Lorne Lieberman, témoin et acteur de la renaissance du District Central

Publié le 04/10/2019 à 00:01

Parler du District Central avec Lorne Lieberman, c’est forcément aborder l’histoire de sa famille, intimement liée à ce quartier en pleine renaissance où le textile a longtemps imposé son rythme. Pour ce propriétaire immobilier ayant le sens des affaires, l’heure est venue de réinventer les espaces de travail pour attirer - et retenir - une nouvelle clientèle d’entrepreneurs.

La famille, c’est sacré. Demandez donc à Lorne Lieberman. La sienne est partie de rien, après avoir connu l’enfer de la Seconde Guerre mondiale et survécu à l’Holocauste. Elle a quitté sa Pologne natale pour refaire sa vie au Canada au début des années 50, posé ses valises à Montréal et bâti sa notoriété dans le textile. Son « il était une fois » a débuté au 3451 boulevard Saint-Laurent. Les prémices du Groupe Lamour, qui trouvera le succès dans le monde du vêtement, en concevant notamment des chaussettes et des produits destinés aux sportifs. L’adresse est gravée dans le cœur et la mémoire de ce dirigeant aussi affable que courtois, toujours ravi de conter cet épisode fondateur pour les Lieberman. « C’est à cet endroit que mon grand-père et ses enfants ont ouvert leur première usine de vêtements. C’est aussi le premier bâtiment commercial qu’il a acheté après son arrivée au Canada.» L’histoire se poursuivra avec son père Aron, qui fera progresser les affaires familiales en investissant dans l’immobilier, dans le District Central, à une époque où les manufactures tournaient à plein régime, pourvoyant jusqu’à des dizaines de milliers d’emplois à l’apogée de l’industrie du textile dans les années 80. C’était avant l’ouverture des quotas en Asie, synonyme de déclin pour les usines nord-américaines.

L’avenir avec optimisme

Aujourd’hui, une autre page est en train de s’écrire pour le District Central et le Groupe Lamour, dont les destins semblent liés, tant ils ont connu chacun des fortunes diverses. La famille Lieberman a fini par reprendre le flambeau de celui qu’ils considèrent comme un « mentor et une inspiration », dont ils perpétuent aujourd’hui les valeurs, à commencer par le respect, non seulement des engagements, mais aussi de leurs différents interlocuteurs (clients, fournisseurs, locataires, employés), qu’ils considèrent un peu comme des membres de leur famille. Parmi les leçons inculquées par le père de Lorne, décédé en 2012, il cite notamment celle-ci: « On peut toujours améliorer une situation à condition d’y mettre les efforts nécessaires et ne pas répéter les erreurs du passé.» Elle est toujours d’actualité, alors que le District Central a entamé sa mutation vers le monde des affaires. Le dirigeant, éternel optimiste, a bien l’intention d’y apporter sa contribution en réinventant l’espace de ses propriétés immobilières, gérées sous la bannière de l’entreprise AEDN. Sans se précipiter pour autant, lui qui ne tient jamais rien pour acquis d’avance.

La vitrine du 55

Pour s’imaginer la nouvelle vision de Lorne Lieberman et sa famille, il faut se rendre au 55 rue Louvain, qui abrite le siège social du Groupe Lamour. Un bâtiment dont l’austérité de la façade jure avec l’intérieur, moderne et confortable, entièrement repensé pour accueillir dans les meilleures conditions différents types d’entreprises. On trouve notamment, parmi les aménagements, une salle de conditionnement physique, un espace de coworking, un atelier numérique communautaire et une terrasse aménagée sur le toit avec vue à 360 degrés. « C’est le début d’un nouveau type de business, une autre porte qui s’ouvre pour le District Central », s’enthousiasme le propriétaire immobilier, qui rêve d’un futur où l’ancien quartier de la guenille (son surnom dans les années 60) s’imposera comme une destination naturelle pour les acteurs économiques de demain. Le Groupe Lamour souhaite acquérir d’autres propriétés dans le secteur avec pour but de les moderniser et ainsi participer à cette volonté de rendre le District Central plus attractif. «Nous voulons offrir des milieux de vie incroyables à des prix abordables. » affirme Lorne Lieberman, ravi et fier de voir évoluer un quartier qui a tant compté pour sa famille.

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