Solutions aux enjeux d’approvisionnement à l’international

Publié le 10/12/2021 à 00:01

Retards dans la chaîne d’approvisionnement, défaut de réactivité, ruptures des stocks, clientèle mécontente… Ce fut le lot dans la dernière année de nombreuses entreprises québécoises qui font fabriquer leurs produits, s’approvisionnent ou vendent à l’étranger. Malgré ce défi, le contexte actuel constitue un moment idéal pour réfléchir et innover et apporte de nouvelles occasions d’affaires aux PME.

La pandémie a montré la fragilité des chaînes logistiques à l’échelle de la planète. Comment contourner cet écueil ? En diversifiant ses sources et ses approches à l’international.

« C’est le moment idéal pour prendre un pas de recul et évaluer comment se défaire de notre dépendance envers certaines sources d’approvisionnement, notamment la Chine, pour diminuer notre vulnérabilité, lance d’emblée Benoit Marcoux, conseiller expert aux Services internationaux chez Desjardins. Il faut commencer à magasiner à plus d’un endroit ! »

Trois pistes à explorer pour les entreprises du Québec

Benoît Marcoux suggère trois nouvelles approches. D’abord, s’approvisionner là où les coûts et la disponibilité des conteneurs sont demeurés à peu près stables, comme en Europe et en Amérique du Sud. Ces lignes commerciales sont moins affectées par les hausses des prix qui grèvent la route asiatique.

Par comparaison, la facture pour un conteneur provenant de Chine a augmenté de plus de 1000 % depuis la dernière année*. « Si la marchandise dans le conteneur vaut 4 M$, les 20 000 $ de plus sont faciles à absorber. Mais si la valeur n’est que de 100 000 $, la facture du conteneur devient très ou trop salée pour l’entreprise », précise Benoît Marcoux.

Vient ensuite l’idée de s’approvisionner et de faire fabriquer localement, ou à tout le moins à proximité. À cet égard, le Québec, le Canada et les États-Unis représentent un vaste bassin de possibilités généralement exempt du problème de prix et de disponibilité de conteneurs. « Ce sera possiblement plus cher qu’en Chine, mais plus prévisible et sûr pour la chaîne d’approvisionnement », tient à spécifier le spécialiste des services internationaux.

« Il faut réfléchir davantage en termes de sécurité d’approvisionnement plutôt que seulement en fonction des prix », ajoute-t-il, en précisant que de nombreuses entreprises piégées par cette rupture d’approvisionnement préféreraient sans doute produire à coût plus élevé que de ne pas produire du tout!

Autre avenue intéressante : installer une filiale de fabrication là où sont les sources d’approvisionnement et la clientèle, que ce soit en Asie, aux États-Unis ou au Mexique, par exemple. Cela réduit évidemment les délais d’approvisionnement, mais contribue également à aller chercher des parts de marché. « Les entreprises qui réussissent à contourner le problème d’approvisionnement, en diversifiant leurs sources d’intrants et leurs marchés de ventes, ont un avantage concurrentiel indéniable sur leurs compétiteurs », fait valoir Benoit Marcoux.

Surtout, ne pas freiner ses ardeurs

Les entreprises qui se lancent à l’international pourraient diversifier leur approvisionnement, en ayant par exemple trois ou quatre fournisseurs répartis en Asie et sur le continent nord-américain pour un même intrant. Ainsi, si l’une de ces sources flanche, peu importe la raison, la production ne sera pas entièrement compromise.

Pour trouver de nouveaux partenaires d’affaires, les entreprises québécoises peuvent obtenir conseils et accompagnement auprès d’organismes et de programmes d’aide à l’exportation. Chez Desjardins, par exemple, le programme Passeport Affaires leur offre de l’appui dans leurs recherches, quels que soient les pays ou les continents ciblés. Les marchés sont actuellement en mouvance, en redéfinition. Il y a de belles occasions de gagner du terrain en commerce international, selon Benoit Marcoux.

Une réflexion s’impose aussi à l’égard du niveau des stocks, selon lui. « La tendance qui prévalait avant la pandémie était de les maintenir au minimum; cette approche mériterait d’être réévaluée, dit-il, dans un environnement où l’approvisionnement est incertain. »

Chose certaine, avance-t-il, il faut penser à adapter le modèle de spécialisation hérité de la mondialisation, pour adopter une vision se composant de chaînes moins longues, plus sûres et offrant une diversité de sources d’approvisionnement. Cette façon de faire pourrait également contribuer à diminuer l’empreinte écologique de l’entreprise en optimisant le transport de ses marchandises. Un autre élément à considérer!

* Bloomberg, Desjardins, Marchés des capitaux et Desjardins, Études économiques

 

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