Une masse de renseignements à valoriser

Offert par Les Affaires


Édition du 08 Septembre 2018

Une masse de renseignements à valoriser

Offert par Les Affaires


Édition du 08 Septembre 2018

Par Pierre Théroux

Produits fabriqués par APN [Photo: Courtoisie]

Avec l'émergence de l'usine 4.0, les dirigeants d'entreprise ont maintenant accès à une masse vertigineuse de renseignements. Encore faut-il savoir comment récolter et traiter ses données pour réussir à les rendre plus intelligentes et ainsi améliorer la performance de l'entreprise.


« Ce n'est pas nécessaire de commencer en implantant des technologies d'intelligence artificielle. Chez APN, on s'est lancé en faisant de petits projets qui, avec le succès obtenu, nous ont encouragés à poursuivre », souligne Antoine Proteau, directeur de la science des données au sein de cette entreprise familiale fondée par son grand-père en 1970. APN est dirigée aujourd'hui par son père Jean et son oncle Yves.


Valoriser les données existantes


APN a débuté simplement, comme bon nombre d'entreprises, en se dotant d'un système de gestion intégré (ERP). « Ça nous a seulement coûté un ordinateur, un câble Internet et un logiciel. Et on a engagé un stagiaire en électronique qui se connectait à une machine pour analyser son comportement », se rappelle M. Proteau.


L'entreprise, qui devait répondre à des critères de traçabilité pour ses clients du secteur aéronautique, a d'abord exploité et valorisé les données d'inspection pour assurer un meilleur contrôle des procédés de fabrication sur le plancher.


« Au lieu de collecter et de consigner les renseignements requis sur papier, on a pris le pari de les numériser en développant nos propres logiciels qui, au fil des ans, nous ont permis de recueillir d'autres données d'exploitation », explique M. Proteau, qui compte sur une équipe d'une quinzaine de personnes, notamment cinq programmeurs et des ingénieurs mécanique, électrique, informatique ou spécialisés en automatisation. « Ce n'est pas le profil type d'employés qu'on retrouvait avant dans un atelier d'usinage », souligne-t-il.


Trouver des pièces partout dans le monde


Varitron a aussi amorcé son virage 4.0 en implantant un système de traçabilité, tant pour le matériel que pour le procédé d'assemblage, à l'intention de ses clients. Ce système de traçabilité est devenu l'un des maillons forts de cette PME de Saint-Hubert, dont l'ajout de capteurs et d'ordinateurs lui permet maintenant de recueillir une multitude d'informations traitées en temps réel par des logiciels et des algorithmes.


« Aujourd'hui, grâce à des interfaces semblables à celles qui permettent à des voyageurs de trouver un hôtel partout dans le monde, on arrive à savoir s'il est possible d'obtenir des composantes dont on a besoin, et où sur la planète », indique Patrice Lavoie, vice-président, Ventes et développement des affaires de Varitron. Cette entreprise devenue l'un des plus importants sous-traitants canadiens de services de fabrication de produits électroniques.


APN et Varitron sont autant d'exemples de la pertinence de l'analyse des données pour améliorer la performance d'une entreprise. Aujourd'hui, les gestionnaires d'APN ont même accès à distance à des renseignements clés, comme le degré de productivité de chaque équipement en temps réel. Les opérateurs peuvent aussi être informés en temps réel du degré de conformité de chaque pièce. Le service de comptabilité compte pour sa part sur des données à jour en matière de coûts directs et indirects.


Déterminer ses objectifs


Les meilleures pratiques d'affaires en la matière permettent d'engendrer une croissance des ventes et des profits, de même qu'un rendement accru sur les investissements consentis en marketing, indique d'ailleurs une étude de la firme McKinsey.


Pourtant, rares sont les entreprises québécoises qui s'intéressent à la valorisation des données. La plupart des sociétés manufacturières sont gérées à l'aide de processus manuels, ce qui dénote une faible maturité technologique, révélait une étude publiée en 2016 par le Centre facilitant la recherche et l'innovation dans les organisations (Cefrio) intitulée « Prendre part à la révolution manufacturière ? - Du rattrapage technologique à l'industrie 4.0 chez les PME ».


Parmi les entreprises qui utilisent un système de gestion intégré, seulement 21 % déclaraient que le degré d'interconnexion avec les autres systèmes utilisés à l'interne atteint 80 % et plus. Autre constat : moins de 3 entreprises sur 10 (28 %) semblent utiliser des capteurs ou des senseurs pour collecter des données dans l'entreprise.


Les sociétés qui souhaitent valoriser leurs données « doivent d'abord définir leurs objectifs d'affaires et déterminer les sources de données pertinentes », recommande Pierre-Laurent Boudrias, conseiller manufacturier au STIQ.


La plupart des entreprises ont d'abord tendance à répondre à des besoins de production ou de procédés, par exemple. « Leur vision est souvent limitée aux aspects techniques, comme des données de planification de production ou d'utilisation et de maintenance d'équipements », constate M. Boudrias, dont l'organisme a été mandaté par le gouvernement pour faire des audits 4.0.


Il y a toutefois de nombreuses possibilités intéressantes, indique M. Boudrias. Le service de marketing peut notamment recueillir des données de ventes, de visites sur le site web, de comportements d'achats ou de segmentation de clientèles. Même le service des ressources humaines peut profiter d'une meilleure valorisation des données, en intégrant par exemple la gestion des compétences ou des assignations.


Selon lui, une meilleure valorisation des données « permet aux dirigeants d'entreprises d'avoir des renseignements de plus en plus pointus qui leur permettent de prendre des décisions d'affaires plus précises ».


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