Emprunter la voie de l’économie sociale

Offert par Les Affaires


Édition du 25 Novembre 2020

Emprunter la voie de l’économie sociale

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Édition du 25 Novembre 2020

Le ­RIVRA récupérera notamment les gaz réfrigérants contenus dans les vieux réfrigérateurs, congélateurs et vieilles thermopompes. (Photo: 123RF)

 

Pour l’équipe du ­Chantier de l’économie sociale, cela ne fait aucun doute : l’entrepreneuriat collectif se présente comme une des solutions pour amorcer la transition écologique. Ce modèle pourrait même devenir à la fois un incontournable de la relance économique et du virage vert du ­Québec.
La directrice générale du ­Chantier, ­Béatrice ­Alain, souligne que depuis plusieurs années, il existe un pont très clair entre l’économie sociale et l’écologie. « ­On voit que le modèle économique dominant n’est pas soutenable sur le plan écologique, ­affirme-t-elle. On doit penser autrement, travailler autrement, se déplacer autrement. On ne peut pas se donner le luxe d’attendre. » ­Elle ajoute que la crise découlant de la pandémie donne l’occasion de rebrasser les cartes dans bien des domaines.
Laura ­Cicciarelli, responsable des affaires externes pour le ­Chantier de l’économie sociale, donne l’exemple de l’initiative d’économie circulaire du tout nouveau ­Réseau interrégional de valorisation et de recyclage des appareils ménagers (RIVRA). En partageant leurs expertises, quatre entreprises d’économie sociale – Groupe ­Coderr, au ­Saguenay—Lac-Saint-Jean, ­Défi ­Polyteck, en ­Estrie, ­Groupe ­Aptas, en ­Chaudière-Appalaches et ­Option ­Métal ­Recyclé, dans la ­Capitale-
Nationale – vont répondre à la demande de producteurs et de détaillants qui devront dès le 5 décembre récupérer et recycler de nombreux appareils en fin de vie, à la suite du dépôt par le gouvernement provincial d’un projet de règlement sur la responsabilité élargie de ces derniers. Le ­RIVRA récupérera notamment les gaz réfrigérants contenus dans les vieux réfrigérateurs, congélateurs et vieilles thermopompes.
Bonne direction
Selon ­Bengi ­Akbulut, professeure adjointe au ­Département de géographie, urbanisme et environnement de l’Université ­Concordia, le modèle d’économie sociale est « un pas dans la bonne direction » en matière de transition écologique, dans la mesure où il établit un contrôle démocratique sur les décisions économiques, comme « quoi produire, combien en produire, comment produire et où diriger les profits », ­énumère-t-elle.
Ce type de gouvernance démocratique ne réduit donc pas la prise de décisions entrepreneuriales à une recherche de profit. « ­La principale motivation avec ce besoin est de combler les besoins, pas d’accumuler des profits, fait valoir ­Bengi ­Akbulut. Cette orientation introduit une limite naturelle à la croissance ; c’est l’essence même d’une économie écologique ». Sans compter que les trois quarts des entreprises d’économie sociale se concentrent sur des services de proximité, permettant ainsi de mieux répondre aux défis écologiques des communautés locales, poursuit ­Béatrice ­Alain.
Employant près de 220 000 salariés en 2016, selon l’Institut de la statistique du ­Québec (ISQ), le modèle d’économie sociale attire de plus en plus de jeunes, observe ­Béatrice ­Alain. En effet, 36 % des salariés du milieu avaient 35 ans ou moins en 2016, rapporte l’ISQ. 
Pour ­Béatrice ­Alain, la transition écologique ne passe cependant pas par l’abolition des entreprises privées ou du marché. Les deux modèles doivent cohabiter afin de créer une « économie plurielle et équilibrée ». « ­Si on augmente le nombre d’entreprises avec un modèle d’économie sociale, cela va faire changer les paradigmes », ­croit-elle. Elle cite les ­CPE qui ont démocratisé l’accès à des services de garde de qualité et permis aux femmes d’intégrer le marché du travail, ou encore les coopératives funéraires, qui ont fait baisser les prix courants.
À l’inverse, ­Bengi ­Akbulut estime que cette cohabitation est la « lacune principale » du modèle d’économie sociale. « C’est un modèle qui comble les lacunes des secteurs privé et public, mais qui n’envisage pas de transformer le reste de l’économie, ­fait-elle remarquer. Je ne crois pas que c’est suffisant pour régler les grands enjeux liés à la répartition de notre capacité de production. » ­Pour lutter contre la crise climatique, il faut ouvrir les processus de décisions à la société civile et trouver des solutions communes pour combler les besoins et non rechercher des profits, soutient la professeure.
– Katia ­Tobar

 

TRANSITION ÉCOLOGIQUE. Pour l’équipe du ­Chantier de l’économie sociale, cela ne fait aucun doute : l’entrepreneuriat collectif se présente comme une des solutions pour amorcer la transition écologique. Ce modèle pourrait même devenir à la fois un incontournable de la relance économique et du virage vert du ­Québec.

