Gaz Métro s'attaque au marché du nord-est des États-Unis

Offert par Les Affaires


Édition du 24 Septembre 2016

Gaz Métro s'attaque au marché du nord-est des États-Unis

Offert par Les Affaires


Édition du 24 Septembre 2016

Par François Normand

Pierre Despars, vice-président exécutif, affaires corporatives et chef des finances.

Discrètement, le producteur et le distributeur d'énergie Gaz Métro prend de l'expansion dans le nord-est des États-Unis et n'exclut pas de saisir des occasions d'affaires ailleurs sur le marché américain. En entretien avec Les Affaires, Pierre Despars, vice- président exécutif, affaires corporatives et chef des finances, et Stéphanie Trudeau, vice-présidente, stratégie, communication et développement durable, ont indiqué qu'il y avait des occasions d'affaires dans pratiquement toutes les filières énergétiques de l'entreprise québécoise aux États-Unis.

Par exemple, en juillet, Green Mountain Power (GMP), une filiale de Gaz Métro, a conclu une entente avec Enel Green Power, une filiale de l'italienne Enel, pour acheter 14 petites centrales hydroélectriques situées au New Hampshire et dans le Maine. Cette transaction portera à 46 le nombre de centrales électriques exploitées par GMP en Nouvelle-Angleterre.

«Cela nous permet d'augmenter les énergies vertes dans le portefeuille de GMP», explique Pierre Despars.

Outre les 46 barrages, Gaz Métro possède au Vermont deux parcs éoliens et une puissance installée de 8 mégawatts d'énergie solaire.

La société québécoise est aussi en train d'accroître sa production d'énergie solaire. GMP développe plus de 20 mégawatts d'énergie solaire près des centres de consommation. «Ce projet fait de Green Mountain Power au Vermont le plus grand producteur d'énergie solaire de la Nouvelle- Angleterre», fait remarquer Stéphanie Trudeau.

La société québécoise est également active pour distribuer du gaz naturel liquéfié (GNL) dans le nord-est des États-Unis, et ce, à partir de son usine de liquéfaction à Montréal, qui sera bientôt dotée d'une capacité de 9 milliards de pieds cubes (Bcf) par année, soit l'équivalent de la moitié de la consommation annuelle de la région de l'Estrie.

En novembre 2015, Gaz Métro a signé un contrat d'approvisionnement de trois ans avec les filières du distributeur de gaz naturel National Grid en Nouvelle- Angleterre. Il s'agit d'un contrat qui totalise 3,5 Bcf de GNL. À ce jour, Gaz Métro a livré du GNL au Rhode Island, au Connecticut, au Vermont et dans le Maine.

Fait particulier, le société montréalaise réussit à percer ces marchés malgré le boom du gaz de schiste aux États-Unis. Une situation qui tient essentiellement au manque d'infrastructures de transport du gaz naturel dans le nord-est du pays, selon Pierre Despars.

«Il y a plusieurs enjeux liés à l'implantation de nouveaux pipelines. C'est donc pour nous une occasion d'affaires qui nous permet de développer le marché du GNL», dit-il

Pierre Despars ajoute qu'il y a aussi des occasions potentielles dans le Nord-du- Québec. Par exemple, depuis juin, Gaz Métro achemine du GNL par camion à la mine de diamant Renard, de Stornoway, à environ 350 km au nord de Chibougamau.

L'entreprise fait valoir qu'elle est bien située géographiquement pour distribuer du GNL dans le nord-est de l'Amérique du Nord. Mis à part le terminal méthanier d'Engie, à Everett, au Massachusetts, le terminal de Montréal est le seul à pouvoir approvisionner le nord-est des États-Unis.

Afin de rester concurrentielle, Gaz Métro peut livrer son GNL sur une distance pouvant atteindre 1 000 km.

Cela dit, que ce soit pour le GNL, la production d'énergie renouvelable ou la distribution électrique ou gazière, Gaz Métro affirme ne pas se fixer de limites géographiques aux territoires adjacents au Québec ou au Vermont.

«Notre démarche n'est pas de dire : si c'est au Montana, nous ne regardons pas du tout un projet. Nous ne sommes pas dans ce mode-là», affirme Pierre Despars.

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Bref, ce sera du cas par cas, tout en faisant preuve de prudence, ajoute-t-il.

La réglementation en matière de distribution d'électricité ou du gaz naturel varie d'un État à l'autre aux États-Unis. Si Gaz Métro connaît bien le contexte d'affaires en Nouvelle-Angleterre, elle doit aussi bien comprendre la réglementation des autres régions des États-Unis afin de tenter d'y faire une percée.

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