Économie circulaire: tour du Québec des initiatives originales


Édition du 28 Septembre 2019

Économie circulaire: tour du Québec des initiatives originales


Édition du 28 Septembre 2019

Par Olivier Schmouker

Mission 100 tonnes vise entre autres à sensibiliser citoyens, entrepreneurs et politiciens à l’importance d’agir concrètement pour la sauvegarde de l’environnement. (Photo: courtoisie)

La Mission 100 tonnes

Cet été, 20 villes du Québec ont accueilli la Mission 100 tonnes. Celle-ci vise à retirer le maximum de déchets possible des cours d'eau de la planète, à commencer par le fleuve Saint-Laurent et ses affluents. L'idée est non seulement de réduire la quantité de débris, de microplastiques et de substances toxiques présents dans les océans, mais aussi de sensibiliser citoyens, entrepreneurs et politiciens à l'importance d'agir concrètement pour la sauvegarde de l'environnement. Ce que semble avoir saisi, entre autres, la Ville de Montréal et l'assureur Promutuel, partenaires de l'opération pilotée par le photographe professionnel Jimmy Vigneux et la spécialiste en écologie marine Lyne Morissette. Pour l'heure, 51 tonnes de déchets ont été amassées, 341 opérations de nettoyage effectuées et 7 122 personnes impliquées dans l'opération.

Le Défi Zéro déchet

L'arrondissement montréalais de Rosemont-La-Petite-Patrie invite cet automne 100 foyers à changer leurs habitudes de consommation afin de réduire drastiquement leur production de déchets, que ce soit en diminuant le gaspillage alimentaire ou en privilégiant l'achat en vrac. Le Défi Zéro déchet s'adresse à tous les types de ménages - célibataires, couples, familles -, qu'ils soient novices ou non en matière de consommation responsable. L'important, c'est que les participants veillent à respecter la règle des 5 R : refuser (d'acheter ce dont on n'a pas besoin), réduire (sa consommation), réutiliser (ou réparer), recycler et composter (la matière organique [to rot, en anglais]).

Le nudge, version Magog

Les Magogois n'auront bientôt plus le choix : il leur faudra mieux trier leurs déchets s'ils ne veulent pas voir leurs poubelles déborder. Et ce, parce que la Ville a décidé de miser sur le concept économique du nudge (coup de pouce, en français), qui veut qu'on obtient le comportement désiré d'une personne juste en lui laissant prendre elle-même la bonne décision. Ainsi, dès 2020, la Ville n'effectuera plus que 13 collectes des ordures par an, au lieu des 26 actuelles. Le ramassage des matières recyclables sera lui aussi moins fréquent, passant de 52 à 34 collectes. Quant au bac brun du compost, il continuera d'être collecté hebdomadairement l'été. Les citoyens sont par ailleurs invités à trouver des astuces de triage sur le site Abcdesbacs.com.

Un quatrième vignoble urbain

Voici venu le temps de la récolte pour la vigne plantée cet été sur le toit montréalais de l'éditeur de jeux vidéo Ubisoft. Il s'agit de 40 plants rustiques de type Frontenac, Marquette et Petite perle, plantés dans des pots géotextiles. Ce vignoble urbain est le quatrième de Montréal, les toits du Palais des congrès, de l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ) et du siège social de la Société des alcools du Québec (SAQ) en étant déjà dotés. L'objectif avoué de Vignes en ville, le projet d'étude du Laboratoire sur l'agriculture urbaine de l'UQAM (AU/LAB) piloté par Véronique Lemieux : sensibiliser au verdissement des toits, mais aussi - et surtout - rassembler tous les raisins ainsi produits afin de vinifier une première cuvée en 2020.

Un minibus électrique 100 % autonome

À Candiac, en Montérégie, un minibus d'une capacité de 15 places se déplace tous les jours à 15 km/h du terminus d'autobus Exo jusqu'au parc André-J.-Côté, effectuant des arrêts notamment à l'hôtel de ville, à une résidence pour aînés et à l'entreprise Cascades. Sa particularité ? Il est 100 % électrique et 100 % autonome, ce qui est une première au Canada. L'opération-pilote menée depuis près d'un an est un tel succès que la municipalité réfléchit à la mise en circulation d'un second minibus l'an prochain, afin d'effectuer un autre parcours.

Restos vert foncé

Les restaurants Maison Boire, de Granby, et Chic Alors, de Québec, sont les seuls restaurants de la province à être certifiés LEAF niveau 3. Ils atteignent ainsi «le plus haut niveau de durabilité environnementale» selon l'organisme britanno-colombien Leaders in Environnementally Accountable Foodservice (LEAF), répondant à plus de 600 critères stricts, comme le recours exclusif à des produits frais, locaux et biologiques livrés par des véhicules électriques. Au Canada, seulement quatre autres restaurants sont parvenus à décrocher la même certification.

Vers une université carbonégative

L'Université Laval, à Québec, s'est donné comme objectif de devenir carbonégative - c'est-à-dire de retirer de l'atmosphère plus de dioxyde de carbone qu'elle n'en émet. Pour y parvenir, elle a décidé de se chauffer de plus en plus avec du gaz naturel renouvelable (GNR). En remplaçant un million de mètres cubes de gaz naturel par du GNR (8 % de sa consommation), elle réduira annuellement ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 1 888 tonnes équivalent CO2, ce qui revient à retirer de la circulation quelque 600 voitures. Son GNR proviendra de la biométhanisation de déchets putrescibles effectuée par l'usine de la ville de Saint-Hyacinthe... donc de la dégradation de restes de table.

Îles vertes

Les Îles-de-la-Madeleine sont entrées en guerre contre les gaz à effet de serre (GES). Son Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) s'est doté, en avril, d'un système de récupération de la chaleur de la centrale thermique des îles, si bien que l'hôpital et le CHSLD voisin évitent depuis l'émission annuelle de 1 500 tonnes équivalent CO2, ce qui revient à retirer de la circulation 450 voitures. C'est que les Îles ne veulent plus être totalement dépendantes des hydrocarbures pour leur production d'électricité. Hydro-Québec prévoit alimenter l'archipel en hydroélectricité par câble sous-marin depuis la Gaspésie d'ici 2025. Aujourd'hui, chaque Madelinot produit 16 tonnes de GES par année, alors que la moyenne de la population québécoise est de 9,9 tonnes, selon le ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

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