La directrice générale du ­Chantier, ­Béatrice ­Alain, souligne que depuis plusieurs années, il existe un pont très clair entre l’économie sociale et l’écologie. « ­On voit que le modèle économique dominant n’est pas soutenable sur le plan écologique, ­affirme-t-elle. On doit penser autrement, travailler autrement, se déplacer autrement. On ne peut pas se donner le luxe d’attendre. » ­Elle ajoute que la crise découlant de la pandémie donne l’occasion de rebrasser les cartes dans bien des domaines.

Laura ­Cicciarelli, responsable des affaires externes pour le ­Chantier de l’économie sociale, donne l’exemple de l’initiative d’économie circulaire du tout nouveau ­Réseau interrégional de valorisation et de recyclage des appareils ménagers (RIVRA). En partageant leurs expertises, quatre entreprises d’économie sociale – Groupe ­Coderr, au ­Saguenay—Lac-Saint-Jean, ­Défi ­Polyteck, en ­Estrie, ­Groupe ­Aptas, en ­Chaudière-Appalaches et ­Option ­Métal ­Recyclé, dans la ­Capitale-Nationale – vont répondre à la demande de producteurs et de détaillants qui devront dès le 5 décembre récupérer et recycler de nombreux appareils en fin de vie, à la suite du dépôt par le gouvernement provincial d’un projet de règlement sur la responsabilité élargie de ces derniers. Le ­RIVRA récupérera notamment les gaz réfrigérants contenus dans les vieux réfrigérateurs, congélateurs et vieilles thermopompes.

Bonne direction

Selon ­Bengi ­Akbulut, professeure adjointe au ­Département de géographie, urbanisme et environnement de l’Université ­Concordia, le modèle d’économie sociale est « un pas dans la bonne direction » en matière de transition écologique, dans la mesure où il établit un contrôle démocratique sur les décisions économiques, comme « quoi produire, combien en produire, comment produire et où diriger les profits », ­énumère-t-elle.

Ce type de gouvernance démocratique ne réduit donc pas la prise de décisions entrepreneuriales à une recherche de profit. « ­La principale motivation avec ce besoin est de combler les besoins, pas d’accumuler des profits, fait valoir ­Bengi ­Akbulut. Cette orientation introduit une limite naturelle à la croissance ; c’est l’essence même d’une économie écologique ». Sans compter que les trois quarts des entreprises d’économie sociale se concentrent sur des services de proximité, permettant ainsi de mieux répondre aux défis écologiques des communautés locales, poursuit ­Béatrice ­Alain.

Employant près de 220 000 salariés en 2016, selon l’Institut de la statistique du ­Québec (ISQ), le modèle d’économie sociale attire de plus en plus de jeunes, observe ­Béatrice ­Alain. En effet, 36 % des salariés du milieu avaient 35 ans ou moins en 2016, rapporte l’ISQ. 

Pour ­Béatrice ­Alain, la transition écologique ne passe cependant pas par l’abolition des entreprises privées ou du marché. Les deux modèles doivent cohabiter afin de créer une « économie plurielle et équilibrée ». « ­Si on augmente le nombre d’entreprises avec un modèle d’économie sociale, cela va faire changer les paradigmes », ­croit-elle. Elle cite les ­CPE qui ont démocratisé l’accès à des services de garde de qualité et permis aux femmes d’intégrer le marché du travail, ou encore les coopératives funéraires, qui ont fait baisser les prix courants.

À l’inverse, ­Bengi ­Akbulut estime que cette cohabitation est la « lacune principale » du modèle d’économie sociale. « C’est un modèle qui comble les lacunes des secteurs privé et public, mais qui n’envisage pas de transformer le reste de l’économie, ­fait-elle remarquer. Je ne crois pas que c’est suffisant pour régler les grands enjeux liés à la répartition de notre capacité de production. » ­Pour lutter contre la crise climatique, il faut ouvrir les processus de décisions à la société civile et trouver des solutions communes pour combler les besoins et non rechercher des profits, soutient la professeure.

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