Comment adopter ses pratiques RH à un environnement en changement perpétuel

Publié le 29/05/2017 à 00:01

Le secteur manufacturier entre dans sa 4e révolution, qui sera caractérisée par l’adoption massive de technologies complexes… qui évoluent vite ! Pour opérer cette transition, il faudra au sein des usines de demain une main-d’œuvre spécialisée, compétente… et exigeante !

Comment l’entreprise manufacturière peut-elle adapter ses pratiques RH pour retenir ses talents ?

« Nous devons nous remettre en cause, mais pourquoi ne pas changer tant que cela est profitable pour l’entreprise ? Soyons créatifs et fous ! », lance d’emblée Émilie Gras, directrice des ressources humaines chez YourBarFactory, un manufacturier montréalais de barres céréalières. « Les membres de la nouvelle génération ne veulent pas travailler comme leurs parents ont travaillé », poursuit-elle. C’est vrai : la main-d’œuvre 4.0 souhaite davantage pouvoir allier travail et vie personnelle ; elle exige de la flexibilité.

C’est d’ailleurs le maître mot qui est revenu plus d’une fois lors d’un atelier organisé dans le cadre du forum sur le manufacturier innovant, le 7 avril dernier, et auquel ont participé plus d’une cinquantaine d’acteurs du secteur manufacturier québécois. Les pistes de solutions ont été claires : le télétravail et des horaires modulables sont à privilégier. Aujourd’hui, la conciliation travail-famille n’est plus une option.

Stimuler l’esprit d’équipe
Par ailleurs, plus que des employés, les membres de l’entreprise souhaitent désormais être considérés comme de véritables collaborateurs. Ce n’est pas qu’une question de sémantique. « La nouvelle génération a encore plus envie que les précédentes de savoir ce qui va se passer, de participer… ils veulent être des acteurs de la réussite de l’entreprise », explique Mme Gras. C’est donc pour les impliquer davantage que le partage de la vision et de la stratégie de l’entreprise est à considérer. « On dit souvent que les gens sont réfractaires au changement, mais ce n’est pas vrai ; c’est seulement lorsqu’on ne le comprend pas que l’on n’en voit pas la nécessité », note la directrice RH.

Les participants à l’atelier du 7 avril dernier ont aussi relevé un besoin de reconnaissance et une volonté d’initiative. Pour y arriver, les entreprises du secteur manufacturier auraient tout intérêt à bousculer un peu leur structure hiérarchique. « Plus il y aura une hiérarchie aplatie, plus il y aura de synergies », défend Mme Gras. Cette hiérarchie moins linéaire permettra aux membres d’une équipe de prendre leur place et favorisera un climat propice aux initiatives intrapreneuriales. En deux mots, ce n’est pas toujours le patron qui doit trouver la solution !

Pour Mme Gras, la jeune génération aime les changements et l’objectif n’est plus la longue carrière dans la même entreprise. Afin d’éviter que les talents quittent le navire, il faut bien les connaître et proposer des formations ou des cheminements de carrière plus flexibles. « Parmi les idées lancées à l’atelier, il y avait celle que plusieurs entreprises partageant des défis communs s’associent pour offrir des formations de qualité, et à moindre coût », indique Émilie Gras.

Ne pas avoir peur d’innover
De son côté, la gestion des ressources humaines se doit aussi de gagner en « agilité » : oser essayer et se tromper ne doit pas faire peur. « Si on ne se donne pas le droit à l’erreur, on va rester dans ce que l’on sait faire et ne jamais avancer », commente la directrice RH. Du même souffle, elle insiste sur l’importance de « briser le moule ». Elle est, par exemple, pour le skateboard dans les bureaux – comme l’a proposé un participant lors de l’atelier – tant que cela respecte l’identité de l’entreprise. Elle estime en outre que les entreprises du secteur qui ont et auront le moins de problèmes de rétention sont celles dont « l’environnement de travail est le plus le fun ». C’est dit.

« Mais le plus important, résume Mme Gras, c’est d’être à l’écoute, d’impliquer son équipe et de la faire participer à la réussite. » Elle pense par ailleurs que la nouvelle génération apporte un vent de fraîcheur à un secteur qui a souvent été décrit comme (plutôt) conventionnel. « Cette nouvelle génération nous fera sortir de notre zone de confort. Mais si l’objectif est atteint, le moyen de l’atteindre importe peu… », estime-t-elle.

 

 

À la une

Comment croître grâce à la dette?

Édition du 23 Septembre 2020 | Catherine Charron

BALADO. Toutes les dettes ne sont pas néfastes pour votre entreprise. Voici comment séparer le bon grain du mauvais:

Comment peut-on amadouer le crédit?

Édition du 23 Septembre 2020 | Catherine Charron

BALADO. La crise de la COVID-19 crée un stress financier important sur les entreprises.

Le plan d'affaires est-il essentiel au démarrage d'une entreprise?

Édition du 23 Septembre 2020 | Catherine Charron

BALADO. On ne «construit pas les pyramides sans avoir déjà construit un château de sable».