Réinventer ses façons de transformer


Édition du 22 Novembre 2023

Réinventer ses façons de transformer


Édition du 22 Novembre 2023

Pour lutter contre l’inflation, Lactalis Canada met l’accent sur l’amélioration de ses capacités de fabrication, l’optimisation de la logistique et la transformation numérique. (Photo: 123RF)

TRANSFORMATION ALIMENTAIRE. Dans l’industrie de la transformation alimentaire, l’innovation porte actuellement sur trois grands segments : les nouveaux produits ou l’amélioration des produits existants, l’emballage et l’automatisation des usines. 

« Les transformateurs cherchent à répondre aux attentes des consommateurs qui veulent des produits plus responsables et plus santé, ce qui inclut des emballages écoresponsables ou encore des produits végétaliens », explique Dimitri Fraeys, vice-président à l’innovation et aux affaires économiques au Conseil de la transformation alimentaire du Québec (CTAQ). 

Le CTAQ pilote d’ailleurs le projet Amélioration alimentaire Québec, qui a reçu un financement de 750 000 $ sur trois ans du gouvernement du Québec en 2021. Il offre aux transformateurs alimentaires l’accès à un réseau d’experts en transformation alimentaire, en distribution et en commerce de détail. « Nous incitons les entreprises à réduire la teneur en gras, en sel et en sucre de leurs produits et nous accompagnons celles qui veulent le faire », précise Dimitri Fraeys.

 

Des produits innovants 

Les innovations de produits viennent souvent de jeunes pousses, comme Grazy, fondée sous le nom Séva Nature en 2020, puis rebaptisée en novembre 2023. « Nous fournissons des solutions à base de plantes pour remplacer les produits laitiers, sans sacrifier la qualité du goût et de la texture », affirme la fondatrice, Maude St-Pierre. La foodtech s’est d’abord concentrée sur un produit très niché : la crème glacée molle végétalienne pour les services alimentaires. 

Le défi consiste à innover rapidement avec une petite équipe, dans un marché des protéines végétales qui est en pleine expansion, où la compétition devient de plus en plus rude. « La demande pour le type de produits que nous fabriquons augmente, mais beaucoup d’entreprises se lancent dans ce secteur, y compris de grands transformateurs, explique Maude St-Pierre. Nous misons beaucoup sur la sélection d’ingrédients locaux de haute qualité pour nous distinguer. »

Grazy compte moins de dix employés, parmi lesquels de deux à trois se consacrent à la recherche et au développement (R-D), dont le directeur de la R-D, Marc-Antoine Vézina. « Nous avons créé récemment de nouvelles gammes de produits destinés à la vente au détail, comme une solution végétale à la crème à cuisson, alors que depuis nos débuts, nous vendions seulement aux services alimentaires », souligne Maude Saint-Pierre.

 

Lente automatisation

Pour beaucoup de transformateurs alimentaires, le nerf de la guerre actuellement reste l’automatisation et la numérisation des opérations, nécessaires pour améliorer la productivité et pour surmonter la pénurie de main-d’œuvre. Mais les progrès de ce côté demeurent trop lents, selon Dimitri Fraeys.

« L’inflation fait monter les coûts de production et diminuer les marges des transformateurs, ce qui réduit leurs capacités d’investissement, explique-t-il. La faiblesse du dollar canadien fait grimper le prix des équipements achetés généralement en Europe ou aux États-Unis, alors que la hausse du taux d’intérêt augmente le coût de l’endettement. »

Dimitri Fraeys rappelle en outre que la majorité des transformateurs alimentaires sont des PME. « Elles manquent souvent de main-d’œuvre spécialisée pour piloter le virage numérique ou implanter des innovations majeures, ce qui constitue un frein important », souligne-t-il.

 

Écouter les employés

À Lactalis Canada, l’innovation se fait sur plusieurs plans. L’entreprise a lancé au moins cinq nouveaux produits depuis le début de 2023, dont les bâtonnets de cheddar marbrés sans lactose Black Diamond et de nouvelles saveurs de yogourt Siggi’s. 

Pour lutter contre l’inflation, elle met l’accent sur l’amélioration de ses capacités de fabrication, l’optimisation de la logistique (notamment grâce à l’ouverture d’un grand centre de distribution zéro carbone en Ontario en 2024) et la transformation numérique. 

En 2022, l’entreprise a lancé le programme d’innovation NEXT Ventures, conçu pour stimuler et accélérer la réflexion, l’innovation et la créativité en ouvrant la porte aux suggestions des employés. La première année du programme était axée sur le thème de la réduction des pertes de temps, de capacité, de ressources financières, d’emballage, d’énergie et d’aliments. « Nous avons reçu plus de 100 propositions », précise Gilles Froment, vice-président principal aux relations gouvernementales et industrielles.

Le projet gagnant, présenté par Nathalie Rey, gestionnaire de la qualité à l’usine de Saint-Claude, au Manitoba, met l’accent sur la numérisation du système de rapports d’assurance de la qualité, afin d’améliorer la collecte et l’analyse des données sur la salubrité et la qualité des aliments.

« Cela devrait réduire les ressources, le papier et le temps affectés au système de déclaration actuel et diminuera le gaspillage de produits », espère Gilles Froment. Le projet est maintenant en incubation avec une équipe spécialisée. En octobre dernier, d’autres suggestions ont été présentées sur un nouveau thème : l’amélioration continue.

Sur le même sujet

À la une

Comment restructurer les dettes de mon petit café et éviter la faillite?

LE COURRIER DE SÉRAFIN. Voici cinq options de restructuration de dettes pour aider à naviguer dans ces eaux troubles.

Tu fais toujours tes impôts à la dernière minute?

23/04/2024 | lesaffaires.com

Voici 5 articles pour qu'à la hâte, aucun crédit d'impôt ne t'échappe.

1T: Rogers annonce une chute de 50% de son bénéfice

Mis à jour à 13:45 | La Presse Canadienne

L'entreprise a dû faire face à des coûts plus élevés liés à ses efforts d'acquisition et de restructuration de Shaw.