«L'Amérique du Nord, c'est notre garantie de sécurité» - Eric Shepherd, président de Rolls-Royce Amérique du Nord

Offert par Les Affaires


Édition du 11 Avril 2015

«L'Amérique du Nord, c'est notre garantie de sécurité» - Eric Shepherd, président de Rolls-Royce Amérique du Nord

Offert par Les Affaires


Édition du 11 Avril 2015

Eric Shepherd, président de Rolls-Royce en Amérique du Nord.

«Vendre des Rolls-Royce, ce n'est pas vendre des voitures, c'est vendre des oeuvres d'art.» La phrase est du président de Rolls-Royce, Torsten Müller-Ötvös. Une philosophie que partage aussi le président de la marque en Amérique du Nord, Eric Shepherd.


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«Une Rolls-Royce, c'est un objet de luxe, un objectif de vie, l'affirmation d'un statut. Les propriétaires de Rolls-Royce sont des personnes bien nanties qui choisissent cette voiture pour l'aura qu'elle dégage», a expliqué Eric Shepherd, en entrevue à Les Affaires lors du Salon de l'auto de New York.


Cette vision a permis au constructeur de franchir pour la première fois de son histoire la barre des 4 000 véhicules vendus. Un record, qu'on doit en majeure partie aux États-Unis et au Canada. Mondialement, la hausse de 2014 est d'environ 30 %. Au Canada seulement, bien que les chiffres soient modestes (et confidentiels, même si Automotive News affirme que 81 véhicules ont été vendus), Eric Shepherd affirme qu'ils excèdent de beaucoup le pourcentage de la croissance mondiale.


«L'Amérique du Nord, c'est notre garantie de sécurité. Ici, le marché est toujours en progression et nous permet de stabiliser nos opérations financières. C'est en utilisant cette stabilité que nous pouvons nous lancer à l'assaut de marchés moins stables ou moins développés», dit-il.


Selon M. Shepherd, les marchés émergents représentent un «pari risqué». «La Russie par exemple, est en forte décroissance en matière de véhicules de grand luxe. Nous y sommes présents, mais la rentabilité risque d'y être plus lente à assurer. En Chine, ce sont les campagnes du gouvernement contre les voitures de grand luxe qui nous rendent la vie difficile.»


Autre changement majeur : Rolls-Royce envisage de croître en misant surtout sur la personnalisation. Ainsi, pas question d'entrer chez un concessionnaire et d'en sortir un peu plus tard au volant de la voiture.


«Nos voitures sont construites sur mesure pour nos clients. En fait, environ 80 % de nos ventes sont effectuées [dans ce créneau], ce qui occasionne souvent des délais importants entre l'achat et la livraison. Nous avons donc besoin d'une force financière importante pour soutenir toute croissance supplémentaire, et c'est pourquoi nous développons avec prudence notre présence dans les pays en émergence», précise Eric Shepherd.


Le prochain projet de Rolls-Royce est un utilitaire sport, que le constructeur refuse de qualifier ainsi. On insiste sur ses propriétés et sa finition haut de gamme, tout en refusant de lui accoler l'étiquette de VUS. «Nos clients l'ont demandé, et nous allons prendre le temps qu'il faudra pour développer un produit unique», dit-il.


«Nous ne voulons pas devenir une entreprise à gros volume. Notre ambition est simplement d'offrir le meilleur produit aux gens qui ont envie des caractéristiques uniques des Rolls-Royce et qui ont les moyens de se les payer. Même si cela veut dire qu'il faut développer des véhicules plus polyvalents ou des voitures plus performantes, comme la Rolls-Royce Wraith lancée l'année dernière», dit M. Shepherd.


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