Brigitte Jalbert: être de la solution


Édition du 23 Novembre 2022

Brigitte Jalbert: être de la solution


Édition du 23 Novembre 2022

Par Camille Robillard

(Photo: courtoisie)

Qui: Brigitte Jalbert, présidente

Entreprise: Les Emballages Carrousel

Industrie: Fabrication d'emballages

Siège social: Boucherville

Date de fondation: 1971

Nombre d’employés: 400

 

TROIS QUESTION À UN PDG INSPIRANT. Brigitte Jalbert, présidente des Emballages Carrousel, ne pensait pas être destinée au milieu des affaires lorsqu’elle s’est jointe à l’entreprise paternelle. Trente-six ans plus tard, elle ne peut qu’admettre qu’elle est bel et bien à sa place. Voici trois questions à une PDG qui inspire par sa capacité à rassembler et par son désir de faire partie de la solution.

 

Comment décririez-vous votre leadership?

J’ai des qualités très humaines, je suis très inclusive. C’est de la gestion collégiale, j’inclus beaucoup les gens. Quand je suis arrivée dans l’entreprise, j’étais là en attendant de me trouver un job en photographie. J’avais 22-23 ans, l’entreprise avait 7-8 ans et c’était tout petit, donc j’ai pu occuper plusieurs postes et me bâtir une relation privilégiée avec les gens qui composaient l’entreprise. Je pense que c’est comme ça que j’ai réussi à aller chercher les forces des autres pour compléter les miennes. Étant donné que je n’avais pas étudié dans le domaine des affaires et que ça ne m’intéressait pas, il a fallu que je m’ouvre aux autres pour leur demander de m’aider à faire grandir l’entreprise. Ce doute que j’ai eu en moi et en mes aptitudes m’a servi. Dans ce temps-là, les gens ont envie de contribuer au succès et de faire en sorte qu’on forme une équipe, qu’on soit des maillons de la chaîne. Mon leadership est fondé sur l’inclusivité et sur le travail d’équipe. Je valorise les gens selon leurs forces, pas selon le poste qu’ils occupent. Je pense que j’ai une facilité à reconnaître les talents et à les mettre en valeur pour que tout le monde se sente important et qu’ils voient la plus-value de leur rôle dans l’entreprise.

 

Vous avez amorcé un virage vert. Quelles initiatives ont-elles été mises en place?

Nous avons commencé par lancer un programme appelé Engagement 500+ qui consiste à ajouter au minimum 500 nouveaux produits considérés comme écoresponsables à notre offre par année. Nous voulons contribuer à préserver les ressources de la planète, pas à faire partie du problème. L’emballage est nécessaire pour préserver les aliments et pour réduire le gaspillage alimentaire. C’est important d’emballer, mais il faut emballer intelligemment. Aujourd’hui, la majorité de nos produits ont une certification [verte].

Ensuite, on a mis sur pieds un programme qui s’appelle Carrou-cycle avec notre partenaire d’affaires Polykar. Nous avons commencé à le tester avec un de nos clients, L’Oréal. Quand ce dernier livre une palette de marchandise, il ajoute une pellicule étirable autour. Des millions de tonnes de cette pellicule sont jetées aux poubelles chaque année et c’est un gros problème. Ainsi [grâce au programme], nous allons chez L’Oréal pour livrer la pellicule et nous y retournons pour rapporter celle qui est usée à Polykar. Ce dernier repasse le tout dans une machine pour en refaire de la matière première qui va être retransformée en d’autres produits. Nous faisons de l’économie circulaire et c’est notre première initiative dans ce sens avec un fournisseur. Mon souhait le plus grand est de multiplier ces collaborations.

Finalement, cette année, nous avons inauguré notre centre Éco-Innov. Avec Karine Navilys, détentrice d’une maîtrise en environnement et directrice du centre, nous avons créé un service en interne qui est en fait un centre de connaissances. Nous ne nous cacherons pas que ce n’est pas clair ce qui va dans la récupération, dans le compostage, etc. Chaque municipalité, chaque province et chaque pays n’ont pas les mêmes infrastructures. Ainsi, nous voulons rassembler toutes ces informations pour mieux informer nos clients et nos employés. Nous allons pouvoir leur offrir d’autres options pour remplacer les emballages moins verts. Nous voulons être des guides pour notre clientèle.

 

Vous vous impliquez auprès de regroupements qui promeuvent le leadership au féminin. Pourquoi est-ce important pour vous?

Je suis rendue à une étape de ma vie — je vais avoir 60 ans l’année prochaine, je suis devenue grandmère, ça fait plus de dix ans que je suis présidente — où j’ai l’impression qu’il faut que je redonne. J’ai écrit un livre [La PDG qui ne pensait jamais le devenir] et dans celui-ci, je veux dire aux jeunes femmes «ayez confiance en vos aptitudes et ayez confiance en vous». Les femmes, nous avons tendance à avoir un syndrome de l’imposteur et à douter de nos forces. Je ne veux pas mettre toutes les femmes dans le même panier, mais nous gérons d’une manière un peu plus humaine, plus à l’écoute et avec plus de bienveillance en général que les hommes et il faut mettre ça de l’avant. Il faut le valoriser et ne pas être gênée de laisser transparaître notre vulnérabilité ou notre humilité. On n’a pas besoin de se donner un air de bulldozer. Maintenant, je place l’intelligence émotionnelle avant l’intelligence [d’affaires].

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