Incubateur d’innovation : le Parc Innovation-ACELP

Publié le 21/01/2021 à 00:30

Bien faire la jonction entre la recherche universitaire et le développement de nouveaux produits par l’entreprise : c’est la clé pour réussir le transfert technologique. Mais l’exercice est délicat, car universitaires et industriels ont, a priori, des objectifs très différents.

« À l’université, on doit diffuser le savoir en enseignant et en publiant alors que, dans l’entreprise, on doit au contraire développer des produits distinctifs protégés par des secrets industriels, résume Vincent Aimez, vice-recteur à la valorisation et aux partenariats à l’Université de Sherbrooke. C’est pour créer un milieu adapté à ces deux réalités et permettre aux entreprises comme aux chercheurs de se développer avec succès que nous avons créé le Parc Innovation-ACELP afin d’y encourager la recherche collaborative. »

Le nom du parc renvoie au succès phénoménal de la technologie de compression de la voix ACELP, conçue à l’Université et développée par Voice Age, utilisée aujourd’hui dans 95 % des téléphones intelligents de la planète.

Sur 500 000 mètres carrés, le parc accueille des centres de recherche appliquée dans lesquels des chercheurs venus de l’université travaillent main dans la main avec des professionnels de l’industrie pour créer des produits qui répondent aux besoins du marché.

Le CTA, première preuve de concept d’une collaboration fructueuse

Le Centre de technologies avancées BRP-Université de Sherbrooke (CTA) a été le premier de ces centres. Dans un bâtiment ultramoderne, un OBNL réunit des professeurs et des étudiants, des ingénieurs de BRP et des professionnels de recherche qui mettent au point des véhicules spécialisés et des technologies connexes en électrification allègement des structures, gestion du bruit, mécatronique, connectivité et réalité virtuelle.

BRP est loin d’être la seule à en profiter. N’importe quelle entreprise peut y obtenir des services à la carte liés à la R&D. Pour leur part, les étudiants y travaillent sur des projets concrets qui leur donnent une excellente connaissance des réalités de la production et du marché. Ainsi, l’automne dernier, BRP a dévoilé six véhicules concept électriques — dont une moto, un scooter, deux véhicules urbains à trois roues et une motomarine — partiellement développés au CTA.

En un peu plus de dix ans, le CTA a géré des projets de recherche représentant plus de 50 millions de dollars en investissement, il a développé une vingtaine de brevets et formé plus de 60 étudiants.

Le 3IT fait converger les savoirs au service de l’innovation


L’Institut interdisciplinaire d’innovation technologique (3IT) est un centre d’une autre nature, qui montre la diversité des compétences et des ressources présentes au Parc Innovation-ACELP. Au 3IT, des chercheurs développent des technologies qui auront un impact sur notre société, telles que les nanotechnologies, la robotique, ou l’instrumentation et l’imagerie biomédicale. Dans un environnement ouvert, des partenaires y ont accès à une infrastructure de recherche partagée sous forme de plateformes dotées d’équipements de pointe.

Les chercheurs y viennent de toutes les facultés, y compris la Faculté des lettres et sciences humaines.

Que peuvent bien apporter des politologues, des pédagogues, des sociologues ou des éthiciens à des projets à vocation industrielle ? « Une perspective globale sur des technologies qui peuvent avoir un impact important sur nos modes de vie et de pensée, explique Vincent Aimez. Cela permet d’appréhender, en amont, toutes les dimensions d’une innovation, pour anticiper les enjeux politiques, éthiques ou sociaux qu’elle pourrait rencontrer. »

Le CME, pour passer du laboratoire à l’usine

Les recherches menées au Centre de mise à l’échelle (CME) auront également un impact sociétal important. Au CME, plusieurs travaux de recherche se consacrent à la biomasse — plus particulièrement à l’exploitation des déchets et des rejets pour la production de biocarburants, dans l’optique de répondre à la demande de carburants propres.

« Les installations du CME permettent de traiter des échantillons à taille réelle, plusieurs mètres cubes, réduisant ainsi les risques associés à l’industrialisation des procédés pour nos partenaires », illustre Vincent Aimez.

Partout, des synergies avec l’industrie


Par exemple, au sein du CME, le Laboratoire des Technologies de la Biomasse où sont développés les carburants verts avec un grand nombre de partenaires industriels, « on développe des synergies très attrayantes en jumelant les opportunités associées au parc solaire du 3IT pour la production d’électricité propre à la production de bio-carburants et de « e-fuels ». Ces bio-carburants représentent un très grand potentiel de développement pour le stockage chimique de l’énergie renouvelable et la réduction des GES associés au transport » , explique Vincent Aimez.

Le Parc Innovation-ACELP permet également une proximité physique entre des chercheurs et des industriels, notamment en favorisant les croisements entre industriels établis et les entrepreneurs évoluant au sein du parc. Ils y apprennent à comprendre et à respecter leurs objectifs respectifs, et montent ensemble des projets de recherche qui bénéficient à la fois :
• de ressources humaines hautement spécialisées en recherche — provenant de l’Université, mais aussi du personnel des centres de recherche;
• d’infrastructures d’envergure qu’ils peuvent partager;
• de généreuses subventions accordées aux projets de recherche collaboratifs; et
• d’un environnement de collaboration ouvert, où des entreprises établies côtoient les start-up de l’Accélérateur de création d’entreprises technologiques (ACET), des universitaires et d’autres partenaires de recherche, dans des partenariats flexibles qui permettent aux entreprises de développer une propriété intellectuelle.

Découvrez comment tirer profit des installations du Parc Innovation-ACELP
https://www.usherbrooke.ca/promo/partenariats/parcs-industriels-et-technologiques/

 

À la une

En route pour l'environnement

Édition du 13 Octobre 2021 | Nicolas St-Germain

MILLE MOTS. Parmi les Canadiens sur le point d’acheter une voiture, 35 % d’entre eux envisagent de se procurer...

Prochain redécoupage: le Canada aura 342 circonscriptions, le Québec perd un siège

Le nombre de sièges est recalculé tous les dix ans après un recensement.

Goldman Sachs voit son bénéfice bondir mais reste attentif aux risques pesant sur l'économie

14:00 | AFP

Il a été tiré par les revenus générés par la division de banque d’investissement, qui se sont envolés de 88%.