Avoir pignon sur le web ou vendre sur Amazon ?


Édition du 19 Mai 2018

Avoir pignon sur le web ou vendre sur Amazon ?


Édition du 19 Mai 2018

Par Stéphane Rolland

La taille du réseau vous donne accès à de nouveaux clients potentiels, qui fréquentent régulièrement ­la plateforme d’Amazon. [Photo : Getty Images]

La clé de la réussite en immobilier : l'emplacement, l'emplacement et l'emplacement. La maxime est tout aussi valable en ligne. Un commerçant doit-il avoir pignon virtuel avec sa propre boutique ou vendre en tant que tiers sur une plateforme comme Amazon ? Nous avons posé la question à trois experts du commerce électronique.

Évaluez en fonction de votre modèle d'affaires

Avant de comparer les avantages et les inconvénients de chacune des options, il faut vérifier ce qu'on a le droit de faire, répond Cédric Fontaine, consultant en commerce électronique. « Si vous fabriquez vous-même vos produits, c'est sûr que vous aurez le choix des modes de distribution, explique celui qui exploite aussi la boutique en ligne Terroirs Québec. Par contre, si vous distribuez d'autres produits, certaines marques ont des contraintes sur les prix et les endroits où on peut les vendre. »

Gardez à l'esprit l'impact que votre politique de prix en ligne aura sur vos partenaires d'affaires, poursuit M. Fontaine. « Si vous êtes un fabricant qui vendez vos produits chez d'autres détaillants, il est mal vu de concurrencer votre réseau de distribution avec des prix inférieurs aux leurs. Le détaillant qui fait l'effort de mettre en valeur vos produits se trouvera dans une situation fâcheuse si ses clients rouspètent parce que l'article est plus cher chez lui qu'en ligne. »

Une fois ces considérations prises en compte, il reste à voir la plateforme qui convient le mieux à votre modèle d'affaires. Parmi les marchés disponibles, on compte Amazon (la plus achalandée), Walmart (qui développe une offre concurrente), eBay (moins populaire, mais toujours pertinente dans certains cas particuliers), et Etsy (davantage pour les artisans et ceux qui vendent des produits à temps partiel). « En théorie, je conseillerais d'avoir sa propre boutique, d'être présent sur les médiaux sociaux et d'être sur au moins une place de marché, énumère M. Fontaine. Mais, je comprends qu'on ne peut pas nécessairement tout faire. »

Les pour et les contre

Être sur Amazon présente ses avantages et ses inconvénients, juge David Grégoire, président de Monsieur eCommerce. D'un côté, la taille du réseau vous donne accès à de nouveaux clients potentiels, qui fréquentent régulièrement Amazon. À condition que votre produit ne soit pas noyé dans le moteur de recherche du géant du Web. De l'autre, vous perdez toutefois le contrôle de vos relations avec les clients. « Le client appartient à Amazon, il ne vous appartient pas. Vous ne pouvez pas faire de marketing pour qu'il achète à nouveau ou pour que sa commande soit plus grosse. »

Ce manque de contrôle fait de vous un « vendeur jetable », prévient M. Fontaine. « La plateforme, que ce soit Amazon ou Walmart, aura accès à toutes les données sur vos ventes. Si elles voient que vos ventes vont bien pour un produit que vous distribuez, mais ne fabriquez pas, elles auront le loisir d'appeler directement le fabricant et de vous concurrencer. Vous leur transmettez donc gratuitement des données. En fait, ce n'est même pas "gratuit" puisque vous payez pour être sur la plateforme. »

Avoir votre boutique en ligne vous donnera un plus grand contrôle, mais cela exigera d'importantes dépenses en marketing pour amener les gens vers votre site. « Le trafic ne va pas arriver du jour au lendemain, par hasard, commente Jean-Simon Boivin, directeur de compte pour l'agence numérique Reptile. Ça nécessite du temps pour être bien référencé sur Google, mais c'est sûr que ça demandera des investissements. »

Combien ça coûte ?

Désormais, créer sa propre boutique en ligne est devenu relativement simple et abordable, selon nos trois experts. Des entreprises comme Shopify, Panier d'achat ou Lightspeed, notamment, peuvent vous permettre de créer un site pour un montant allant de 30 $ à quelques centaines de dollars.

Évidemment, il existe des options plus coûteuses utilisées par les grandes organisations, qui peuvent coûter des dizaines de milliers de dollars. La bonne nouvelle, c'est que vous n'avez pas à être gêné de prendre l'option la moins coûteuse, assure M. Grégoire. « La réalité, c'est que les sites des grands acteurs ne sont pas si en avance lorsqu'on regarde les fonctionnalités sur leurs sites. Ils ne sont pas nécessairement en avance sur les petits acteurs, mais les petites entreprises seront beaucoup plus agiles. Mieux vaut partir petit et rester agile. »

Sur Amazon, le principe est relativement le même. Le coût d'ouverture d'un compte est relativement modeste (30 $ par mois pour un forfait professionnel). La plus grande partie du coût viendra après, soit les divers frais et redevances demandés par Amazon, selon votre forfait. Il faudra donc vous assurer que vos marges sont suffisamment élevées pour encaisser ces coûts et demeurer rentables.

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