Restrictions sanitaires: le panier d’épicerie dans la mire

Offert par Les Affaires


Édition du 25 Novembre 2020

Restrictions sanitaires: le panier d’épicerie dans la mire

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Édition du 25 Novembre 2020

Les ventes en épicerie ont effectivement augmenté, mais pas au même rythme que la diminution des autres secteurs. (Photo: Atoms pour Unsplash)

TRANSFORMATION ALIMENTAIRE. Les transformateurs alimentaires de la province ont pu combler une partie de leurs pertes dans les hôtels, restaurants et institutions – surnommés les ­HRI –, sérieusement affectés par les effets de la pandémie de ­COVID-19 en augmentant leurs ventes en épicerie, constate le ­Conseil de la transformation alimentaire du ­Québec (CTAQ).

« ­Les gens ont continué de manger, sauf qu’avec la fermeture des ­HRI, ils ont mangé davantage à la maison, surtout ceux qui sont en télétravail ou en confinement », rappelle la ­PDG du ­CTAQ, ­Sylvie ­Cloutier. Elle explique que plusieurs des 550 transformateurs représentés par le ­Conseil ont alors décidé de « reformater » des produits habituellement destinés à la restauration afin de les vendre en épicerie. « C’est sûr que les ­HRI demandent leurs produits dans de plus grands formats que les consommateurs. »

Les entreprises ont ainsi pu compenser une partie de leurs pertes occasionnées par les fermetures d’établissements découlant des mesures sanitaires. Non sans difficulté. « ­Tout le monde ne peut pas entrer sur les tablettes des épiceries, où on retrouve des produits de partout dans le monde. Il faut arriver à faire sa place, et on se bat contre de grands joueurs de l’industrie alimentaire », précise ­Sylvie ­Cloutier.

 

Nouvelles idées

Pour le directeur général du ­Centre de développement bioalimentaire du ­Québec (CDBQ), ­Charles ­Lavigne, la meilleure solution pour y arriver est d’innover et de proposer de nouveaux produits qui plairont aux consommateurs, ce qui forcera les épiciers à les placer sur les tablettes.

« ­Après une baisse en mars, nous avons une forte demande de nos services depuis l’été et des transformateurs viennent nous voir avec des idées », ­mentionne-t-il en soulignant que le rôle du ­CDBQ est d’accompagner les entreprises dans le développement de produits innovateurs. « ­Comme les gens restent davantage à la maison, nous avons reçu beaucoup de demandes pour des projets de ­boîtes-repas et d’autres produits que les consommateurs peuvent manger à domicile. » ­Parmi les nouveaux produits sur lesquels le ­CDBQ travaille, ­Charles ­Lavigne donne l’exemple d’un mélange pour confectionner des biscuits sans cuisson.

La ­CTAQ invite d’ailleurs ses membres à innover, même s’ils peuvent plutôt penser le contraire en période d’incertitude. « ­Le défi, c’est de rester sur les tablettes des épiceries. Pour ça, il faut convaincre les consommateurs, car les épiciers adaptent leur offre en fonction de la demande », note sa ­PDG.

 

Des entrepôts remplis

Les ventes en épicerie ont effectivement augmenté, mais pas au même rythme que la diminution des autres secteurs. En plus des ­HRI, les marchés des avions et du transport ferroviaire – qui servent des aliments du ­Québec à leurs clients – fonctionnent eux aussi au ralenti depuis le mois de mars.

Le ralentissement des activités dans les restaurants, bars, hôtels et institutions, dont les cafétérias, arrive à un bien mauvais moment. Avant la pandémie, la demande pour les produits alimentaires québécois était en forte expansion dans ces établissements. Les ventes y totalisaient 17,5 milliards de dollars, soit une augmentation de 5,1 % en un an, selon le rapport Bioalimentaire économique 2019 publié par le ministère de l’Agriculture, des ­Pêcheries et de l’Alimentation. « ­Cela représentait environ 30 % de nos marchés, que nous devons tenter de regagner », calcule ­Sylvie ­Cloutier.

Preuve que les parts de marché n’ont pas toutes été récupérées, elle signale que les entrepôts de plusieurs de ses membres sont pleins. « ­Ils essaient de trouver des moyens pour écouler leurs productions. » ­Surtout que, sans avoir de boule de cristal pour prévoir ce qui se passera en 2021, la ­CTAQ « ne s’attend pas vraiment à une hausse dans les ­HRI à court terme ».

 

Le Québec d’abord

Le ­CTAQ se réjouit cependant des efforts du gouvernement du ­Québec en matière de promotion des produits locaux. « C’est très positif pour nous, car la plupart des produits portant le sceau ­Aliments du ­Québec proviennent de nos membres », commente ­Sylvie ­Cloutier. Elle précise cependant que le fameux ­Panier bleu du gouvernement ­Legault ne concerne pas du tout les transformateurs alimentaires.

Toutefois, à l’approche des fêtes, certains organismes locaux ont mis en place une initiative pour les soutenir. Dans la ­Matapédia, dans le ­Bas-Saint-Laurent, la ­MRC et la ­SADC se sont par exemple unies pour proposer des boîtes de produits agroalimentaires locaux à offrir à ses proches… ou à ses travailleurs. « ­Il sera pratiquement impossible pour les entreprises de récompenser leurs employés au moment du traditionnel party de bureau, donc la ­boîte-cadeau est une solution clé en main », fait valoir ­Chantale ­Lavoie, préfète de la ­MRC de ­La ­Matapédia.

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