibre. Et on peut bien entendu ajouter à l’équation les questions environnementales et climatiques… J’aime bien dire, pour emprunter l’expression à l’ancien secrétaire à la Défense américaine Donald Rumsfeld, que nous sommes partis d’un monde de known unknowns pour en arriver à un monde de unknown unknowns! La grande difficulté, à l’heure actuelle, c’est que nous sommes bien conscients des risques dans l’environnement d’affaires, mais nous avons beaucoup de difficultés à entrevoir les conséquences de ces risques.

École des dirigeants : En lien avec ce que nous venons d’évoquer, estimez-vous que les décideurs stratégiques de nos entreprises et de nos organisations sont bien outillés pour bien appréhender les défis inhérents à l’environnement d’affaires d’aujourd’hui?

Nicolas Vincent : Ça varie beaucoup d’une organisation à l’autre. Ce que je constate de manière générale, c’est que les dirigeants et les gestionnaires ont tendance à se concentrer sur le microenvironnement, sur leur domaine d’affaires particulier. Ils ont tendance à se concentrer sur ce qu’ils connaissent. Ce que j’entends de la part de ces derniers, c’est que le macroenvironnement, c’est complexe et qu’ils n’ont pas de contrôle sur ce qui s’y passe. Néanmoins, la réplique que je sers à l’encontre de cet argument, c’est que ce n’est pas parce que je ne contrôle pas la météo que je ne peux pas m’y préparer en conséquence! Évidemment, il y a aussi une question de ressources (personnel, temps, argent) pour analyser les tendances de l’environnement, et la grande entreprise peut évidemment consacrer davantage d’efforts à cet exercice. Mais dans le cas des PME, c’est plus difficile, et c’est dommage parce que ce sont les petites et les moyennes entreprises qui sont le plus affectées par les aléas de l’environnement d’affaires, étant moins diversifiées et plus exposées aux différents risques. C’est un élément sur lequel je mets beaucoup d’accent lors des formations que je donne à l’École des dirigeants : oui, l’analyse du macroenvironnement exige du temps et des ressources de la part de l’organisation, mais c’est quelque chose qui doit être fait si on veut éviter les échecs.

École des dirigeants : En terminant, si vous aviez quelques bons conseils à donner aux dirigeants d’entreprises et d’organisations, et particulièrement à ceux qui sont à la tête d’une PME, afin d’être mieux en phase avec les réalités de l’environnement d’affaires, que pourriez-vous leur suggérer?

Nicolas Vincent : La première chose que je recommanderais à ces dirigeants, c’est d’identifier les zones de vulnérabilité de leur organisation par rapport à l’environnement externe. Par exemple, la valeur du dollar américain peut générer d’importantes conséquences pour les activités d’une PME, si cette dernière exporte aux États-Unis. Il faut en être conscient. Par ailleurs, l’analyse de l’environnement général doit devenir un réflexe pour les décideurs et pour l’organisation : il faut lire et s’informer sur l’état des affaires. Une manière d’y arriver serait, par exemple, de discuter avec le personnel de son réseau de vente ou de distribution au sein des marchés avec lesquels elle fait affaire. D’autre part, il existe une foule de données et d’analyses gratuites, aisément accessibles, notamment réalisées par les institutions financières, les gouvernements, et qui sont de grande qualité. Il faut exploiter cela!

En somme, indique le professeur Nicolas Vincent, nul ne peut faire l’économie de négliger ce qui se passe dans l’environnement général d’affaires. Car, ajoute-t-il, identifier les risques dans l’environnement d’affaires, c’est aussi identifier des opportunités actuelles ou futures! À vous d’y voir!

 

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