Faire différemment pour devenir les meilleurs


Édition du 26 Octobre 2022

Faire différemment pour devenir les meilleurs


Édition du 26 Octobre 2022

Par Camille Robillard

(Photo: courtoisie)

Qui: Jean-François Champoux, PDG

Entreprise: Scierie St-Michel

Industrie: Transformation de bois d’œuvre

Siège social: Saint-Michel-des-Saints

Date de fondation: 2015

Nombre d’employés: 115

 

TROIS QUESTION À UN PDG INSPIRANT. Quand Jean-François Champoux est arrivé à la tête de la Scierie St-Michel, celle-ci était «bonne 51e» sur les 51 usines québécoises de transformation de bois d’œuvre au Québec. Cette année, le PDG a bon espoir d’atteindre le top 20. «Nous ne sommes pas meilleurs que les autres, nous souhaitons juste faire les choses différemment. Je pense qu’à long terme, faire différemment va nous permettre de devenir les meilleurs», confie-t-il à Les Affaires. Voici trois questions à un PDG qui se distingue par sa volonté de faire toujours plus et toujours mieux.

  

Vous souhaitez devenir l’entreprise de transformation de bois d’œuvre avec le meilleur bilan carbone du Canada. De quelle manière comptez-vous y arriver?

Quand nous avons repris l’usine en 2014, elle était honnêtement une des pires du Québec. Nous travaillons la ressource naturelle et c’est un privilège que le gouvernement du Québec nous accorde. La notion de l’environnement est essentielle dans la poursuite des activités de [toutes les entreprises]. Tant qu’à travailler avec une ressource renouvelable et naturelle, je tiens à le faire en étant un des plus écoénergétiques du Canada. Par exemple, autrefois, nous consommions au-dessus de trois millions de litres de gaz propane par année. Nous avons électrifié nos opérations de séchoir, ce qui a fait en sorte que, dans la dernière année, la Scierie St-Michel a complètement éliminé sa consommation de gaz propane pour ces opérations. C’est en posant des actions comme celle-là que nous voulons devenir un leader. Nous avons aussi émis un indice sur la consommation de litre de diesel par mètre cube produit et nous visons une diminution graduelle de cette utilisation. Désormais, nous sommes un des leaders au Canada en transformation. On a également la certification SFC, qui prouve que chacune de nos opérations est faite dans les règles de l’art. On y tient beaucoup.

 

Comment favorisez-vous l’intégration des Premières Nations dans votre entreprise?

Dans notre mission d’entreprise, nous avons un indicateur qui figure en haut de la liste et qui est de rendre disponibles 15 % de nos emplois pour les membres des Premières Nations. Depuis son ouverture, la Scierie St-Michel a embauché entre 250 et 275 employés. Sur ce nombre, on compte près de 80 membres des Premières Nations. Nous travaillons fort là-dessus. Nous avons mis sur pied un centre de formation à même l’entreprise avec le gouvernement du Québec — et qui donne des diplômes d’études professionnelles en exploitation de machinerie d’usine. Tous nos employés commencent par le centre de formation. Pour respecter notre indicateur de 15 %, dès que les Autochtones montrent leur intérêt, nous leur faisons une place. Ce sont nos voisins. Il y a 3000 personnes dans la communauté Manawan et c’est vraiment une collaboration que nous souhaitons développer. Nous travaillons sur celle-ci depuis que j’ai commencé en affaires. Aujourd’hui, nous collectons les fruits de notre travail.

 

Il y a quelques mois, vous avez implanté la semaine de quatre jours. Quels bénéfices en retirez-vous?

La demande est venue de la direction. Elle a passé trois votes au syndicat avant d’être acceptée. Nous nous sommes vraiment battus pour l’avoir, et aujourd’hui, personne ne s’en passerait. Ça vient aussi nous distinguer par rapport aux autres. Honnêtement, on a un solide gain de productivité dans l’usine. Les employés sont vraiment contents d’avoir des semaines de trois jours lorsqu’il y a des fériés. Tout le monde est gagnant dans ce processus-là. Il nous reste de petites sections de l’usine qui ne sont pas [à quatre jours par semaine]. Nous discutons actuellement avec elles pour voir ce qui serait possible. C’est vraiment un avantage à l’embauche et un avantage sur la qualité de vie de nos employés.

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