Qui a encore peur des fintechs?

Publié le 13/10/2017 à 17:04, mis à jour le 21/11/2017 à 17:22

Qui a encore peur des fintechs?

Publié le 13/10/2017 à 17:04, mis à jour le 21/11/2017 à 17:22

La table ronde des spécialistes des fintechs, lors de notre événement du 31 mai.

DOSSIER TRANSFORMATION NUMÉRIQUE - Robot-conseiller, cryptomonnaie, financement social…perçues comme des acteurs turbulents au sein du secteur financier, les fintechs dérangent. L’écosystème financier devra pourtant s’y faire. Ces technologies qui s’invitent dans l’univers du monde financier sont là pour rester. Les milléniaux les aiment, les boomers veulent plus de flexibilité pour accéder à leur patrimoine, par conséquent, les banques n’auront pas le choix de répondre à la demande de leur clientèle.

«On entre actuellement dans une ère de la collaboration entre les banques et les fintechs», a dit d’entrée jeu Louis Lévesque, directeur général de Finance Montréal, lors de la toute première conférence Fintech présentée par Événements Les Affaires, le 31 mai dernier à Montréal.

«Mais le cadre doit changer. Les lois bancaires, a-t-il poursuivi, ne tiennent pas compte de l’arrivée des nouvelles technologies sur le marché qui sont de plus en plus en demande par les utilisateurs. Les institutions financières se doivent de trouver des solutions. Des solutions que peuvent leur apporter les fintechs.»

M. Lévesque a rappelé à la centaine de participants présents dans la salle que les institutions financières canadiennes ont justement la chance de profiter d’un écosystème fintech montréalais déjà bien établi avec ses quelque 3000 entreprises et 100000 emplois.

Transformation numérique

Où est l’argent?

Les nouvelles technologies ont beau se développer rapidement, ça prend tout de même des investissements pour que les fintechs réussissent à faire leur place au soleil. «Très peu d’entre elles sont actuellement rentables. Même Betterment, l’une des premières sociétés américaines qui a développé un robot-conseiller, n’a pas encore atteint son seuil de rentabilité», a signalé le conférencier Pierre Laroche, vice-président stratégies affaires gestion de patrimoine chez Banque Nationale du Canada.

Remarquez, il s’est investi plus de 150M$ dans les fintechs québécoises en 2016, a tenu à souligner David Nault, vice-président investissement au sein d’Inovia Capital, une firme de capital de risque. «Il y a de l’argent dans l’écosystème», a ajouté le panelliste qui prenait part à la discussion sur le financement de l’écosystème des fintechs.

«S’il y a beaucoup d’argent, il est difficile à trouver», a répliqué tac au tac, son voisin sur la scène, le panelliste François Lebel, provoquant un petit rire dans la salle. M. Lebel est responsable du capital au sein de la fintech Impak Finance, un nouveau type de banque qui propose des prêts et des investissements dédiés à une économie d’impact canadienne.

«Il faut faire preuve d’originalité pour convaincre les investisseurs d’embarquer avec nous», a indiqué l’entrepreneur technofinancier. En décembre dernier, son entreprise a réussi à amasser 1 million de dollars grâce au sociofinancement. Impak Finance compte lancer prochainement une campagne de cryptomonnaie pour attirer d’autres investisseurs.

«Attention, a réagi, David Nault à la réplique de M. Lebel. Bien qu’il y ait de l’argent pour les fintechs, ça ne veut pas dire que tout le monde peut y toucher. La compétition est énorme. Chez Inovia, on ne reçoit pas moins de 10,15, 20 appels par jour. Toutes des entreprises qui souhaitent obtenir de l’investissement. Sur une centaine de propositions, seulement une d’entre elles va recevoir notre aide. Et lorsque s’établit la relation, nos intentions sont claires. On cherche le coup de circuit, c’est-à-dire une entreprise qui va rapporter 10 fois notre investissement.»

Frapper aux portes des banques d’ici…et d’ailleurs

Selon le panelliste Éric Lemieux, président de M2S Capital, les institutions financières pourraient fort bien agir comme investisseurs. «On voit que les institutions réalisent que les fintechs peuvent constituer pour elles des leviers d’innovation. La Banque Nationale qui, en janvier dernier, a pris une participation dans l’entreprise Nest Wealth, un fournisseur de solutions de gestion de patrimoine automatisées, en est un bel exemple», a signalé l’investisseur qui soutient le développement des fintechs.

 

Poussez plus loin la réflexion lors du Salon Connexion sur la transformation numérique le 18 et 19 avril 2018.


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