Patrick Pichette, ou donner au suivant!

Publié le 25/05/2018 à 13:53

Par CDL-Montréal

S’il est une personne qui connaît bien le domaine de l’intelligence artificielle et, surtout, les moyens de faire croître les entreprises au cœur de ce secteur en émergence, Patrick Pichette est cette personne. L’ancien directeur financier de Google (2008-2015), tout juste sorti de sa retraite, a en effet repris du service chez iNovia Capital, un fonds d’investissement en capital de risque, en sa qualité d’associé directeur. L’attrait de Patrick Pichette pour les technologies numériques de pointe et pour les entreprises qui animent ce secteur en bouillonnement ne se dément pas. C’est pourquoi il s’est joint à l’antenne montréalaise du Creative Destruction Lab (CDL), à titre de fellow. Nous l’avons interrogé à ce sujet.

Montréal se positionne à l’heure actuelle comme l’un des pôles mondiaux de l’intelligence artificielle et des mégadonnées, sans parler des effets visuels et du jeu vidéo. Faites-vous le même constat?

Patrick Pichette : Il y a beaucoup d’effervescence à l’heure actuelle. Ce que Montréal et Toronto récoltent aujourd’hui, ce sont les fruits des investissements récurrents qui ont été réalisés au cours des 25 dernières années dans ces domaines. Et avec l’avènement du big data, du cloud , et de l’augmentation accélérée de la puissance de calcul des ordinateurs, Montréal est prête! Cette effervescence, c’est le fait d’instituts de recherche comme IVADO (Institut de valorisation des données) ou MILA (Institut des algorithmes d’apprentissage de Montréal), mais c’est aussi le fait des grandes entreprises comme Google, Facebook ou Microsoft, qui viennent créer des emplois ici. Lorsqu’on voit des grandes sociétés se pointer dans sa cour, c’est bon signe! C’est le signal clair qu’il y a un actif qui est valorisé à leurs yeux. Ça ne fait que renforcer le fait que Montréal est aujourd’hui devenu un pôle technologique mondial. Montréal n’est pas tout seul, mais on est dans le peloton de tête.

Pour votre part, quelle fut votre motivation à vous joindre au CDL?

PP : Mon implication est multiple dans le domaine, puisque j’y suis également engagé, par l’entremise d’iNovia Capital. Lorsque j’ai constaté tout le progrès qui est fait à Montréal dans le domaine de l’intelligence artificielle, j’étais curieux de voir à quel point les entrepreneurs québécois et canadiens suivaient dans cette nouvelle voie. Une manière très facile pour moi de le faire était de devenir l’un des fellows du CDL. En me joignant au CDL je peux constater par moi-même ce qui se passe concrètement dans le domaine. Je tenais aussi à contribuer à l’essor du domaine en ma qualité de coach et de mentor auprès des entrepreneurs québécois, afin qu’ils connaissent le succès.

Plus précisément, comment entrevoyez-vous votre rôle au CDL?

PP : Pour ma part, je me concentre sur l’accompagnement des entrepreneurs. Tout comme mes autres collègues fellows au CDL, nous avons beaucoup d’expérience dans ce domaine d’affaires, et on en a vu d’autres! On peut donc prendre le temps de rencontrer les entrepreneurs et de les écouter, et surtout de donner du feedback. Il y a des questions que ces entrepreneurs se posent, auxquelles on a déjà répondu 50, ou 100 fois tout au long de notre carrière. En quelques heures, ou même en quelques minutes, on peut avoir un effet positif sur la direction d’une entreprise ou sur l’évolution d’une idée. Pour moi, c’est une façon super efficace de donner aussi un bon coup de pouce à l’écosystème entrepreneurial montréalais.

Quelle place et quelle importance occupe le CDL dans cet écosystème?

PP : Le CDL est l’un des morceaux du casse-tête, mais c’est un morceau très important! Avoir un forum comme le CDL pour accompagner et soutenir la réalisation d’idées et de projets d’entreprise et pour faciliter l’accès au financement et investissements, c’est crucial. Mais il y a aussi les autres morceaux du casse-tête qu’on ne doit pas oublier : la recherche fondamentale dans les universités, l’accès aux chercheurs, les programmes de démarrage d’entreprise, l’appui des gouvernements fédéral et provincial. Il faut garder à l’esprit qu’il n’y a pas qu’un seul élément qui rende un écosystème dynamique.

Dans le contexte que nous venons de décrire, où voyez-vous Montréal dans dix ans?

Plutôt que de se demander où sera la ville dans dix ans, je préfère dire que les cinq prochaines années seront cruciales. Ce qui fait la beauté et la force de Montréal, c’est que la métropole a tous les ingrédients pour réussir. L’objectif, c’est surtout de s’assurer que le dynamisme de l’écosystème entrepreneurial et technologique montréalais continue de croître, car c’est un domaine qui évolue très vite!

 

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