Creaform Ingénierie marche dans les traces du géant


Édition du 25 Octobre 2023

Creaform Ingénierie marche dans les traces du géant


Édition du 25 Octobre 2023

Philippe Cusson, directeur de Creaform Ingénierie (Photo: courtoisie)

SPÉCIAL 300 PME. Ce n’est pas toujours facile pour une entreprise québécoise de mettre les pieds à l’étranger. Creaform Ingénierie, elle, a la chance d’avancer dans une voie déjà tracée, ce qui ne veut pas dire que son aventure internationale est toujours de tout repos.

Quand le géant américain Ametek a acquis Creaform en 2013 pour 120 millions de dollars américains, il a mis la main sur ses différentes unités d’affaires, dont Creaform Ingénierie. Il a du même coup ouvert la porte à l’expansion internationale de cette branche consacrée essentiellement au design industriel, à l’ingénierie (mécanique, électrique et électronique) et à la simulation numérique. Les 18 pays dans lesquels Ametek est déjà présente sont autant d’endroits où pourrait décider de s’établir Creaform Ingénierie. « Je n’ai pas besoin de magasiner du pied carré de bureau. On partage certains endroits avec Ametek, donc c’est certain que ça nous facilite la vie », explique le directeur de l’entreprise, Philippe Cusson.

Pour le moment, Creaform Ingénierie a trois bureaux à l’international (aux États-Unis, en France et en Allemagne), en plus de son siège social de Lévis et de son bureau de Montréal. Mais elle ne veut pas en rester là. Dans les prochaines années, Philippe Cusson souhaite que sa division ait pignon sur rue dans plusieurs autres pays — il évoque le Mexique, l’Inde et la Serbie —, en commençant par établir une véritable « force de frappe » aux États-Unis. Environ 20 % des revenus de l’entreprise proviennent actuellement de ses activités internationales, une proportion que Philippe Cusson veut faire croître d’au moins 10 % par année dans un horizon rapproché. « On sait que notre croissance passe par l’international, mais il faut y aller par étapes », dit-il.

 

Se rapprocher des clients 

À l’heure actuelle, les bureaux internationaux de Creaform Ingénierie prennent essentiellement la forme de points d’accès pour les clients américains ou européens. La quinzaine d’employés qui y travaillent peuvent les orienter et collecter des données ou des mesures en entreprise, mais l’essentiel du travail d’ingénierie se fait au Québec, où se trouvent près de 170 experts. « Dans le futur, on veut avoir des équipes d’ingénierie décentralisées », affirme Philippe Cusson. Son objectif : desservir ses marchés prioritaires avec efficacité et rapidité. 

« Nous sommes dans une industrie où le lien de confiance est primordial. En ayant des acteurs sur le terrain, là où les clients se trouvent, nous permet de bâtir cette confiance, poursuit le dirigeant. Ce qu’on recherche en s’installant à l’international, c’est de gagner cette confiance plus rapidement. » 

L’expansion internationale comporte son lot de défis. Il n’a peut-être pas à dénicher des locaux pour accueillir ses bureaux, mais Philippe Cusson doit malgré tout composer avec le décalage horaire et la gestion à distance des effectifs situés au sud de la frontière ou de l’autre côté de l’Atlantique. Avec le temps, il a aussi appris à apprivoiser les différences culturelles qui peuvent exister par exemple entre les Canadiens, les Américains et les Européens. 

Le recrutement à l’étranger d’une main-d’œuvre qualifiée représente parfois un défi, la pénurie de travailleurs n’étant pas que québécoise ou canadienne, mais le fait d’élargir ses horizons peut également constituer une occasion à saisir, souligne Philippe Cusson. « Parfois, c’est vrai que c’est difficile d’aller à la pêche aux candidats. Le lac n’est pas très rempli, illustre-t-il. Mais on pense être en mesure de s’installer dans des endroits où la main-d’œuvre pourrait être abondante. »

Même s’il s’anime lorsqu’il parle de ses ambitions internationales, le directeur de Creaform Ingénierie garde les deux pieds sur terre. Il dit vouloir garnir son carnet de clients étrangers en maintenant la qualité de service qui lui a permis de décrocher des contrats auprès d’importants joueurs québécois, comme Lion Électrique ou BRP. « On veut continuer à bien servir le marché local, mais je pense que la recette Creaform Ingénierie est exportable. »

 

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Trois conseils pour se lancer à l’international 

Philippe Cusson hésite à donner des conseils au sujet de l’expansion internationale d’une entreprise, parce qu’il se décrit encore comme « adolescent » en la matière. Son expérience lui enseigne cependant trois priorités à ne pas perdre de vue. Se concentrer sur son plan d’affaires : plusieurs entreprises sont enthousiasmées par la solution qu’elles proposent, mais oublient l’importance d’exécuter un plan d’affaires structuré, dit-il. Analyser l’écosystème local : avant de se lancer, il faut connaître les forces en présence, les prix offerts sur le marché convoité, etc. Comprendre les besoins : quand on saisit les dynamiques de l’endroit dans lequel on veut s’installer, il est plus facile de répondre à un réel besoin local, affirme-t-il.

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