Secteur alimentaire et agroalimentaire : quand exporter porte ses fruits

Publié le 08/03/2019 à 13:03

Les exportations à l’étranger entraînent parfois quelques péripéties. Le risque est-il plus grand lorsqu’il s’agit de produits alimentaires ou agroalimentaires ? Jean-Pierre Senneville, président du groupe Bleuets sauvages du Québec, et Normand D’Arcy, directeur principal, Services internationaux à la Banque Nationale, font le tour de la question.

Bien que l’entreprise Bleuets sauvages du Québec exporte depuis plus de 45 ans (aujourd’hui dans 35 pays), « elle n’est pas à l’abri des pépins qui peuvent survenir à tout moment », affirme son président, Jean-Pierre Senneville. Dame Nature s’est déchaînée en mer, récemment. Un conteneur appartenant à l’entreprise a été endommagé durant le transport vers le Japon. Une nouvelle cargaison de bleuets a alors été redirigée vers la destination prévue, pendant que l’assurance de transport maritime se chargeait de couvrir la perte financière causée par cette mésaventure.

Contrairement à la croyance populaire, exporter n’est pas si complexe en soi. Même lorsqu’il s’agit de produits alimentaires. « Ce n’est pas plus difficile qu’expédier au Canada. Bien souvent, c’est pendant le transit — lorsque les marchandises se retrouvent sur l’eau pour une période de deux ou trois semaines — que des incidents peuvent survenir », souligne-t-il. C’est pourquoi une assurance de transport maritime, mentionnée précédemment, est indispensable. « C’est un peu l’équivalent de votre assurance habitation : vous ne souhaitez pas en avoir besoin, mais vous assumez néanmoins le coût de la prime. »

Connaître les besoins du client
C’est une demande plus forte qu’anticipée pour la myrtille sauvage canadienne qui a incité le père de M. Senneville, dans les années 1970, à exporter ses fruits sur le marché européen. « Notre bleuet sauvage, moins cher et doté d’une nouvelle saveur, a fait sa place sur ce marché au fil du temps. »

Aujourd’hui, le grossiste compte plus de 600 employés et distribue près de 70 millions de livres de bleuets sauvages par année. Pour s’assurer du succès de sa croissance à l’international, l’entrepreneur doit compter sur des partenaires en sol étranger. « De notre côté, pour couvrir l’Europe, un agent est basé à Zurich et un autre à Hambourg, en Allemagne. Nous avons aussi un représentant au Japon et nous faisons des affaires avec quelques maisons de courtage aux États-Unis. »

Ces représentants s’occupent de la promotion des produits et visitent les installations des clients. « Même si un intermédiaire se dresse entre vous et votre client, il est impératif de bien connaître l’utilisateur final de votre produit. Un fabricant de jus peut se contenter d’un bleuet de grade C, alors qu’un fabricant de muffins souhaitera obtenir de beaux petits fruits bien fermes pour pouvoir compter plus de pièces par unité. »

S’informer et être rigoureux
L’entrepreneur qui souhaite exporter doit faire preuve d’une grande minutie et de beaucoup de rigueur. « Tout ce qui se mange est évidemment étroitement surveillé par les autorités compétentes en la matière », résume M. Senneville. Visite d’inspecteurs en usine, audit externe et paperasse sont quelques-unes des obligations auxquelles vous devrez vous plier. « Qu’il s’agisse d’une norme de qualité, d’une loi en vigueur ou d’une obligation en matière de douanes ou de sécurité, faites bien vos devoirs au préalable. »

Les risques du non-paiement
Vous hésitez à faire le saut dans l’aventure de peur qu’un client en pays étranger se défile à la réception de votre facture ? « Il s’agit effectivement de l’une des barrières psychologiques que l’on remarque souvent en matière d’exportation », souligne Normand D’Arcy, directeur principal, Services internationaux à la Banque Nationale. Sachez cependant que les risques liés au non-paiement peuvent être gérés aisément.

« La Banque Nationale offre plusieurs outils et services financiers destinés aux entrepreneurs qui souhaitent exporter. Notre expertise permet notamment de garantir les comptes clients, de s’assurer que vous recevez votre argent rapidement et de faire la collecte des comptes clients », ajoute M. D’Arcy.

Les risques de non-paiement ne doivent pas vous empêcher de donner suite à vos ambitions internationales. Le rôle de votre partenaire financier est aussi de vous accompagner sur le chemin de l’exportation. « Demeurez actif dans le développement de vos activités et nous ferons en sorte que vous récolterez votre dû. Collection documentaire ou lettre de garantie, nous évaluerons aussi vos besoins pour mitiger les risques. »

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