Secteur manufacturier : Exporter malgré le climat géopolitique

Publié le 08/03/2019 à 13:02

Étant donné l’instabilité géopolitique entre le Canada, les États-Unis et la Russie, est-il maintenant plus difficile d’exporter pour les entreprises manufacturières d’ici ? Dominic Vézina, de STAS inc., une entreprise spécialisée dans les équipements destinés à l’industrie de l’aluminium, et deux experts de la Banque Nationale font le point.

STAS inc., dont le siège social est situé à Chicoutimi, est une PME familiale spécialisée dans le développement, la fabrication et la commercialisation d’équipements destinés à l’industrie mondiale de l’aluminium. L’entreprise construit de la machinerie sur mesure, adaptée à chaque client, en fonction de leurs besoins. Elle exporte dans une quarantaine de pays, bien épaulée par ses 160 employés. Aujourd’hui, STAS inc. réalise 90 % de son chiffre d’affaires à l’extérieur du Canada.

Alors que les relations canadiennes et américaines avec la Russie sont tendues, STAS inc. a dû temporairement mettre quelques contrats sur la glace dans cette région du globe. « Les sanctions imposées à la Russie sont cependant levées depuis quelques semaines et les projets ont repris », nuance M. Vézina. L’entreprise réalise entre 10 % et 15 % de son chiffre d’affaires annuel en Russie.

« Le risque géopolitique demeure l’un des nombreux facteurs à considérer lorsqu’on devient exportateur. Nous devons aussi jongler avec des normes de sécurité, mécaniques et électriques différentes d’un pays à l’autre », rappelle M. Vézina.

La volatilité du prix de la matière première et des ressources énergétiques
STAS inc. fournit de la machinerie indispensable — de l’équipement pour retirer les impuretés de l’aluminium en fusion, à titre d’exemple — aux producteurs d’aluminium. Ces derniers sont cependant à la merci de l’offre et la demande pour cette matière première. Les fluctuations du prix de celle-ci peuvent donc aussi avoir un effet sur les résultats financiers de l’entreprise québécoise.

Au même titre que le prix d’une matière première, celui des ressources énergétiques peut également varier fortement. Si vous devez expédier de la marchandise volumineuse par camion, à titre d’exemple, des coûts importants sont peut-être à prévoir en diesel. Même chose pour le bateau qui quitte en direction du Japon.

Trouver des solutions
Comment les exportateurs peuvent-ils se protéger de la volatilité du prix de la matière première et des fluctuations de prix des ressources énergétiques ? « Nous offrons aux entrepreneurs un éventail de produits financiers pour mitiger les risques de fluctuations », souligne Normand D’Arcy, directeur principal, Services internationaux à la Banque Nationale.

L’instrument financier généralement proposé est un produit dérivé nommé « swap », un contrat d’échange financier, en quelque sorte. « Le swap sur les matières premières ou sur les produits énergétiques vous permet de fixer votre coût d’approvisionnement en tout temps par la réalisation d’une série de transactions récurrentes », explique Benoit Marcoux, directeur, Produits dérivés à la Banque Nationale.

Le swap limite aussi l’augmentation des prix de vos produits au moment d’une hausse substantielle du coût de la matière première ou de la ressource énergétique. « Impliquez-nous le plus tôt possible dans votre processus d’exportation », recommande M. D’Arcy.

C’est ici que la notion de « partenaires » prend toute son importance. La Banque Nationale souhaite être le guichet unique pour l’entrepreneur qui possède une vision mondiale de sa PME. « Déployez tous vos efforts dans votre plan de croissance et appuyez-vous sur votre conseiller pour mitiger les différents risques liés à votre aventure sur les marchés internationaux », conclut M. D’Arcy.



Les dossiers partenaires c'est quoi ?

Les dossiers partenaires sont mis à la disposition d'annonceurs désirant publier des contenus destinés à la communauté d’affaires. Les sujets de ces contenus et leur traitement demeurent à l’entière discrétion des annonceurs. Les journalistes de Les Affaires ne sont pas impliqués dans la rédaction de ces contenus.

À la une

Le dangereux déclin des classes moyennes

19/04/2019 | François Normand

ANALYSE - Depuis 40 ans, la classe moyenne a reculé dans les 36 pays de l'OCDE. Voici les causes et les solutions.

Le parti communiste perdra-t-il le monopole du pouvoir en Chine?

19/04/2019 | François Normand

BALADO - Quatre scénarios sont possibles pour l'avenir de la Chine, selon un récent livre. Lequel est le plus probable?

Déjà-vu: Metro a tout pour plaire, sauf son évaluation

BLOGUE. Metro performe bien, mais son évaluation est plus élevée qu'avant place la barre encore plus haute.