Une présence en ligne accrue? Soyez à l'affût des cyberattaques

Publié le 08/02/2021 à 15:07

Une présence en ligne accrue? Soyez à l'affût des cyberattaques

Publié le 08/02/2021 à 15:07

Par Catherine Charron

(Photo: 123RF)

Depuis le début de la pandémie, ce sont 20% des PME canadiennes qui ont subi une cyberattaque. Dans 5% des cas, cet épisode s’est soldé par des pertes pour l’entreprise, révèle une étude de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

«Chez les secteurs qui ont essayé de s’adapter rapidement à la pandémie, comme le secteur manufacturier, du commerce de gros et des services professionnels, le taux de victimes passe à 10%», souligne le vice-président aux affaires nationales de la FCEI, Jasmin Guénette.

Pour plus de 80% des PME qui ont été la cible de cyberpirates, ces attaques ont été menées par courriel et par des tentatives d’hameçonnage. Ce sont toutefois les programmes malveillants, comme les logiciels espions et les chevaux de Troie qui semblent être parvenus à causer des préjudices à l’entreprise visée.

Ces données correspondent à ce que Bernard Després, le directeur pratique sécurité et audits chez MS Solutions, observe sur le terrain. Il remarque d’ailleurs une hausse des attaques qui causent des dommages, car les types de communication ont migré vers le numérique. « Les choses vont plus vite, et dans ce contexte des mécanismes de protection sont moins efficients », indique-t-il.

Selon le directeur de la recherche Jasmin Guénette, ces résultats viennent simplement confirmer une impression qui flottait chez les PME canadiennes: «plus elles sont en ligne, plus elles sont exposées». Cette inquiétude semble tarauder plus de la moitié (56%) des répondants au sondage, qui soulignent que depuis mars dernier, ils craignent davantage que leur entreprise soit victime d’une cyberattaque.

D’ailleurs, le tiers d’entre eux aurait fait des investissements supplémentaires afin de s’en protéger. Ce phénomène a particulièrement marqué Jasmin Guénette, qui souligne que ces nouvelles dépenses ont été faites «même si c’est une période où les PME en arrachent et ont de la difficulté à y arriver».

Bernard Després met toutefois en garde les entreprises qui ont misé sur des «options faciles» lorsqu’elles ont installé leurs employés en télétravail. «Plusieurs entrepreneurs étaient en mode survie et on prit le chemin rapide pour être en opération, mais pas pour être le plus sécuritaire. […] Tant qu’on n’a pas déjà été échaudé par un bris de sécurité, on voit ces milliers de dollars comme étant un investissement pas essentiel», a-t-il observé dans le cadre de son travail.

Cette observation semble faire écho au fait que 67,5% des dirigeants de PME sondés qui ont signifié ne pas avoir augmenté les sommes accordées à ce poste de dépense. Si une part de ce nombre est peut-être simplement déjà bien équipée pour gérer une présence virtuelle accrue, «une autre part n’a simplement pas les moyens financiers de se permettre d’augmenter leurs investissements, alors qu’elles peinent à payer leurs employés et leur loyer commercial», illustre Jasmin Guénette.

Ce dernier fait d’ailleurs remarquer que la majorité des employés de près de 80% des répondants ne font pas de télétravail depuis le début de la pandémie, et 66,6% n’ont apporté aucun changement à leur activité numérique. «Encore beaucoup d’entreprise font le plus gros de leur chiffre d’affaires avec des transactions en personne. Le risque de cyberattaque leur semble donc moins important que pour une entreprise dont une plus grande partie des activités est en ligne».

S’il peut comprendre cette impression, Bernard Després souligne que les entreprises qui ont peu de présence numérique se font rares aujourd’hui. «Peut-être ne le voient-elles pas dans leur quotidien, mais leurs mécanismes de facturation, leurs relations avec leurs fournisseurs, leurs comptes clients, tout ça est informatisé. La vigilance information aujourd’hui a sa place plus que jamais, et ce sera encore plus vrai demain», rappelle-t-il.

En matière de cyberassurance, la pandémie semble avoir très peu changé les habitudes des entreprises: seul 1,7% des PME sondées s’en sont nouvellement doté. Encore 56% des PME n’en ont toujours pas. «Ça ne signifie pas pour autant qu’ils ne s’en soucient pas. Ça veut dire qu’en fonction du type d’entreprises qu’ils ont, du nombre d’employés qu’ils peuvent avoir, c’est soit un outil jugé pas nécessaire, ou un outil qui était peut-être trop dispendieux pour le nombre de fois où on va avoir besoin. Mais je pense qu’éventuellement, le nombre va croître», dit M. Guénette.

 

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