C.A.T. pave la voie


Édition du 25 Octobre 2023

C.A.T. pave la voie


Édition du 25 Octobre 2023

Annie et Karine Goyette, vice-présidentes de C.A.T (Photo: courtoisie)

SPÉCIAL 300 PME. Depuis 45 ans, les camions de C.A.T. filent sur les routes du Canada, des États-Unis et du Mexique. Les deux vice-présidentes, Annie et Karine Goyette, dévoilent à « Les Affaires » la recette de leur succès à l’étranger. 

Daniel Goyette a fondé la PME spécialisée en transport routier à Coteau-du-Lac en 1978. Ses filles, Annie et Karine, ont grandi dans l’entreprise et y occupent différents rôles depuis près d’un quart de siècle. Le fondateur leur a passé le flambeau l’an dernier, même s’il n’est jamais bien loin. 

Les responsabilités des deux nouvelles vice-présidentes ont augmenté avec le temps, permettant ainsi à la transition de se réaliser en douceur, selon Karine Goyette. « Mais on ne se le cachera pas, notre père est encore très présent. Il est au bureau tous les jours, il a des projets. On le tient occupé pour qu’il nous laisse faire la gestion », ajoute-t-elle en riant. 

La présence en sol étranger du transporteur ne date pas d’hier. « Notre père a ouvert un premier bureau à la frontière du Mexique dans les années 1990 », rappelle Karine. L’entrepreneur entrevoyait déjà le potentiel de la région, en particulier avec la signature de l’Accord de libre-échange nord-américain. « Il voyait que plusieurs entreprises américaines s’établissaient au Mexique pour des raisons de coûts, que le secteur manufacturier migrait vers le sud. Ça a vraiment bien fonctionné », ajoute Annie. 

Depuis la pandémie, les deux sœurs sentent d’ailleurs un intérêt renouvelé pour le Mexique, alors que plusieurs entreprises qui faisaient affaire en Asie ont rapatrié leurs activités en Amérique du Nord. « On s’attend à un gros volume entrant et sortant du Mexique dans les prochaines années. » Déjà, en plus des 833 employés dans le reste du Canada, la compagnie compte 894 employés à l’étranger : 197 au Mexique et 697 aux États-Unis.

 

Gros plan sur les acquisitions 

C.A.T. mise sur les acquisitions pour grandir à l’extérieur du Québec. « Ç’a véritablement commencé en 2004, avec l’achat de Voyager, à Charlotte, en Caroline du Nord, raconte Annie Goyette. Cette entreprise avait aussi un bureau à Laredo, au Texas. C’est ce qui a assis notre présence aux États-Unis. » 

La PME poursuit sur cette lancée. Dans les cinq dernières années, elle a procédé à pas moins de neuf acquisitions, dont SLH Transport (Ontario) en 2017 ainsi que Penner International (Manitoba) en 2020.

Toutes ces compagnies n’ont pas été choisies au hasard. Elles avaient bâti un réseau, avaient déjà des employés et des chauffeurs au Mexique. Elles étaient aussi présentes dans le même créneau de transport que l’entreprise québécoise, soit celui de l’automobile.

Pour chapeauter le tout, C.A.T. North America a vu le jour dans les derniers mois : « C’est notre structure corporative, la maison mère à Coteau-du-Lac », explique Annie Goyette.

L’entreprise compte en outre depuis 2012 une division logistique, C.A.T. Global. « On a ouvert des bureaux de logistique aux États-Unis. Comme ça demande seulement des espaces de travail plutôt que des terrains conçus spécialement pour nous et notre équipement, c’est beaucoup plus facile », continue-t-elle.

 

Grandeurs et misères de l’exportation 

Prendre autant d’expansion sur le continent a ouvert de nombreuses portes aux deux codirigeantes, surtout en cette ère de pénurie de main-d’œuvre. « On accueille par exemple des camionneurs mexicains au Canada. Ça nous permet aussi d’embaucher des employés qui peuvent remplir certaines fonctions directement au Mexique », détaille Karine Goyette. 

Croître aussi rapidement dans des marchés bien différents amène son lot de complications. « Ça va mieux avec les entreprises familiales que nous achetons. Leur culture est semblable à la nôtre. Pour les autres, c’est une adaptation », convient Annie.

Afin d’uniformiser les méthodes, l’équipe de direction se rend régulièrement sur place. Pour reproduire l’ambiance régnant au siège social, elle organise des concours pour l’ensemble de l’organisation, récompensant par exemple le bureau le mieux décoré pour l’Halloween. « On sait qu’une employée au Mexique attend un bébé. Malgré la distance, on lui organise un shower », illustre sa sœur. 

Au-delà de la culture, les directeurs généraux se partagent les meilleures pratiques de gestion et de réduction des coûts. L’entreprise essaie également de centraliser certains services, comme la maintenance des camions et des remorques, les assurances ou l’achat de carburant. « La résistance au changement est le plus gros défi, admet Karine. Modifier ses façons de faire quand ça fait 20 ans qu’on procède de la même façon demande du temps. »

La gestionnaire remarque que C.A.T. a grandi rapidement depuis qu’elles sont aux commandes. « Bâtir l’équipe et ajouter des rôles en pénurie est ardu, mais c’est un défi qui va avec la croissance. On est un peu comme des canards. On ne fait pas de vagues, mais on avance vite ! »

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