Géorgie: l'impact sur les entreprises canadiennes

Publié le 05/01/2021 à 11:16

Géorgie: l'impact sur les entreprises canadiennes

Publié le 05/01/2021 à 11:16

Par François Normand

Le candidat démocrate au Sénat, Raphael Warnock, descendant de son autocar de campagne le 4 janvier 2021 à Riverdale, en Géorgie. (Photo: Getty Images)

Les entreprises canadiennes sauront assez tôt si elles profiteront pleinement des programmes d’investissement de la prochaine administration Biden, et si elles pâtiront aussi de nouvelles contraintes pour favoriser la création d’emplois locaux. Un résultat très serré lors des élections sénatoriales en Géorgie ce mardi pourrait toutefois obscurcir le portrait.

Cette double élection sénatoriale — le Sénat américain compte 100 membres, deux par État, dont le tiers d’entre eux sont élus chaque deux ans pour un mandat de six ans — est cruciale pour le prochain président démocrate, qui prendra le pouvoir officiellement à compter du 20 janvier à midi.

Elle vise à pouvoir les deux sièges de la Géorgie au Sénat — actuellement détenus par les républicains Kelly Loeffler et David Perdue, qui tentent donc de se faire réélire — et déterminera si Joe Biden aura ou non les coudées franches pour gouverner librement au cours deux prochaines années.

Car, si les démocrates remportent ces deux sièges, il y aura donc une égalité au Sénat, avec 50 sièges pour chacun des deux partis (en fait, les démocrates auraient 48 sièges, ainsi que deux sénateurs indépendants qui votent toujours avec les démocrates). Le Sénat pencherait alors techniquement du côté de l'administration Biden puisque la Maison-Blanche est aux mains des démocrates — tout comme du reste la Chambre des représentants.

 

Des investissements verts de 2 000 G$US

Dans ce scénario, la nouvelle administration Biden pourrait alors déployer son programme économique sans entrave politique, incluant des mesures contraignantes pour les entreprises canadiennes qui brassent des affaires aux États-Unis.

Au chapitre des occasions, l’administration Biden a par exemple l’ambitieux plan d’investir 2 000 milliards de dollars américains (2 548 G$ CA) dans un premier mandat afin de lutter contre les changements climatiques.

Pour mettre les choses en perspective, cette somme représente environ 87% du PIB canadien.

 

Un travailleur fixant des panneaux solaires (source: 123 RF)

Au chapitre des contraintes, la future administration démocrate à deux mesures phares dans ses cartons : des restrictions à la délocalisation et le renforcement du Buy American — qui favorise les achats de biens du gouvernement fédéral destinés à l’usage public (articles, matériaux ou fournitures) dont la valeur est supérieure au seuil des micro-achats.

Pour ce qui est de la délocalisation, Joe Biden veut entre autres punir sur une base fiscale (à l’aide d’une taxe) les entreprises qui délocalisent une partie de leur production de biens ou de services à l’étranger afin de les vendre par la suite aux États-Unis.

Cette mesure s’applique aux sociétés étrangères établies au sud de la frontière.

 

Des dépenses de 700 G$US pour le Buy American

Quant au Buy American, Joe Biden propose de nouvelles utilisations du pouvoir de réglementer et de dépenser de Washington évaluées à 700 milliards de dollars américains (923 G$CA), et ce, pour renforcer la santé économique des entreprises manufacturières et des fabricants de technologies américaines.

Par contre, si les républicains gagnent l’un des sièges, voire les deux, ils continueront de contrôler le Sénat, de sorte que la Maison-Blanche pourra difficilement déployer les mesures favorables et défavorables pour les entreprises canadiennes, à moins d’en atténuer la nature ou la portée.

Actuellement, les deux courses sont relativement serrées, selon le site FiveThirthyEight, une référence aux États-Unis pour l'analyse des sondages et des prévisions.

Selon les derniers sondages en date de ce mardi 5 janvier, les deux sénateurs sortants traînent de la patte par rapport à leurs opposants démocrates.

Ainsi, le démocrate Jon Ossoff récolterait 49,1% des intentions de vote comparativement à 47,4% pour le républicain David Perdue. Pour sa part, Raphael Warnock obtiendrait 49,4% des voix contre 47,2% pour la sénatrice républicaine Kelly Loeffler.

 

 

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