Doit-on s'inquiéter de l'inflation?

Offert par Les Affaires


Édition du 12 Mai 2021

Doit-on s'inquiéter de l'inflation?

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Édition du 12 Mai 2021

Par Pierre Cléroux

SIGNAUX FORTS. Pas une semaine ne passe sans qu’on me demande si on doit s’inquiéter de la hausse de l’inflation et, par conséquent, des taux d’intérêt. Les prix de l’essence, des aliments, des maisons, du bois d’oeuvre, de l’aluminium et de nombreux produits de base ont en effet connu une forte augmentation ces derniers mois. L’indice des prix à la consommation était d’ailleurs en hausse de 2,1 % en mars par rapport au même mois l’an dernier.

Ces augmentations causent assurément des défis importants pour plusieurs entreprises. Cependant, il n’y a pas lieu de s’inquiéter de cette explosion des prix ni d’une hausse rapide et soudaine des taux d’intérêt. En effet, la hausse de l’inflation s’explique principalement par la baisse des prix survenue au début de la pandémie et un déséquilibre temporaire dans certains marchés. De plus, la pandémie a causé un déséquilibre dans certains secteurs causant une forte augmentation des prix des produits de base, le bois d’oeuvre étant un bel exemple.

 

Jeu de comparaison

L’inflation, rappelons-le, est calculée en fonction de l’évolution de l’indice d’une année à l’autre. En mars 2020, les prix de plusieurs produits et services ont baissé quand le confinement et les mesures sanitaires ont mis à l’arrêt des grands pans de l’économie. Douze mois plus tard, les prix de ces biens et services semblent avoir augmenté très rapidement parce qu’ils sont comparés à une base de prix plus faible.

Cet effet est temporaire et ne durera que quelques mois.

Autre phénomène: le comportement des consommateurs a considérablement changé depuis le début de la pandémie et a causé un important déséquilibre dans l’économie. La fermeture pendant de longues périodes des restaurants, des salles de spectacle, des cinémas et de nombreux détaillants, de même que les restrictions en matière de déplacement et de voyage, ont poussé les consommateurs à dépenser leur argent autrement. Ils se sont lancés davantage dans des travaux de rénovation, entre autres, et ont ainsi contribué à faire grimper le prix du bois, dont la hausse était également alimentée par l’effervescence du secteur de la construction. Cette augmentation très rapide de la demande ne peut être comblée par une augmentation de l’offre aussi rapide, entraînant ainsi une augmentation des prix.

Plus grande tolérance Il s’agit donc de hausses de prix temporaires qui, dans certains secteurs, devraient néanmoins continuer d’augmenter en 2021 et se stabiliser en 2022. Voilà pourquoi la Banque du Canada, qui ne souhaite pas freiner l’élan de l’économie, a affirmé avoir une plus grande tolérance qu’à l’habitude à l’égard de l’inflation. Il ne devrait donc pas y avoir d’incidence sur les taux d’intérêt. Cela dit, ces derniers vont augmenter un jour lorsque l’économie canadienne sera revenue à la normale et fonctionnera à plein rendement. Mais on ne doit pas encore s’en inquiéter, du moins pas dans un avenir rapproché.

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